Avec 1300 couples en France ( LPO, 2002), l'Outarde canepetière (Tetrax tetrax), oiseau migrateur, est aujourd'hui menacé d'extinction dans les plaines céréalières de notre pays. La principale raison de ce déclin est l'intensification de l'agriculture depuis les 35 dernières années qui fait disparaître les sites favorables aux outardes.
En effet, les anciens agro-systèmes fondés sur la Polyculture disparaissent avec les remembrements et laissent place à des monocultures intensives. Depuis 1992, date de la réforme de la PAC, la luzerne associée à l'élevage (non subventionnée) tend à disparaître au profit des Grandes cultures annuelles (subventionnées). Les Jachères sont entretenues en mai-juin, alors que les outardes femelles sont installées pour nicher et sont victimes des engins agricoles (elles ne s'envolent pas, mais se tapissent sur le nid comme lorsque arrive un prédateur, et sont décapitées).
La culture du colza se développe, entre autres, pour les biocarburants et est également problématique pour l'Outarde : le colza, semé au printemps, atteint une hauteur d'1 mètre en été, ce qui est très défavorables à l'outarde.
D'autres cultures apparaissent aussi, comme le melon (qui n'est pas soumis aux quotas). Ce type de culture est intéressant pour le mâle (zone relativement dégagée) mais pas pour la femelle. De plus les dérangements y sont nombreux car la culture du melon nécessite beaucoup de main d'oeuvre.
Non-reproduction et destruction des femelles expliquent la situation alarmante de l'Outarde canepetière.
Les deux bastions de l'espèce sont le Poitou-Charentes et la plaine de la Crau. 400 mâles chanteurs avaient été recensés en 1995 en Poitou-Charentes où de fortes régressions (50% à 80%) ont été observées dans tous les départements entre 1995 et 1997.
Cependant, entre 1997 et 2001, des actions conjointes réalisées par des associations naturalistes et des agriculteurs pour sauver l'Outarde canepetière (programme LIFE Nature appelé contrat "Outarde") ont permis de réduire le déclin de l'espèce à un taux de 15% par an dans les plaines céréalières du Poitou-Charentes ayant suivi le programme (CEBC - CNRS, 2002).
A partir de ces premiers résultats, un plan de restauration, prévu pour 5 ans (2002-2006) et coordonné par la LPO, a été élaboré et est en cours de réalisation.
Par ailleurs, on peu noter que certaines actions sur les plaines, mises en place en faveur de l'accueil d'autres espèces, peuvent avoir un impact positif sur l'Outarde (exemple : la Jachère environnement faune sauvage).
En 2004, un recensement commun à tous les organismes travaillant sur l'Outarde canepetière ou son milieu est réalisé, ce recensement rassemble le CNRS, l' ONCFS, la LPO, les associations naturalistes départementales et une fédération des chasseurs.
Parallèlement les Fédérations Départementales des Chasseurs effectuent des aménagements spécifiques pour l'ensemble de la faune sauvage (JEFS - Jachère environnement faune sauvage, Jachères fleuries, plantation de haies, bandes enherbées, etc.) avec les agriculteurs. A titre d'exemple : dans le département des Deux- Sèvres la Fédération Départementale des Chasseurs a aidé et aide les agriculteurs volontaires à implanter des JEFS. En 2004 environs 1 000 ha de JEFS sont repartis sur 155 communes du département. On peut noter des éclosions réussies d'outarde dans les Jachères ensemencées en avoine – choux – sarrasin, ainsi qu'une forte fréquentation de 16 espèces différentes y compris pendant la période de reproduction.
Le Râle des genêts (Crex crex) est un oiseau migrateur qui hiverne en Afrique australe et niche en Europe ; il est présent en France d'avril à septembre où il vit presque exclusivement dans les prairies de fauche des vallées et marais inondables dulçaquicoles.
Les Populations de Râle des genêts ont connu un déclin ancien mais particulièrement fort ces vingt dernières années : en France, le nombre de mâles chanteurs recensés est passé d'environ 1600-2200 en 1983-84 à 1100-1200 en 1991-1992, pour se stabiliser autour de ces valeurs jusqu'en 1998, grâce à la mise en place de prograrmmes agri-environnementaux adaptés, et chuter à nouveau à 500 à 600 en 2001-2003 (période perturbée par la mise place de deux nouveaux outils agri-environnementaux successifs). Cette régression est principalement due à la disparition de leur Habitat et à la modification des pratiques agricoles dans leurs zones de nidification (fauchages plus précoce ou plus localement régression de la fauche au profit d'un pâturage durant la période de reproduction).
Dans le cadre de la réalisation du document d'objectifs du site de Natura 2000 « Vallée de la Charente - Amont d'Angoulême (environ 4000 ha) » (Charente Nature, 2000), la chute des Populations de Râles des genêts a été mise en parallèle avec la réduction des Surfaces Toujours en Herbe ou STH.
D'après les données du RGA, sur les communes du site étudié (couvrant une surface bien supérieure à celle du site), la STH a été réduite de 66% entre 1979 et 2000 (la moyenne régionale est de 55% pour la période 1970-2000). Aujourd'hui la STH de ces communes est presque entièrement concentrée dans le site Natura 2000. Sur cette même période 1979-2000, les surfaces de culture de maïs ont doublé sur les communes du site. Parallèlement à cette évolution du milieu, la Population de Râle des genêts du site est passée de 80 mâles chanteurs en 1984, à seulement 11 en 2003.
Le Râle des genêts est actuellement menacé au niveau mondial. L'espèce est inscrite à l'annexe I de la « Directive Oiseaux » et à l'annexe II de la Convention de Berne, et est intégralement protégée en France.
Un programme LIFE Nature d'étude et de conservation du Râle des genêts a été mené par la LPO entre 1994 et 1996. Cette étude a montré que la mise en place de Mesures Agri-Environnementales, telle la pratique de fauches tardives par les agriculteurs, épargnaient une grande partie des poussins.
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