*Chiffres issus de « La classification phylogénétique du vivant », 2001
La région Poitou-Charentes se situe à la confluence de deux massifs (Armoricain et Central) et deux bassins (Parisien et Aquitain). Ce contexte géologique particulier engendre une géomorphologie générale de plaines et de plateaux et une grande variété de sols. Le littoral régional présente quant à lui une succession d'avancées rocheuses prolongées d'îles et de baies tapissées de sédiments et de vase.
Le climat du Poitou-Charentes, de type océanique, est caractérisé par des précipitations moyennes et induit une forte représentation de la flore atlantique. Toutefois, le littoral charentais bénéficie d'un bon ensoleillement qui lui permet d'abriter un cortège de plantes méridionales remarquables comme : l'Ophrys jaune (Ophrys lutea) des pelouses calcaires méditerranéennes, le Chardon laiteux (Galactites tomentosa) espèce méditerranéenne des chemins et murailles, etc.
La diversité des sols et les différentes influences climatiques que connaît le Poitou-Charentes s'accompagnent d'espèces végétales atlantiques, méridionales voire même (sub-)montagnardes (Baron, 1995).
Les algues, du fait de leurs exigences écologiques, sont tributaires des zones humides. Elle peuvent être microscopiques, et donc invisibles à l'œil nu, ou macroscopiques. Selon les pigments qu'elles contiennent, on parlera d'algues brunes, rouges ou vertes. Ces dernières sont considérées comme étant à l'origine du règne végétal. En Poitou-Charentes, on rencontre notamment des algues vertes des genres Codium et Enteromorpha . Les Enteromorphes ont une forme de tube aplati ramifié et vivent dans des eaux calmes, parfois stagnantes, et plus ou moins Saumâtres.
Dans les différents étages du milieu marin, où elles remplissent les fonctions de production d'oxygène, de source de nourriture, de refuge ou de nurserie, les algues constituent des supports importants pour l'installation et le développement de la vie aquatique animale et végétale. Certaines algues, dites toxiques, peuvent être Nuisibles pour la faune et pour l'Homme.
Sans être dangereuses pour l'homme, certaines espèces introduites d'algues peuvent proliférer au point de devenir Invasives. C'est ce qui a été craint pour la Sargasse (Sargassum muticum), algue brune qui a colonisé toute la côte atlantique. Tout en étant devenue abondante, cette espèce semble avoir trouvé sa place dans l'écosystème. Son caractère proliférant et son gigantisme, susceptibles de perturber les activités aquacoles et de provoquer une compétition à l'issue défavorable pour les espèces locales, lui valent néanmoins une surveillance attentive.
Les algues peuvent aussi être utilisées comme indicateur de la qualité de l'eau. Ainsi l'Indice Biologique Diatomées (IDB) est calculé à partir des peuplements de diatomées, algues brunes unicellulaires présentes dans tous les milieux aquatiques.
Les algues Macrophytes (ulves sp. par exemple) et à phytoPlancton peuvent être responsables d'une perturbation singulière mais naturelle des écosystèmes aquatiques stagnants : l'eutrophisation. Certaines algues ont tendance à proliférer lorsqu'un milieu reçoit une quantité excessive de matières nutritives assimilables (cas d'apports importants de phosphates ou de composés azotés). Ce phénomène conduit à une augmentation de la charge naturelle de l'écosystème en matières organiques à dégrader. La décomposition des algues par des bactéries Aérobies consommatrices d'oxygène engendre une diminution du taux d'oxygène dans l'eau. Parallèlement, la matière organique morte non décomposée s'accumule dans les sédiments. Un déséquilibre se produit alors entre les eaux de surface oxygénées par aération et Photosynthèse et les eaux profondes où le développement des organismes est limité.
D'un point de vue plus sociétal, les algues sont depuis toujours utilisées comme aliments, engrais ou médicaments. Aujourd'hui elles font l'objet de demandes importantes et variées dans différents domaines : industries alimentaires ou textiles, cosmétologie, thalassothérapie, diététique ou agriculture (compost à base d'algue).
Les algues sont aussi utilisées comme Bioindicateurs du niveau de radioactivité en milieu marin car elles concentrent certains éléments radioactifs.
Les champignons sont des Eucaryotes incapables d'effectuer la Photosynthèse et sont donc Hétérotrophes. Leur appareil végétatif (qui assure la croissance) est constitué d'un Thalle ; les champignons ne possèdent ni tige, ni racine, ni feuille différenciée.
Les champignons, de par leurs caractéristiques, ne peuvent être classés ni dans le règne végétal, ni dans le règne animal ; on leur attribue un règne qui leur est propre .
Les champignons présentent une biodiversité importante et on estime à plus de 100 000 le nombre d'espèces au monde.
Ce groupe offre également une grande diversité de formes (de la simple cellule comme les levures, aux gros champignons comestibles en passant pas les moisissures et les truffes) et aussi de mode de vie : ils peuvent être Saprophytes (ils ont ainsi un rôle important dans le recyclage de la matière organique), parasites (de végétaux ou d'animaux) ou Symbiotiques (ce qui peut conduire à la formation de lichens).
Dans le langage courant, ce que l'on appelle champignon correspond en réalité à la partie aérienne de certaines espèces. Ainsi, les amateurs pourront trouver en forêt quelques espèces comestibles :
Rappelons qu'il est indispensable de bien savoir déterminer les espèces avant de les consommer car certains champignons produisent des toxines dangereuses pour l'Homme qui peuvent entraîner la mort (telles certaines Amanites).
Au-delà de la simple cueillette d'espèces comestibles, les champignons sont d'une importance sanitaire, médicale, alimentaire et économique considérable : certaines moisissures ont permis la fabrication d'antibiotiques (la pénicilline fut produite grâce à Penicillium notatum), d'autres, comme les levures, permettent la fermentation (fabrication du pain, du vin, du fromage et de la bière), sans oublier la trufficulture en développement en Poitou-Charentes.
Mais certains se révèlent très Nuisibles provoquant aussi bien parasitoses sur les cultures (mildiou provoqué par Phytophthora sp., l'ergot de Seigle - Claviceps purpurea, etc.), que des maladies sur les hommes ou les animaux (teigne causée par Tinea sp., mycoses, affections des viscères, etc.).
Les lichens ne correspondent pas à un groupe végétal naturel. Ce sont des organismes particuliers, dont la double origine Symbiotique est connue depuis 1869 (travaux de Schwendener) : les lichens sont nés de l'association d'une algue chlorophyllienne (ou d'une cyanobactérie) et d'un champignon. L'algue apporte, par Photosynthèse, des produits organiques au champignon qui en retour protège cette dernière de la sécheresse et lui apporte de l'eau et des substances dissoutes. Cette association de partenaires avec bénéfices réciproques, dans une interdépendance nutritionnelle est appelée Symbiose.
L'association lichénique apporte également des propriétés qu'on ne trouve pas chez l'un ou l'autre des partenaires telles la Reviviscence, la résistance aux températures extrêmes et un fort pouvoir lithogène qui leur permet de s'installer sur des substrats difficiles. Les lichens sont ainsi des organismes pionniers, capables de coloniser les milieux les plus divers et les plus défavorables tels que rochers, troncs d'arbres, murs, etc. qu'ils « teintent » en les recouvrant (les lichens sont d'ailleurs utilisant comme colorants naturels). Les Populations de Verrucaria maura , des lichens visibles en Poitou-Charentes, se démarquent ainsi par la large bande sombre qu'elles forment sur les rochers et falaises qu'elles occupent.
Une liste de 96 taxons présents en Poitou-Charentes et Vendée a été publiée en 1998 dans le 29ème bulletin annuel de la SBCO.
Des études réalisées dès le XIXème siècle (travaux de NyLander, 1866) ont démontré la sensibilité des lichens à la pollution atmosphérique : certaines espèces disparaissent lorsque la qualité de l'air se dégrade (accumulation de métaux lourd par exemple) tandis que d'autres, dites toxitolérantes, ont tendance à se développer. Actuellement, ces organismes sont couramment utilisés comme Bioindicateurs de la qualité de l'air au travers de l'étude des altérations morphologiques et physiologiques, d'observation de la répartition et des associations lichéniques, et de la mesure de l'accumulation de substances polluantes dans les Thalles. Ce sont aussi de bons indicateurs terrestres de présence d'éléments radioactifs. Leur propriété de stockeurs de molécules a également conduit à l'utilisation des lichens comme fixateurs de parfums.
Selon les classifications, les Bryophytes sont restreintes aux seules Mousses ou bien correspondent, à l'ensemble des groupes suivant : les Hépatiques (9 100 espèces*), les Anthocérotes (300 espèces*) et les Mousses (15 000 espèces*). Nous emploierons ici le terme de Bryophytes au sens large (ensemble des trois groupes).
Les Bryophytes sont les seuls représentants non vascularisés des Embryophytes. En effet, ces végétaux chlorophylliens ne possèdent ni véritables racines ni système vasculaire. Mais c'est pourtant avec les Bryophytes qu'apparaît la notion d'organe végétal : l'appareil végétatif (ou Thalle) qui était homogène chez les algues se transforme progressivement en Cormus, c'est à dire en système d'axes rampants et dressés, possédant des tissus structurellement et fonctionnellement spécialisés et bien différenciés : futures feuilles, tiges, racines et organes de reproduction (fleurs).
Les Bryophytes ont été les premiers végétaux à coloniser le milieu terrestre, même s'ils restent encore fortement inféodés à la présence d'eau puisque les Gamètes mâles sont nageurs. Ils poussent donc en milieu humide, à même le sol, sur des rochers ou sur d'autres végétaux : on dit alors qu'ils sont épiphytes. Globalement, les Bryophytes jouent un rôle important dans la régulation et l'épuration de l'eau.
Le groupe des Mousses comporte un ordre bien connu du grand public : les sphaignes. Bon nombre d'entre elles, dont la plus répandue Sphagnum palustre, se développent sur des sols gorgés d'eau et produisent des composés qui acidifient le milieu. Ce phénomène empêche la prolifération des bactéries et limite grandement la décomposition de la matière végétale. Les sphaignes mortes s'accumulent ainsi progressivement en formant un dépôt appelé la Tourbe sur laquelle les jeunes sphaignes se développent. Ainsi les sphaignes, comme d'autres représentants des Bryophytes, font parties des plantes Pionnières à l'origine d'une première couche d'humus.
De nombreuses espèces, très sensibles aux conditions environnementales, constituent de bons Bioindicateurs de pollution de l'air et des eaux douces.
Il existe un « Inventaire de la bryoflore française » présentant les espèces rencontrées en métropole.
Les Ptéridophytes tiennent leur nom de leur groupe le plus répandu, les fougères (9 500 espèces*) ou Filicophytes ; mais sont également constitué des Equisétophytes (20 espèces*) telle la Prêle de champs (Equisetum arvense), et des Lycopodiophytes (1 275 espèces*) dont le Lycopode (Lycopodium clavatum) et l'isoète des étangs (Isoetes lacustris).
Grâce au développement de leur système vasculaire, les Ptéridophytes constituent les premiers végétaux chlorophylliens véritablement adaptés à la vie terrestre et capable de se dresser. Les Ptéridophytes ont connu leur apogée au carbonifère (-300 millions d'années) où ils ont constitué, grâce au développement de formes arborescentes, d'immenses forêts dont la fossilisation est à l'origine des gisements de charbon. De nos jours, les Ptéridophytes forment un groupe restreint de végétaux, dont beaucoup vivent en milieu humide, comme les prêles ou les isoètes (plantes aquatiques).
La Fougère aigle (Pteridium aquilinum) est une espèce répandue dans les forêts et sous-bois du Poitou-Charentes. C'est la plus grande fougère française : ses feuilles peuvent mesurer jusqu'à 2 m. La préférence des Fougères aigles pour les hivers doux et les milieux humides, explique leur répartition dans les forêts du domaine atlantique.
Les Phanérogames ou Spermatophytes sont l'ensemble des végétaux formant des ovules pouvant être contenus dans des ovaires c'est-à-dire des fleurs. Chez les Phanérogames, la fécondation produit une graine qui est enfermée dans un fruit.
Les Phanérogames sont les derniers végétaux vasculaires chlorophylliens à être apparus sur terre. Avec près de 250 000 espèces, les Phanérogames sont actuellement les végétaux les mieux représentés et les plus diversifiés. Ils sont présents dans tous nos écosystèmes et certains sont retournés vers le milieu aquatique, d'eau douce ou d'eau de mer.
Avec les Algues, les Phanérogames sont les producteurs d'oxygène et de matières organiques de la biosphère (producteurs primaires). Ils sont à la base des chaînes alimentaires et représentent plus de la moitié de la Biomasse totale vivante. Permettant le développement de la vie, ils occupent une place prépondérante dans les écosystèmes.
Ce groupe est d'une importance vitale pour l'Homme puisque quasiment toutes les espèces de plantes cultivées sont des Phanérogames.
Le Poitou-Charentes compte plus de 750 espèces de plantes vasculaires (phanérogames et ptéridophytes) déterminantes à l'échelle régionale ou départementale (Persuy, 2003).
Les arbres sont des végétaux ligneux d'au moins 5 mètres à l'âge adulte, qui possèdent un tronc unique et dont les ramifications n'apparaissent qu'à une certaine hauteur au-dessus du sol. Les arbustes quant à eux présentent des ramifications dès leur base et sont de plus petite taille.
Les arbres et arbustes tiennent une grande place dans nos paysages. Qu'on les rencontre en forêt, dans les champs ou en ville, ils ont presque toujours un rôle écologique, économique (Sylviculture), paysager ou culturel important. Et malgré l'abandon de certains usages ou croyances, le grand public y porte une attention toute particulière.
La plupart des arbres rencontrés dans les forêts picto-charentaises sont natifs d'Europe : Chêne pubescent (Quercus pubescent), Chêne vert (Quercus ilex), Hêtre commun (Fagus sylvatica), Pin maritime (Pinus pinaster), Peuplier blanc (Populus alba), Aulne glutineux (Alnus glutinosa), Bouleau pubescent (Betula pubescens), Charme commun (Carpinus betulus), etc.
Cependant, de nouvelles espèces ont été introduites au cours des siècles depuis l'empire romain. Ainsi, de nombreuses espèces communes de nos milieux naturels ou urbains ont en fait été introduites pour la culture ou l'ornement : Châtaigner (Castanea sativa) originaire de Turquie, Cèdre de l'Atlas (Cedrus atlantica) et Cèdre du Liban (Cedrus libani) originaires du Moyen-Orient, les différentes espèces de Cerisiers (Prunus sp.) ou de Platanes (Platanus sp.), etc.
Egalement importé de Chine et visible en milieu urbain, le Ginkgo biloba est un véritable fossile vivant et constitue le seul représentant actuel de son groupe.
Un inventaire des arbres remarquables a été effectué dans chaque département du Poitou-Charentes et des ouvrages sont disponibles, excepté pour les Deux-Sèvres.
Les différentes espèces d'arbustes que l'on peut rencontrer en Poitou-Charentes remplissent aussi de nombreuses fonctions ornementales mais surtout écologiques. En effet, ils induisent certaines conditions de température et d'humidité au sol permettant la croissance d'espèces végétales et constituent un lieu de nidification, d'alimentation ou de refuge pour les animaux. On trouvera parmi les arbustes, le Genévrier commun (Juniperus communis), la Viorne tin ou Laurier tin (Virbunum tinus), le Chèvrefeuille commun (Lonicera caprifolium), l'Aubépine épineuse (Crataegus laevigata), le Houx (Ilex aquifolium), le Sureau noir (Sambucus nigra), etc.
On qualifie d'herbacées, les plantes non ligneuses (à tige molle) dont la hauteur est inférieure à 1 mètre. De façon encore plus marquée que pour les arbres et arbustes, les herbacées ont de tous temps été utilisées par l'Homme dans divers domaines : alimentation humaine et animale (plantes fourragères), pharmacologie (plantes médicinales), industrie textile, cosmétologie et parfumerie, ornement, etc.
Lorsqu'elles ne sont pas considérées comme « mauvaises herbes », les plantes herbacées peuvent être utilisées par l'Homme pour tout ou partie de leur anatomie : tiges, feuilles, fruits, fleurs, racines ou bulbes. Les herbacées comprennent de nombreux groupes qui ne seront pas développés ici.
Il existe cependant un groupe d'herbacées remarquables en Poitou-Charentes, tant par son abondance que par son caractère méridional : les orchidées. Leur nom vient du fait que leurs organes souterrains de réserve ont souvent l'aspect de testicules, "orchis" en latin. Ce groupe particulier de plantes offre des formes et couleurs très variées grâce à un trait évolutif : le Mimétisme. Ainsi, pour attirer les Insectes pollinisateurs (Pollinisation entomophile), la morphologie des orchidées a évolué vers des caractères mimétiques des Insectes telles l'Ophrys abeille (Ophrys apifera) ou l'Ophrys mouche (Ophrys insectifera). Sur les 140 espèces d'orchidées présentes en France, plus de 50 espèces dont 12 sont inscrites à la liste parue au J.O. du 10 mai 1988 (Guérin et al., 1995), sont recensées en Poitou-Charentes.
Avec 60 espèces d'orchidées sauvages comptabilisées à ce jour le Poitou-Charentes et la Vendée possèdent environ 40 % des 160 taxons existants en France. La richesse relative de la région apparait comme remarquable d'autant plus que 24 de ces orchidées sont légalement protégées du fait de leur rareté, six au niveau national et 18 au niveau régional en Poitou-Charentes et/ou Vendée (protection au titre des Pays de Loire) (Guérin et al.,2007).
Voir sur le T.B.E. les éléments de Contexte régional associés
Lien avec une autre thématique du T.B.E.
Pour aller plus loin