Les deux-tiers du territoire régional sont consacrés à l'agriculture.
La Surface Agricole Utile est quasiment restée inchangée entre 1970 et 2000, mais son utilisation a très fortement variée. Les surfaces en blé tendre et maïs ont été multipliées par 2 environ. Les surfaces en oléagineux ont été multipliées par 13. Dans le même temps, l'ensemble des Surfaces Toujours en Herbe a diminué de plus de moitié.
Les paysages agricoles traditionnels de bocage ont donc disparu au profit de culture intensive et spécialisée, où les grandes exploitations se démarquent. De nombreuses zones humides ont également été asséchées pour une mise en culture.
Dans ce contexte, le rôle de l'agriculture dans la détérioration de la qualité de l'eau concernent les pollutions diffuses par infiltration ou ruissellement, liées à l'utilisation de fertilisants (engrais minéraux du commerce ou déjections animales) et de produits phytosanitaires (herbicides, fongicides, insecticides…). L'agriculture du littoral n'est pas alors seule responsable de la pollution agricole des eaux marines : la pollution vient également de l'agriculture à l'intérieur des terres et se propage jusqu'à l'océan via les cours d'eau.
Les productions agricoles sont très dépendantes de la quantité de matière azotée présente dans le sol. Les engrais azotés sont donc largement utilisés.
La forte croissance des livraisons d'azote minéral s'est située entre les années 1960 et 1980, avec l'arrivée de la production agricole intensive. Aujourd'hui, la région a des apports d'azote qui varient entre 125 et 150 kg/ha de surface fertilisable* par an, dont 25 % d'origine animale (les apports organiques sont calculés à partir des effectifs d'animaux et des coefficients d'excrétion en N en kg/animal/an) (source : Unifa).
*Les apports minéraux représentent les livraisons de fertilisants par campagne. Ils ne peuvent être, de façon sûre, assimilés à l'utilisation réelle des fertilisants par les agriculteurs, puisqu'ils ne tiennent pas compte des variations de stocks, ainsi que d'un possible achat du produit dans une autre région (et a fortiori d'une possible consommation du produit dans une autre région que celle où a eu lieu la livraison).
Après une suite de transformations chimiques, l'azote se retrouve dans le sol sous forme nitrique. La pollution nitrique des eaux a ensuite pour origine le phénomène de lessivage. Les nitrates sont entraînés par percolation à travers le sol (lixiviation), surtout en automne et en hiver, après la nitrification automnale et lors de l'excédent hydrique, au moment où les cultures sont peu actives ou absentes (sols nus). Le transfert des nitrates vers les nappes souterraines (surtout vers les nappes libres) est toutefois conditionné par un excès d'eau, de pluie ou d'irrigation. Enfin, l'essentiel des nitrates emportés par les eaux d'infiltration au cours d'une année provient des nitrates épandus les années précédentes et stockés dans le sol. Ces contributions s'additionnent les unes aux autres et les quantités de nitrates lessivées atteignant les nappes augmentent. Les nitrates se retrouvent alors dans les eaux superficielles lors de leur alimentation par la nappe.
L'utilisation des déjections animales cumulées avec la fertilisation par les engrais de synthèse rend la situation encore plus défavorable à la pollution nitratée. En effet, les épandages d'effluents d'élevage viennent surcharger la fertilisation en azote.
Les ressources en eaux souterraines de la région qui sont le plus souvent à faible profondeur, sont particulièrement vulnérables aux pollutions. Elles se dégradent de manière continue et régulière depuis les années 1970. La teneur en nitrates des eaux brutes souterraines croît, sur certains secteurs, en moyenne de 1 à 2 mg/l/an depuis vingt-cinq ans.
La qualité des eaux superficielles est également fortement altérée par les nitrates. En 2002, la Charente et la plupart de ses affluents, la Seudre, la Sèvre Niortaise (…) sont classés en qualité médiocre.
Les produits phytosanitaires utilisés pour le traitement de la plante participent également de plus en plus à la pollution des eaux. Le transfert vers l'eau est le plus souvent superficiel. Leur arrivée se fait par mise en solution lors du ruissellement. Dans les eaux superficielles, des quantités non négligeables de molécules très diverses sont ainsi trouvées : glyphosate, AMPA, isoproturon, diuron… et autres produits de substitution. Les eaux souterraines sont généralement moins polluées.
La quantité totale de substances actives utilisée en 2000 sur la région a été de 2 849 063 kg, contre 4 141 460 kg en 1996, soit une diminution d'environ 1 290 000 kg (substances actives d'origine minérale, soufre, cuivre, fer, non comprises). Les quantités vendues sont ensuite restées globalement stable entre 2000 et 2005.
La part utilisée par le secteur agricole est de 97 %. Le produit le plus utilisé est le glyphosate, un herbicide, suivi de plusieurs fongicides (mancozèbe, folpel, fosetyl-aluminium). La consommation du premier est en forte augmentation entre ces deux dates. L'atrazine, la substance la plus utilisée en 1996, est maintenant interdite.
La Charente-Maritime est la plus consommatrice (environ 1000 tonnes), suivie de la Charente (près de 800 tonnes). Ces quantités viennent surtout d'une utilisation accrue sur le vignoble.
En ce qui concerne les produits phytosanitaires dans les eaux brutes, près de la moitié des points observés en 2002 sur le réseau régional (45 sur 96) ont fait l'objet d'un dépassement de seuil de potabilité (0,1 µg/l par molécule) ; les teneurs les plus élevées ont été d'ailleurs observées en Charente et Charente-Maritime.
Dans les eaux superficielles, en 2001, 8 % environ des points d'observation sur l'ensemble des cours d'eau sont de mauvaise qualité, 10 % de qualité médiocre et 50 % environ de qualité moyenne (grille SEQ-Eau aptitude à la vie aquatique). La principale substance détectée dans les eaux est l'atrazine. La qualité des eaux de la Charente et de ses affluents en aval d'Angoulême est très altérée (impact de la viticulture).
Voir sur le T.B.E. les éléments de Contexte régional associés
Lien avec une autre thématique du T.B.E.
Pour aller plus loin