Observatoire Régional de l'Environnement Poitou-Charentes

Région Poitou-Charentes
 

Eaux continentales

Pressions - Pressions dues à la production d’énergie.

Date de dernière mise à jour : 14/11/2008

L'eau est utilisée de deux manières dans le domaine de la production d'énergie, sous forme de sa force motrice et par prélèvement.

Les impacts des ouvrages hydrauliques

La force de l'eau en mouvement est utilisée dans les centrales hydrauliques au moyen de turbines pour transformer l'énergie mécanique de l'eau en énergie électrique. Ce mouvement peut être une chute d'eau, naturelle ou créée artificiellement par un barrage, la force du courant ou des marées. Cet usage a la particularité de ne pas consommer d'eau et de ne pas la prélever.

Les principaux impacts des ouvrages hydrauliques sont alors la modification de la morphologie du cours d'eau et du type d'écosystèmes (passage d'un milieu type rivière à un milieu type plan d'eau), la réduction des débits et du transport solide en aval, la fluctuation brutale des débits et des paramètres physico-chimiques, l'obstacle à la migration des poissons, l'ennoiement des frayères, l'altération de la qualité du cours d'eau lors des opérations de désenvasement.

En Poitou-Charentes, de nombreux petits ouvrages hydrauliques sur les cours d'eau sont hérités des activités humaines disparues (meunerie) ou toujours existantes (par exemple en 1998, une quarantaine de petites centrales hydroélectriques sont dénombrées de manière non exhaustive).

Dans le département de la Vienne, trois usines hydroélectriques (Jousseau, La Roche et Chardes) sont situées sur la Vienne. Les départements de Charente et de Charente-Maritime produisent également de l'énergie d'origine hydraulique, à échelle moindre.

Les impacts des centrales

L’utilisation de l’eau

L'eau est utilisée par l'industrie nucléaire, soit comme vecteur de chaleur, soit comme refroidisseur. Elle circule entre les éléments de combustible nucléaire et emmagasine la chaleur produite par les réactions nucléaires. L'eau sort ensuite du réacteur pour circuler autour d'un second circuit fermé dont elle chauffe l'eau qu'elle transforme en vapeur. Puis, refroidie, elle est ensuite renvoyée dans le réacteur. La vapeur d'eau produite dans le second circuit sert à entraîner des turbines couplées à des alternateurs et à produire ainsi de l'électricité. La totalité de l'eau prélevée est restituée au milieu.

Les prélèvements de Civaux sont réalisés dans la Vienne au débit de 0,04 m3/s (40 l/s). L'été, le débit naturel de la Vienne peut descendre aux environs de 5 m3/s. Pour assurer le bon fonctionnement de la centrale, une convention d'étiage avec les exploitants des barrages situés en amont permet d'assurer un débit minimum de 10 m3/s en aval.

Les pollutions par réchauffements et rejets des centrales

La température de l'eau utilisée pour le refroidissement des centrales peut augmenter. Le risque est alors de restituer au milieu aquatique une eau dont la température diffère de la rivière, pouvant perturber la vie des poissons : c'est la pollution thermique.

A Civaux, les arrêtés préfectoraux autorisent les rejets quelle que soit la température de la Vienne à condition que ces derniers n'échauffent pas le milieu ambiant ainsi que l'écart entre la température amont et celle en aval de la centrale ne doit pas dépasser 2°C. En août 2003, les autorisations de rejets d'eau exceptionnels et temporaires des centrales de production d'électricité n'ont pas concerné Civaux.

Enfin, le rejet d'une eau réchauffée peut favoriser des conditions favorables pour le développement d'amibes pathogènes pour l'Homme. C'est pourquoi une installation de traitement par ultra violet a été mise en place.

Toutefois, les rejets peuvent également avoir un impact positif en rejetant de l'eau à température plus basse que le milieu récepteur. Le 11 août 2003, la température de la Vienne était de 31°C, le rejet était de 27°C

Les rejets liquides radioactifs de Civaux contiennent des gaz de fission dissous (xénon, krypton, iode), des produits de fission solides (césium, lanthane, strontium) et des produits d'activation (cobalt, manganèse, antimoine). Par arrêté interministériel, la centrale de Civaux ne peut rejeter à la rivière ses Effluents qu'en présence d'un débit compris entre 27 et 350 m3/s. Aucun rejet n'est possible en période de sécheresse et de crue.

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