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Eaux continentales

Pressions - Impacts de l’usage domestique. Version 2003.

Date de dernière mise à jour : 10/09/2004

La consommation d’eau

L'usage domestique comprend non seulement les consommations liées à l'utilisation de l'eau pour la boisson, le lavage, les soins d'hygiène, les jardins, le remplissage des piscines privées, etc., mais aussi les consommations collectives des écoles, des hôpitaux, du lavage des rues, des piscines, etc.

En France, les besoins totaux en eau potable sont estimés à environ 200 litres /hab./jour (source CIEau), dont 110 à 150 litres d'eau/hab./jour sont utilisés en moyenne pour la consommation strictement domestique et 16 litres d'eau/hab./jour réellement pour la boisson et la préparation de la nourriture.

Les prélèvements et la restitution au milieu

Aquifères utilisés pour l’alimentation en eau potable
Aquifères utilisés pour l'alimentation en eau potable
Evolution des prélèvements
Evolution des prélèvements

En Poitou-Charentes, l'eau destinée à la consommation est principalement prélevée dans les nappes d'eau souterraine. En effet, 78% des volumes consommés sont d'origine souterraine en 2003, avec un maximum de 94 % en Charente et un minimum de 67% en Charente-Maritime (source : DRASS Poitou-Charentes).

En 2003, environ 472 captages d'alimentation en eau potable (11 en eau superficielle et 461 en eaux souterraines) prélèvent 162 millions de mètre cube d'eau (source : DRASS Poitou-Charentes).

Prélèvements par usage et origine
Prélèvements par usage et origine
Prélèvements par usage et par département
Prélèvements par usage et par département

65% de l'eau prélevée pour l'usage domestique est restituée au milieu naturel.

La pression exercée par le tourisme

En Poitou-Charentes, les conséquences sur la consommation d'eau potable de l'affluence touristique concernent principalement le département de Charente-Maritime. Un afflux touristique a lieu, notamment sur le littoral, en période saisonnière. Le bassin de la Charente est également concerné, dans une moindre mesure.

Cette fréquentation estivale provoque des pointes de production journalières pour l'eau potable. En effet en 2002, la pointe journalière s'élevait à 240 000 m3/jour (source : DDASS de Charente-Maritime, selon les données des producteurs et distributeurs d'eau potable).

Ainsi la consommation journalière en pointe est 1,5 fois plus élevée que la consommation moyenne habituelle (146 000 m3/jour en Charente-Maritime en 2002). Le littoral représente 75% de la consommation journalière pendant l'été contre 68% en hiver en 2002 ; sur le littoral en été, la consommation journalière est multipliée pratiquement par deux par rapport à l'hiver. (source : DDASS de Charente-Maritime)

Les eaux usées domestiques

L'utilisation domestique de l'eau génère des eaux usées, essentiellement porteuses de pollution organique. Ainsi, la pollution journalière d'une personne utilisant 150 à 200 litres d'eau par jour est évaluée à :

  • 70 à 90 grammes de matières en suspension,
  • 60 à 70 grammes de matières organiques,
  • 15 à 17 grammes de matières azotées,
  • 4 grammes de phosphore,
  • plusieurs milliards de germes pour 100 ml.

Les rejets d’eaux usées domestiques

Les cours d'eau ont une capacité naturelle d'épuration, qui consomme l'oxygène de la rivière. Lorsque l'importance du rejet excède la capacité d'autoépuration de la rivière, des zones sont privées d'oxygène, ce qui entraîne la mort de la faune et de la flore.

La présence excessive de phosphates et de nitrates favorise le phénomène d'eutrophisation.

C'est pourquoi les eaux usées sont traitées pour être épurées avant leur rejet dans le milieu naturel. L'assainissement peut être soit collectif, quand les eaux sont collectées via un réseau et amenées à une station d'épuration, soit individuel ou non collectif ou autonome.

Les eaux usées collectées peuvent être soit purement d'origine domestique (collecte séparative), soit contenir également des eaux pluviales (le réseau est unitaire), et des eaux industrielles (si la pollution qu'elles génèrent n'est pas toxique).

Le recours à un système d'assainissement autonome est utilisé notamment lorsque l'installation d'un système de collecte ne se justifie pas, soit parce qu'il ne présenterait pas d'intérêt pour l'environnement, soit parce que son coût serait excessif, en particulier dans les zones où l'habitat est dispersé.

Dans le cas d'un assainissement défectueux, un risque de pollution existe. La Directive n°91/271/CEE du 21 mai 1991 (reprise par la Loi n°92-3 du 3 janvier 1992 sur l'eau et le Décret n°94-469 du 3 juin 1994 relatif à la collecte et au traitement des eaux usées) relative au traitement des eaux résiduaires urbaines a considérablement étendu les obligations des Communes dans ce domaine. L'objectif fixé par la loi, d'ici 2005, est d'atteindre pour la France un taux de dépollution de 65%.

En France 79 % de la population sont raccordés au réseau collectif, 19 % sont munis de dispositifs d'assainissement autonome, les 2 % restant n'étant ni raccordés ni équipés d'installations autonomes (source : IFEN -2001). Cependant, le taux de collecte ne s'élève qu'à 68 %, pour causes de la vétusté de certains réseaux entraînant des fuites, d'erreurs de branchements en zone de collecte séparative et des efforts qui restent à faire en matière de collecte.

En Poitou-Charentes, seulement 55% de la population régionale est raccordée à un système d'assainissement collectif, l'assainissement autonome étant plus simple et généralement mieux adapté au cas des petites communes et des hameaux. Cependant, il est difficile de connaître la part de la population non raccordée à un système collectif qui bénéficie effectivement d'un assainissement autonome.

Les boues et leur traitement

Le traitement d'un mètre cube d'eaux usées produit de 350 à 400 grammes de boues. Ces boues contiennent des matières en suspension, des bactéries, de l'azote, du phosphore, des matières organiques et des métaux lourds.

Les boues sont conditionnées suivant leur type de valorisation future (épandage, compostage, incinération ou mise en décharge), avec pour effets :

  • une réduction de volume obtenue par épaississement, puis déshydratation (solidification),
  • une diminution du pouvoir de fermentation de ces matières (stabilisation biologique, chimique, thermique...).

Les boues sont des déchets ménagers et assimilés. Elles ne sont pas des déchets ultimes. Ainsi la réduction progressive de leur mise en décharge a été planifiée jusqu'en 2015 ( Directive n°1999/31/CE du Conseil du 26 avril 1999 ).

Les autres pressions

L'arrosage des jardins des particuliers peut exercer une pression quantitative sur la ressource, notamment en période estivale.

L'utilisation d'engrais ou de produits phytosanitaires pour le jardinage par les particuliers contribue à la pollution diffuse par ces produits.

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