Les activités du littoral sont dépendantes d'une bonne qualité sanitaire de la ressource eau. La conchyliculture, la pêche, ou la baignade, sont soumises à des normes de qualité sanitaire et/ou chimique contraignantes.
La conchyliculture est l'activité la plus sensible aux variations de la qualité de l'eau de mer ou saumâtre. Elle peut être considérée comme une activité économique « sentinelle » de cette qualité.
La conchyliculture dépend en effet directement de la ressource alimentaire que sont le phytoplancton et les particules organiques, et donc de la qualité de cette ressource. Celle-ci dépend des apports de nutriments, mais aussi des contaminants, chimiques et microbiologiques, venant du bassin versant et stockés dans les sédiments. La pollution des eaux du littoral peut donc être à l'origine de conséquences économiques graves.
En outre, l'évolution rapide et successive de la réglementation sanitaire se traduit pas un abaissement des seuils autorisant la mise en marché des produits ou autorisant l'exploitation des zones de production, qui peut mettre la filière conchylicole en difficulté si des actions d'envergure sur les pollutions d'origine terrestre ne sont pas rapidement mises en œuvre.
Les impacts écologiques et sanitaires provoqués par les toxines peuvent avoir des conséquences économiques au niveau de la production conchylicole si des zones sont temporairement interdites à la commercialisation. En 1987 et en 1999, une toxicité des coquillages a conduit les autorités départementales à interdire pour des périodes de 15 à 35 jours la commercialisation et le ramassage des coquillages sur toutes les zones littorales de Charente-Maritime (concentration dans l'eau de Dinophysis qui peut produire une toxine diarrhéique). Deux brefs épisodes toxiques ont conduit à des interdictions d'une semaine en 2002 et 2004 dans le pertuis breton. Fermes20ans.pdf
L'accent doit donc être impérativement mis sur les efforts concrets de gestion des débits d'eaux douces et sur la reconquête de la qualité des eaux dès l'amont (fleuves, rivières, zones humides), et non sur la seule mise aux normes des établissements conchylicoles.
==> Les maladies transmissibles par la consommation des coquillages peuvent être graves, mais elles sont de plus en plus rares, ceci grâce aux contrôles effectués sur les zones conchylicoles et de pêche à pied. -Les coquillages qui sont issus des élevages sont élevés dans des zones régulièrement surveillées (suivi Envlit-Ifremer) et des contrôles sont effectués dans les établissements qui expédient les huîtres et les moules sur le marché (données des services sanitaires-DSV-DGCCRF). Des autocontrôles sont également effectués par les professionnels de la conchyliculture.
Pour les coquillages pêchés sur l'estran, la surveillance sanitaire est effectuée sur les principales zones de pêche (DDASS) et les résultats sont affichés en mairie et sur le site des DDASS . Ils sont aussi portés à connaissance du public par des panneaux sur les lieux de pêche.
Ces contrôles sont très importants dans un contexte où la pêche à pied de loisirs est pratiquée par un nombre important de riverains et de vacanciers.
==> La dégradation de la qualité des ressources en eau du fait de pollutions diffuses ou ponctuelles entraîne aussi une augmentation de risques sanitaires par contact direct (baignade).
La qualité des eaux de baignade est un élément fort de la politique touristique de la région. La pollution des eaux du littoral peut entraîner le mauvais classement de certaines plages et une baisse de fréquentation estivale (dans un petit nombre de cas, ce classement conduit en effet à une fermeture de la baignade lors de la saison balnéaire) ; en effet, la présence de contaminants dans les eaux peut constituer un risque sanitaire lors de la baignade. L'impact en terme financier peut être lourd sur les activités d'hébergement (hôtellerie, résidences, campings, gîtes….), les activités de loisirs (sites de visite, club nautique, location de bateaux, pêche ne mer…) et les activités connexes (restaurant, café-tabac…).
La qualité des eaux de baignade est l'assurance d'une bonne fréquentation touristique. En 2003, sur 87 points de baignades surveillés, 29 étaient répertoriés qualité moyenne et 2 momentanément pollués. Plusieurs plages, elles, étaient élues « pavillon bleu ». http://baignades.sante.gouv.fr/htm/...
Enfin, l'attractivité touristique n'est pas seulement liée à la qualité des eaux marines mais est aussi fortement dépendante du maintien de l'authenticité littorale (respect du paysage avec limitation de l'artificialisation des côtes, garantie des activités aquacoles contribuant à l'identité du territoire) : voir également fiche « Enjeux Paysages ».
