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Zones humides

Etat - Zones humides en Poitou-Charentes

Date de dernière mise à jour : 06/08/2004

Zones humides "continentales"

Situées dans les terres, les zones humides intérieures ou "continentales" sont un ensemble de milieux d'eau douce très variés, caractérisés par leur grande richesse biologique. Malgré leur faible étendue géographique (3% du territoire national, et moins de 1% de la superficie du Poitou-Charentes) leur rôle est primordial dans la régulation des équilibres naturels et le maintien de la biodiversité. (la suite de cette partie est en cours de rédaction)

Carte des zones humides du Poitou-Charentes
Carte des zones humides du Poitou-Charentes

Zones humides "littorales"

La Région Poitou-Charentes comprend plusieurs zones humides littorales remarquables que l'on peut rassembler en neuf grands ensembles du nord au sud :

  • Le marais poitevin
  • Les marais périurbains de la Rochelle
  • Les marais de l'île de Ré et la vasière d ‘Ars
  • Les marais de Rochefort Nord
  • Les marais de la Charente et ses affluents
  • Les marais de Brouage
  • Les marais de l'île d'Oléron
  • Les marais de Seudre et de la Presqu'île d'Arvert
  • Les marais de bordures de Gironde

Les marais littoraux de Poitou-Charentes offrent de nombreux faciès de zones humides et couvrent plus de 110 000 ha. Leurs paysages ont des charmes spécifiques et ils abritent tous des espèces animales et végétales en grand nombre et de grande valeur patrimoniale. Ils sont tous structurés autour des réseaux hydrauliques et de leurs ouvrages. De nombreuses structures régionales y travaillent pour les entretenir, les restaurer et les mettre en valeur.

Le marais poitevin

Le Marais Poitevin est le plus vaste des Marais de l'Ouest. Il s'étend sur 3 départements (Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée) et 2 régions (Pays de la Loire et Poitou-Charentes). Sa superficie est supérieure à 100 000 ha sur lesquels se distinguent : - les marais dits "desséchés" : 46 820 ha, - les marais dits "mouillés" : 28 690 ha, remarquables par la "Venise Verte" (15 000 ha), - les marais dits "intermédiaires" : 18 768 ha, - les fonds de vallées humides : 3 572 ha. - le milieu maritime (vasières et dunes) : 9 647 ha, - les îles calcaires à l'intérieur de cet ancien golfe : 4 670 ha. D'une surface de plus de 100 000 ha, répartis en Vendée, Deux-Sèvres et Charente-Maritime, le marais poitevin en Poitou-Charentes couvre environ 30 000 ha. Il comprend des Marais mouillés (liés à la Sèvre, au Mignon) qui peuvent avoir par endroit un caractère Tourbeux ; des Marais desséchés qui peuvent être couverts par des prairies ou des cultures drainées. Les Habitats du marais poitevin ont été particulièrement bien décrits dans le document d'objectif Natura 2000 du site.

Le réseau hydraulique des Marais mouillés qui est très dense se structure autour de la Sèvre Niortaise gérée par biefs de Niort à la mer. Plusieurs nœuds hydrauliques importants se situent en bordure de la Baie de l'Aiguillon. Les trois syndicats de Marais mouillés (un par département) sont regroupés en une Union qui travaille en partenariat avec l'Institution Interdépartementale de la Sèvre Niortaise et la DDE Service Sèvre et marais. Dans les Marais desséchés, quatorze syndicats de marais ont en charge la gestion des ouvrages hydrauliques principaux et sont regroupés au sein du Syndicat mixte du Nord Aunis qui comprend les communes et le Conseil Général.

Le réseau hydraulique du marais poitevin doit faire face à plusieurs difficultés : la détérioration des berges par les ragondins, la prolifération de la jussie, une alimentation en eau estivale trop faible. La lutte contre le ragondin est organisée de manière coordonnée avec les FDGDEC, le PIMP et le syndicat mixte du Nord Aunis. La lutte contre la jussie est structurée depuis 10 ans par l' IIBSN. Le réseau a été perturbé par les nombreux Chablis de la tempête de décembre 99 : le PIMP a créé une équipe d'intervention tempête qui, avec les partenaires, a pu nettoyer ces Chablis.

Depuis quelques années, des programmes de réhabilitation des Poissons migrateurs sont en cours avec le PIMP et les fédérations de pêche.

Plusieurs secteurs du marais poitevin ont été acquis par les acteurs de l'environnement pour préserver les espèces et Habitats les plus remarquables.

Plusieurs structures proposent des sorties naturalistes : la LPO, l'ONCF-réserve de la Baie de l'Aiguillon, l'Evail, le PIMP, etc. Par ailleurs, il existe plusieurs parcours en barque.

Les marais périurbains de la Rochelle

La Communauté de communes comprend plusieurs petits marais indépendants des uns des autres ; ils totalisent 2070 ha. Ils ont fait l'objet d'une étude spécifique détaillé à la demande de la Communauté d'Agglomération de la Rochelle (Etude des marais périurbains de la CA de la rochelle – UNIMA – 2002) :

  • Le marais doux d'Esnandes (360 ha) est rattaché au marais poitevin ; il est drainé à 80% mais comprend d'intéressantes zones de mizotte. L'ouvrage à la mer est situé au nord « écluse des Prises »,
  • Le marais salés de la Pointe Saint Clément (10ha) est aménagé entièrement en Claires ostréicoles avec prises individuelles sous la digue,
  • Le marais de « coup de vague » est une poche de marais Saumâtre de 7ha dont l'ouvrage à la mer est défectueux faute d'entretien,
  • Le marais de la Sauzaie (115 ha sur la commune de Saint Xandre) est un marais mouillé bocager rattaché au marais poitevin. Son exutoire hydraulique s'effectue dans le canal de Villedoux,
  • Les marais du Plomb (ou marais de Lauzières) comprend 60 ha dont l'aval est utilisé par les Claires des ostréiculteurs. Il est alimenté en eau douce par le ruisseau du Gô et la Fontaine Grimeau.
  • Le marais Saumâtre de Pampin (25ha) est en Réserve Naturelle Volontaire gérée par la Communauté d'agglomération de La Rochelle. L'ouvrage à la mer est géré par l'EID,
  • Le marais de Tasdon (40 ha), situé dans le secteur de Villeneuve les Salines, est géré en Réserve Naturelle Volontaire sur 18 ha. En aval, il est isolé de l'eau salée par le Barrage de la Moulinette mais les eaux y sont Saumâtres,
  • Les marais doux (290 ha) d'Aytré - La Jarne – Angoulins possède un seul exutoire à la mer « La Colonnelle ». Le marais doux des Sables est géré par la ville d'Aytré de manière écologique avec les conseils techniques du Conservatoire Régional des Espaces Naturels Sensibles,
  • Le marais du Chay (95ha) est ostréicole (25 exploitants environ) mais doit faire face à une importante pression urbaine.

Puis viennent trois secteurs de marais (soit 1 143 ha) que nous rattacherons aux marais de Rochefort Nord :

  • Le marais doux de Salles Angoulins (229 ha),
  • Le marais de Salles-Chatelaillon (494 ha) comprend un exutoire complexe à la mer à Saint Jean des Sables mis en place en 95 par le SIAH de Saint Jean des Sables. Son fonctionnement est difficile compte tenu de tensions persistantes avec l'ASA des marais,
  • Les marais de Port Punay (420 ha).

Les marais de l’île de Ré

Les marais salés endigués de l'île de Ré s'étendent sur environ 1 500 ha et la vasière du Fier d'Ars sur presque 4000 ha. L'ensemble forme un site exceptionnel sur les plans paysagers, hydrauliques, ornithologiques et humains. A partir de 91, un vaste programme de réhabilitation des Salines est mis en œuvre et, depuis 1995, le nombre de sauniers en activité a augmenté et atteint plus de 80 personnes. Pour le moment, les marais exploités en sel ne représentent que 10% des aires saunantes du XIX siècle ; Les marais sont également utilisés par les conchyliculteurs. Le site a été inscrit au site RAMSAR en janvier 2003 et le document d'objectif au titre de Natura 2000 est pratiquement terminé. Il propose d'envisager l'équilibre suivant à l'horizon de 6 ans : 1/3 des surfaces en eau pour la Saliculture ; 1/3 pour l'ostréiculture ; 1/3 sans vocation économique déterminée. Une mise en forme cartographique récente (2003), réalisée lors d'un travail de thèse au CREMA L'Houmeau totalise 982 ha en eau pour 271 ha utilisés par la Saliculture et 85 par l'ostréiculture.

Les marais comprennent la Réserve Naturelle Nationale de Lilleau des Niges, les marais acquis par le Conservatoire du Littoral et offrent deux maisons de découverte : la maison du Fiers (gérée par la LPO) et l'écomusée des marais salants. De nombreuses activités de découverte des marais sont proposées. Les marais sont utilisés pour la chasse et la pêche de loisirs.

Les marais Nord de Rochefort

On entend par cet ensemble la poche de marais située au nord de Rochefort et non liée à l'estuaire, elle bénéficie d'une alimentation en eau douce depuis la station de réalimentation de l' UNIMA depuis le pompage à Saint Savinien, le canal de l' UNIMA, la station du Pont Rouge puis le canal de Charras. Sa surface est d'environ 15 000 ha. Il comprend plusieurs îlots calcaires d'un grand intérêt botanique, qui lui confèrent un paysage original et particulier.

Le site Natura 2000 fait lui 13 640 ha. Les données citées ci-après sont celles rassemblées dans le Document d'Objectif réalisé par la Chambre d'agriculture et la LPO et présentés en novembre 2003 au comité de pilotage. Il comprend essentiellement des marais doux et desséchés ; une petite section de marais mouillé, quelques marais arrière dunaire le long de l'anse de Fouras et des secteurs de marais boisés et bocagers. Il abrite la réserve naturelle d'Yves gérée par la LPO. Les chasseurs (sur le site de Breuil Magné) et la LPO sur le site de Voutron sont propriétaires de marais et organisent la gestion afin de préserver certains aspects de leur richesse biologique.

250 exploitants développent leurs activités en marais. Plus de 3860 ha de prairies naturelles ont bénéficié de contrats agri-environnementaux. Ces prairies présentent une grande diversité végétale.

La gestion de l'eau y est assurée par l' UNIMA (notamment pour l'alimentation en eau douce depuis la Charente en été) et 21 associations syndicales de marais.

Le marais présente plusieurs parcours pour la promenade et l'observation de la nature. Il est également utilisé pour la chasse et la pêche.

Les marais de la Charente et de ses affluents

Le lit majeur de la Charente et celui de la Seugne, comprennent des marais inondables par les crues fluviales jusqu'à hauteur de Saint Savinien ; plus en aval, les marais (4 200 ha) sont protégés par des digues qui ont été franchies lors de la tempête de 1999. La Boutonne, affluent rive droite de la Charente comprend de nombreux marais dont certains Tourbeux ; ils totalisent environ 3 500 ha. L'Arnoult, dernier affluent rive gauche comprend des marais utilisés pour le maraîchage (environ 1 760 ha de marais). Ces marais comprennent plusieurs sites remarquables dont les marais périurbains de Rochefort, des Roselières, des prairies naturelles propices au frai du Brochet.

La gestion de l'eau y est assurée par plusieurs syndicats de marais ; l'Institution Interdépartementale du fleuve Charente coordonne une action en faveur des Poissons migrateurs et une autre autour de la gestion des étiages et des inondations.

Les marais de Brouage

D'une surface de 11 500 ha de marais, il s'étend de la Tour de Broue à la citadelle de Brouage et se prolonge en mer par une vasière de 2700 ha. Ancien marais salants (dont le déclin est engagé au XVII siècle), aujourd'hui géré principalement en eau douce, il garde une physionomie de jas et de bosses avec un réseau hydraulique de fossés particulièrement dense et tortueux.

Il est à cheval sur deux cantons et deux pays (rochefortais et royannais). La gestion de l'eau est assurée par la DDE pour les canaux principaux rectilignes creusés fin du XVIII et début XIX (Canal de Saint Agnant, canal de Broue et canal de Mérignac) et par quatre syndicats de marais pour les ouvrages collectifs secondaires.

C'est un marais peu habité à part l'île de Hiers et la citadelle de Brouage ; il présente des coteaux boisés très intéressants sur le plan paysager et écologique qui forment comme un écrin où s'exprime de nombreuses composantes de la vie animale et végétale. Il est connu pour sa Population de cistudes.

En aval, il comprend une réserve naturelle (celle de Moëze) créé en 1981 qui s'étend jusqu'à l'île d'Oléron. Le Conservatoire du Littoral y a acquis plus de 750 ha qui sont en majorité loués à des éleveurs ; le CREN y a acquis plus de 100 ha autour de la citadelle de Broue. Des conventions avec les ACCA permettent de réglementer la pratique de la chasse. Des travaux de restauration hydrauliques y ont été menés afin de maintenir des espaces en eau pour favoriser l'Avifaune mais aussi le frai du brochet et la quiétude de la cistude.

Il a fait l'objet de nombreuses études et observations. La DIREN souhaite le classer dans le cadre d'une opération « grand site ».

Les marais d’Oléron

L'île comprend plusieurs marais disjoints totalisant environ 3 000 ha : marais d'Avail Saint Trojan, marais de la Rabaine, marais des Bris, marais du chenal d'Oume, marais de la Brande, marais de la Perroche, marais du Chenal d'Arceau, marais de la Baudissière, marais du Douhet, marais des Huttes-Seulières.

Ces marais sont le plus souvent des marais salés avec toutefois certains secteurs en eau douce. Ils ne sont pas tous organisés en association syndicale de marais comme l'est la côte est au sud de Boyardville. Deux syndicat intercommunaux de gestion et d'entretien des marais existent : un au nord avec une action plus particulière sur le marais du Douhet (remise en état de 7 écluses en 2002.) ; un au sud pour la remise en état du marais ostréicole. L'utilisation ostréicole des marais laisse encore de grands espaces inoccupés et non entretenus malgré le regain de l'affinage des huîtres en marais.

Quelques secteurs de marais ont été acquis au titre des espaces naturels sensibles (soit par le Département ; soit par le Conservatoire du Littoral et font l'objet d'une restauration et d'une ouverture au public : certains secteurs du marais des Huttes, restauré avec les chasseurs ; le marais aux Oiseaux aménagé en centre de soins pour Oiseaux blessés et parc ornithologique ; la prise de la Rabaine sur Saint Trojan avec une Saline réimplantée, un sentier de découverte et un espace culturel. Le marais du Douhet où, pour le moment, les acquisitions dispersées ne permettent pas encore de restauration et valorisation, est un ensemble très intéressant tant sur le plan paysager qu'écologique. Des pistes cyclables récemment aménagées permettent de découvrir plusieurs marais d'Oléron.

Les marais de la Seudre

Les marais d'une superficie de 9 100 ha en aval de Saujon se répartissent de part et d'autre de l'estuaire avec des secteurs ostréicoles (les prises), des Claires de sartières, des fossés à Poissons, des prairies, etc., le tout structuré par les chenaux, les digues et les ouvrages hydrauliques de prises d'eau de mer. Peu d'associations syndicales existent sur ces marais : en rive gauche pour les marais doux de La Tremblade, Arvert et Saint Augustin ; en amont avec Dercie la Pallud, Saujon Saint Sulpice et Haute Seudre.

Aujourd'hui, les ostréiculteurs ont restauré avec l'aide du Conseil Général et de l'Europe des Claires d'affinage. Un projet pluri-partenarial a mûri pour la réhabilitation concertée des fossés à Poissons. Le Conservatoire du Littoral a acquis en 1998 le site du Moulin des Loges et a entrepris la restauration du moulin à marée ; des visites y sont organisées par la Communauté de communes. Les associations « Huître pédagogique » et « Seudre et Mer » font découvrir les marais de Mornac et les savoirs-faire ancestraux.

Les marais des bordures de Gironde

Ces marais couvrent une superficie de près de 7 000 ha qui sont en lien avec l'ensemble de l'estuaire de la Gironde. De Royan à Saint Serin d'Uzet, il s'agit d'une série discontinue de poches de marais puis à partir de Saint Romain sur Gironde, la bande de marais est continue jusqu'à la citadelle de Blaye. Plusieurs syndicats de marais en assurent l'entretien avec l' UNIMA.

Les marais de bordure de Gironde ont particulièrement été touchés par la tempête de décembre 1999 avec des submersions et ruptures de digues. Dans un ancien Polder, à Mortagne, le Conservatoire du Littoral a acquis d'anciennes parcelles de maïs situées aujourd'hui au delà de la digues de protection et donc soumises à la pénétration d'eau de mer à chaque grand coefficient : le milieu évolue vers un pré salé.

Le Conseil général y achève un projet de pôle touristique dans les marais de Vitrezay avec le création de plan d'eau de pêche et un accueil du public pour la découverte de la nature sur d'anciens secteurs à maïs.

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