Observatoire Régional de l'Environnement Poitou-Charentes

Région Poitou-Charentes
 

Eaux continentales

Pressions - Pressions dues aux usages agricoles et conchylicoles.

Date de dernière mise à jour : 04/06/2004

Les besoins de l’usage conchylicole

Les coquillages utilisent l'eau de mer par filtration et se nourrissent ainsi des minéraux et du phytoplancton présent dans l'eau. Ces besoins nutritifs imposent des critères de qualité pour l'eau des zones conchylicoles. La qualité est mesurée à partir d'analyses chimiques et bactériologiques effectuées sur les coquillages intégrateurs de la pollution.

Ainsi, la conchyliculture, dernier utilisateur des eaux continentales sur un bassin versant, est dépendante de la qualité des eaux usées et pluviales qui arrivent dans le milieu.

Le Décret du 20 août 1939 modifié , relatif à la salubrité des huîtres, moules et autres coquillages, classe les zones conchylicoles en salubres et insalubres. L' Arrêté interministériel du 12 octobre 1976 fixe les normes de salubrité. La Directive 91/492/CEE du Conseil, du 15 juillet 1991, modifiée par la Directive 97/61/CE du Conseil du 20 octobre 1997 fixe des seuils en fonction des concentrations en coliformes fécaux et en trois métaux lourds : le mercure, le plomb et le cadmium.

L'activité conchylicole est également dépendante des quantités d'eau douce parvenant au littoral en période d'étiage. Ces eaux sont essentielles pour le maintien des éléments fertilisants et nutritifs qu'elles véhiculent et les variations thermiques qu'elles induisent, essentielles pour le déclenchement des pontes d'huîtres.

L’utilisation de l’eau par l’agriculture

L'eau est utilisée en agriculture pour répondre aux besoins des plantes, pour leur croissance et leur reproduction. Ces besoins varient suivant les espèces et suivant le stade de développement. En Poitou-Charentes, les besoins en eau d'irrigation d'une culture, lui permettant d'assurer une croissance et un développement optimal, sont de l'ordre de 2 à 3 000 m3/ha/an. Ces besoins unitaires théoriques peuvent ainsi être de l'ordre de 800 m3/ha/an pour des prairies à 2 500 m3/ha/an pour du maïs. Ces besoins varient également de 0 m3/ha/an pour des années très pluvieuses à 2 800 m3/ha/an pour des années très sèches en Poitou-Charentes.

Les prélèvements d'eau pour l'agriculture sont concentrés dans le temps d'avril à septembre. En 2001, ils représentent 57,2% des prélèvements d'eau totaux sur l'année. 30% de l'eau prélevée est restituée au milieu. Cette restitution est faible et différée dans le temps, une partie de l'eau étant évaporée, retenue par les plantes, en transfert dans le sol vers les nappes.

Prélèvements par usage et par département
Prélèvements par usage et par département

Sigore - piézomètres agricoles

L'augmentation conséquente des chiffres pour l'irrigation entre 1988 et 1998 pourrait s'expliquer par l'augmentation des déclarations de volumes faites auprès des Agences de l'eau. Le chiffre de 1993 serait sous-estimé. De plus, les prélèvements en eau d'irrigation étaient mal connus jusqu'en 1997, année où le comptage des prélèvements est devenu obligatoire. Enfin, ce type de prélèvement est très variable d'une année à l'autre car très dépendant de la pluviométrie estivale.

Evolution des prélèvements par usage et par origine
Evolution des prélèvements par usage et par origine
Evolution des prélèvements
Evolution des prélèvements

Evolution de la surface irriguée régionale (cf. Ci-contre).

Surface irriguée régionale
Surface irriguée régionale
 Les surfaces irriguées en Poitou-Charentes en 2002
Les surfaces irriguées en Poitou-Charentes en 2002

Les modes de gestion en zones humides

En cours de réalisation.

Les pollutions

Les activités liées aux cultures et à l'élevage sont à l'origine de pollutions, concernant principalement les produits phytosanitaires utilisés pour le traitement des cultures, et les nitrates présents dans les engrais azotés d'origine minérale ou organique (fumiers, lisiers, etc.).

Les pollutions ponctuelles

Les pollutions ponctuelles agricoles sont dues à des rejets directs dans le milieu. Elles peuvent être accidentelles, liées à la gestion des produits phytosanitaires et des fertilisants, ou aux traitements et au matériel de traitement lorsque :

  • le stockage de produits n'est pas adéquat,
  • le remplissage des cuves n'est pas suffisamment surveillé (fuites, renversements de cuves…),
  • le rinçage des bidons ou du matériel n'est pas fait correctement, et les reliquats de produits ou de traitements sont déversés à même le sol par exemple,
  • le matériel utilisé n'est pas suffisamment entretenu, ou pas suffisamment équipé.

Ces pollutions ponctuelles sont dites chroniques lorsque par exemple en système d'élevage :

  • les bâtiments ne sont pas équipés de façon à stocker les Effluents d'élevage sans possibilité de fuites,
  • les Effluents excédentaires sont déversés en bout de champ,
  • les eaux de la salle de traite viennent contaminer le milieu naturel.

Les sources de pollution diffuse

Les pollutions diffuses, réparties sur de grandes surfaces, sont difficiles à évaluer.

Les apports en nitrates, phosphate et potasse sont nécessaires pour satisfaire les besoins des plantes, en particulier pour les cultures en situation de conduite intensive. Les insecticides, les fongicides et les herbicides (produits phytosanitaires) sont destinés à protéger la plante cultivée de ses prédateurs et des mauvaises herbes.

Plusieurs facteurs entrent en compte pour déterminer la fuite de ces produits vers l'eau : le contexte pédologique et hydrologique d'une part, la quantité utilisée, le type de produit et la maîtrise de son utilisation d'autre part.

Lors d'événements pluvieux, les produits épandus peuvent être entraînés avec l'eau de ruissellement et les particules en suspension jusqu'au cours d'eau le plus proche. Des pics de concentrations des substances épandues sont alors constatés dans l'eau. De même, en l'absence d'un couvert végétal suffisant contribuant à piéger l'Azote présent dans le sol (entre deux cultures par exemple), les précipitations qui s'infiltrent dans le sol emportent les nitrates qui percolent vers les nappes. Cette percolation peut durer quelques heures ou plusieurs dizaines d'années selon le substrat géologique. Les conditions de migration vers les nappes, de fixation dans les couches traversées ou de dégradation sont mal connues. Dans de rares cas, des phénomènes de disparition des nitrates (dénitrification naturelle) sont observés, mais souvent, les eaux souterraines sont polluées par les nitrates, les produits phytosanitaires et leurs produits de dégradation.

Suivant la pratique agricole adoptée, l'irrigation peut aggraver la pollution diffuse en accentuant l'entraînement des Polluants vers les nappes ou les limiter en permettant de mieux adapter la fertilisation aux besoins des cultures, et donc de maîtriser les reliquats azotés en fin de culture.

La région Poitou-Charentes est fortement touchée par la pollution par les nitrates, notamment en nappes superficielles (la pollution par les produits phytosanitaires commence à être suivie et connue, mais ce suivi ne permet pas encore de disposer d'historique suffisant pour une interprétation complète).

Des cours d'eau sont confrontés à des risques d'eutrophisation en raison des fortes teneurs en nitrates et en phosphore d'origine agricole, qui s'ajoutent aux pollutions de même nature d'origine domestique : il s'agit en 2002 du Clain, du Thouet, de la Sèvre Nantaise et de l'Argenton.

Qualité des eaux superficielles 1999-2002
Qualité des eaux superficielles 1999-2002
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