La Charente-Maritime : premier centre conchylicole européen
La conchyliculture, activité d'élevage des coquillages regroupant principalement l'ostréiculture (élevage d'huîtres) et la mytiliculture (élevage de moules), revêt une importance particulière en Poitou-Charentes. Elle génère en effet un chiffre d'affaires de 245 millions d'euros et concerne près de 8000 emplois permanents et saisonniers. Cela en fait le premier centre conchylicole français et européen (d'après le premier recensement conchylicole 2001 effectué par l'Agreste).
Les principaux centres conchylicoles sur le littoral charentais sont :
- le bassin de Marennes-Oléron : qui est la zone maritime côtière comprise entre la rive sud de la Charente incluse et la limite sud du département de la Charente-Maritime. Situé entre l'estuaire de la Gironde et celui de la Charente, il est alimenté en eau douce par la Seudre et la Charente.
Les zones d'exploitation ostréicole sont regroupées sur les sites de la vallée de la Seudre (zone d'affinage et de concentration des établissements d'expédition) ; la côte Atlantique de Bourcefranc à Port des Barques et la côte de l'Ile d'Oléron de Saint Trojan à Boyardville.
C'est le premier centre de captage de naissains français ainsi que le premier centre français de production et d'expédition d'huîtres.
La mytiliculture, dont les établissement sont concentrés à Brouage, constitue la seconde activité. Les zones d'exploitation mytilicole comprennent les secteurs de Port des Barques (Saint Froult) et Boyardville.
- le secteur Nord Charente : les zones d'exploitation ostréicole se regroupent sur le littoral des communes d'Esnandes, Marsilly, Nieul-sur-Mer, L'Houmeau et La Rochelle ; l'Ile de Ré (secteur important d'élevage) ; le littoral des communes d'Aytré, Angoulins et Chatelaillon ; le secteur de Fouras (principaux centres de captages du littoral français) et de l'Ile d'Aix pour le captage et l'élevage.
Pour la mytiliculture, les zones d'exploitation comprennent les filières à moules de la Baie de l'Aiguillon (partagées administrativement avec la Vendée), ainsi que les secteurs d'Esnandes, Marsilly, la baie d'Yves, Fouras et l'Ile d'Aix.
La baie d'Aiguillon fait partie des sites mytilicoles les plus réputés au monde.
- La Charente-Maritime assure 43 % de la commercialisation des huîtres creuses et 13 % de celle des moules (consommées en France).
Un grand nombre d'exploitations de la région se tourne vers la vente, que ce soit pour la consommation (vente aux particuliers, à des grandes surfaces…) ou pour l'élevage.
L'importance de ce dernier type de vente s'explique par le fait que le littoral charentais est propice à la ponte d'huîtres (conditions thermiques et salines favorables), et donc au développement du naissain. Les exploitations en revendent donc aux bassins où la reproduction est plus difficile.
Ainsi, sur 100 exploitations françaises pratiquant la vente à la consommation, 33 sont localisées en Poitou-Charentes. Sur 100 exploitations pratiquant la vente à l'élevage, 41 sont localisées en Poitou-Charentes.
Lien vers le site Agreste : document sur la conchyliculture
La conchyliculture - Données de cadrage socio-économiques-
Hommes et structures de production
- La conchyliculture est très exigeante en main d'œuvre et représente 3 500 UTA (Unité Travail Année) et concerne 8 049 personnes.
- 2 327 chefs, coexploitants et autres actifs familiaux
- 1 274 salariés permanents
- 4 448 salariés saisonniers
- La Charente-Maritime dénombre 1 252 exploitations conchylicoles :
- 1 196 élèvent des huîtres
- 236 élèvent des moules
- 146 élèvent d'autres coquillages
- L'élevage des coquillages concerne 7 500 ha dont :
- 5 100 pour les huîtres creuses
- 900 pour les moules
- 1 500 pour les autres coquillages et les mélanges
- Le Domaine Public Maritime (DPM) occupe 3 800 ha exploités
- Le domaine privé occupe 2 500 ha
- 1 200 ha ne sont pas mis en valeur (domaine maritime non exploité ou claires en friches).
- Les conchyliculteurs de Charente-Maritime exploitent 84 % de leur superficie dans le département mais aussi en Bretagne nord (6%), en Bretagne sud (4%), en Pays de la Loire 4%), en Normandie, dans le Nord et en Méditerranée (2%).
Source : Agreste, premier recensement conchylicole, 2001
Ventes
- Huîtres creuses : les ventes à la consommation s'élèvent à 47 000 tonnes.
- Huîtres plates : les ventes à la consommation s'élèvent à 38 tonnes.
- Moules : les ventes à la consommation s'élèvent à 9 400 tonnes.
- Autres coquillages : 245 tonnes (t) de palourdes, 50 t de coques, 34 t d'huîtres plates, 19 t de clams, 69 t d'autres.
Source : Agreste, premier recensement conchylicole, 2001
Chiffre d'affaires
- Ostréiculture : 228 673 526 euros soit 1,5 milliards de francs.
- Mytiliculture : 15 244 902 euros, soit 100 millions de francs.
Source : Section régionale conchylicole, 2001
La Charente-Maritime : une pêche essentiellement côtière
- La flotte de pêche regroupe en totalité 336 unités représentant un tonnage de 5 527 tonneaux de jauge brute (Tjb) et comprenant les navires de pêche hauturière (navires pratiquant la pêche au large) et les navires de pêche côtière (ou pratiquant la petite pêche).
- Les trois principaux ports de pêche de la région sont les ports de La Rochelle « Chef de Baie », La Côtinière (île d'Oléron) et Royan.
Récapitulatif des débarquements dans les halles à marée en Charente-Maritime
- La quantité totale de poissons débarqués dans ces trois ports du littoral s'élèvent à près de 8000 tonnes.
La quasi totalité de la production maritime « tous poissons » provient des ports de La Rochelle et de La Côtinière. La baisse des quantités débarquées est à mettre principalement au compte de la baisse enregistrée au port de La Rochelle. Cette diminution est à rapprocher de la vente des prises en-dehors du département et de la stagnation des débarquements effectués par les navires extérieurs.
Les trois principaux ports de pêche - Données de cadrage socio-économiques -
Production-Chiffre d'affaires-emplois
- Le tonnage de la production débarquée (en 2002) est de 7 991 tonnes, pour un chiffre d'affaires correspondant de 24,97 M d'euros.
- Cette activité génère environ 830 emplois directs (marins embarqués) et 1 500 emplois indirects (entreprises appartenant à la filière des produits de la mer).
Source : Préfecture de la Charente-Maritime, chiffres 2002
Note : L'analyse des résultats pour l'ensemble des ports de pêche du département reste difficile, compte tenu qu'une partie des ventes s'effectue hors criée.