Région Poitou-Charentes
     
 

Eaux continentales

Pressions - Impacts de l’usage domestique.

Date de dernière mise à jour : 15/05/2007

La consommation d’eau

L'usage domestique comprend non seulement les consommations liées à l'utilisation de l'eau pour la boisson, le lavage, les soins d'hygiène, les jardins, le remplissage des piscines privées, etc., mais aussi les consommations collectives des écoles, des hôpitaux, du lavage des rues, des piscines, etc.

En France, les besoins totaux en eau potable sont estimés à environ 200 litres /hab./jour (source CIEau), dont 110 à 150 litres d'eau/hab./jour sont utilisés en moyenne pour la consommation strictement domestique et 16 litres d'eau/hab./jour réellement pour la boisson et la préparation de la nourriture.

Les prélèvements et la restitution au milieu

En Poitou-Charentes, l'eau destinée à la consommation est principalement prélevée dans les nappes d'eau souterraine. En effet, 78% des volumes consommés sont d'origine souterraine en 2005, avec un maximum de 94 % en Charente et un minimum de 67% en Deux-Sèvres qui utilise également 4 ressources importantes en eau superficielle (source : DRASS Poitou-Charentes).

Aquifères utilisés pour l’alimentation en eau potable
aquifères utilisés pour l'alimentation en eau potable
Prélèvements par usage et par département en 2004  (source : agences de l’eau)
Prélèvements par usage et par département en 2004 (source : agences de l'eau)
Evolution des prélèvements de 1988 à 2004 par usage et par origine
Evolution des prélèvements de 1988 à 2004 par usage et par origine
Evolution des prélèvements de 1988 à 2004 par usages (source : agences de l’eau)
Evolution des prélèvements de 1988 à 2004 par usages (source : agences de l'eau)

En 2005, 473 captages d'alimentation en eau potable (11 en eau superficielle et 462 en eaux souterraines) prélèvent 162 millions de mètre cube d'eau (source : DRASS Poitou-Charentes).

65% de l'eau prélevée pour l'usage domestique est restituée au milieu naturel.

La pression exercée par le tourisme

En Poitou-Charentes, les conséquences sur la consommation d'eau potable de l'affluence touristique concernent principalement le département de Charente-Maritime. Un afflux touristique a lieu, notamment sur le littoral, en période saisonnière. Le bassin de la Charente est également concerné, dans une moindre mesure.

Cette fréquentation estivale provoque des pointes de production journalières pour l'eau potable. En effet en 2002, la pointe journalière s'élevait à 240 000 m3/jour (source : DDASS de Charente-Maritime, selon les données des producteurs et distributeurs d'eau potable).

Ainsi la consommation journalière en pointe est 1,5 fois plus élevée que la consommation moyenne habituelle (146 000 m3/jour en Charente-Maritime en 2002). Le littoral représente 75% de la consommation journalière pendant l'été contre 68% en hiver en 2002 ; sur le littoral en été, la consommation journalière est multipliée pratiquement par deux par rapport à l'hiver. (source : DDASS de Charente-Maritime). A titre d'exemple, en 2003, le secteur « réseau littoral » de Charente-Maritime a distribué 35 000 m3/j en moyenne sur la période hivernale (d'octobre à avril), 68 000 m3/j en moyenne en période estivale (de juillet a septembre) et 85 000 m3/j durant le jour de pointe qui a eu lieu au mois d'août, mois exceptionnellement chaud cette année-là.

Les eaux usées domestiques

L'utilisation domestique de l'eau génère des eaux usées, essentiellement porteuses de pollution organique. Ainsi, la pollution journalière d'une personne utilisant 150 à 200 litres d'eau par jour est évaluée à :

  • 70 à 90 grammes de matières en suspension,
  • 60 à 70 grammes de matières organiques,
  • 15 à 17 grammes de matières azotées,
  • 4 grammes de phosphore,
  • plusieurs milliards de germes pour 100 ml.

Les rejets d’eaux usées domestiques

Les cours d'eau ont une capacité naturelle d'épuration, qui consomme l'oxygène de la rivière. Lorsque l'importance du rejet excède la capacité d'autoépuration de la rivière, des zones sont privées d'oxygène, ce qui entraîne la mort de la faune et de la flore.

La présence excessive de phosphates et de nitrates favorise le phénomène d'eutrophisation.

C'est pourquoi les eaux usées sont traitées pour être épurées avant leur rejet dans le milieu naturel. L'assainissement peut être soit collectif, quand les eaux sont collectées via un réseau et amenées à une station d'épuration, soit individuel ou non collectif ou autonome.

Les eaux usées collectées peuvent être soit purement d'origine domestique (collecte séparative), soit contenir également des eaux pluviales (le réseau est unitaire), et des eaux industrielles (si la pollution qu'elles génèrent n'est pas toxique).

Le recours à un système d'assainissement autonome est utilisé notamment lorsque l'installation d'un système de collecte ne se justifie pas, soit parce qu'il ne présenterait pas d'intérêt pour l'environnement, soit parce que son coût serait excessif, en particulier dans les zones où l'habitat est dispersé.

Dans le cas d'un assainissement défectueux, un risque de pollution existe. La Directive n°91/271/CEE du 21 mai 1991 (reprise par la Loi n°92-3 du 3 janvier 1992 sur l'eau et le Décret n°94-469 du 3 juin 1994 relatif à la collecte et au traitement des eaux usées) relative au traitement des eaux résiduaires urbaines a considérablement étendu les obligations des Communes dans ce domaine. L'objectif fixé par la loi, d'ici 2005, est d'atteindre pour la France un taux de dépollution de 65%.

D'après l'enquête IFEN/SCEES, en 2001, en Fance, le raccordement à une station d'épuration via un réseau d'assainissement collectif concerne 78 % des logements, soit 22,9 millions. Ils sont plus de 90 % a être raccordés à un réseau dans les communes de plus de 10 000 habitants et moins de 30 % dans les communes de moins de 400 habitants. 5,1 millions de logements sont équipés d'un système d'assainissement individuel, soit environ 17,5%. Les autres logements, environ 4,5%, rejettent directement dans la nature : 720 000 logements ni raccordés ni équipés d'un dispositif d'assainissement autonome, auquels s'ajoutent 660 000 logemements raccordés à un réseau qui ne débouche pas sur une station d'épuration). En 2001, en France, on dénombrait 16 000 stations d'épuration, permettant de réduire de 87 % la pollution organique des eaux usées traitées. Mais le taux de dépollution des eaux usées d'un territoire combine le rendement de la station et le taux de collecte qui peut être très variable selon la vétusté de certains réseaux entraînant des fuites, les erreurs de branchements en zone de collecte séparative et les efforts restant à faire en matière de collect, même si de lours invetsisement ot été faits ces dernières années. D'après cette même enquête IFEN/SCEES 2001, les deux-tiers des logements de Poitou-Charentes étaient raccordés à une station d'épuration via un réseau d'assainissement collectif (66,3 %), près d'un tiers disposait d'un assainissement autonome (31,7 %), le reste rejetant leurs Effluents au milieu naturel (2 %).

Les boues et leur traitement

Le traitement d'un mètre cube d'eaux usées produit de 350 à 400 grammes de boues. Ces boues contiennent des matières en suspension, des bactéries, de l'Azote, du phosphore, des matières organiques et des métaux lourds.

Les boues sont conditionnées suivant leur type de valorisation future (épandage, compostage, incinération ou mise en décharge), avec pour effets :

  • une réduction de volume obtenue par épaississement, puis déshydratation (solidification),
  • une diminution du pouvoir de fermentation de ces matières (stabilisation biologique, chimique, thermique...).

Les boues sont des déchets ménagers et assimilés. Elles ne sont pas des Déchets ultimes. Ainsi la réduction progressive de leur mise en décharge a été planifiée jusqu'en 2015 ( Directive n°1999/31/CE du Conseil du 26 avril 1999 ).

Les autres pressions

L'arrosage des jardins des particuliers peut exercer une pression quantitative sur la ressource, notamment en période estivale.

L'utilisation d'engrais ou de produits phytosanitaires pour le jardinage par les particuliers contribue à la pollution diffuse par ces produits.

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