Les phénomènes météorologiques influent sur les ressources en eau, qui sont dépendantes en partie des précipitations reçues sur chaque bassin versant.
Sigore - station météorologique
Ainsi, la région Poitou-Charentes est caractérisée par des précipitations moyennes, légèrement supérieures à la moyenne nationale. Le déficit hydrique est régulier en période estivale, de mars à septembre. Depuis 1993, les années hydrologiques (définition de année hydrologique) ont été de plus en plus sèches.
Au cours de l'été 2003, la région Poitou-Charentes a connu, ainsi que la France entière, une canicule exceptionnelle avec des températures records, qui s'est ajoutée à une sécheresse importante liée à un déficit pluviométrique de plusieurs mois.
Texte en cours de réalisation.
Le régime hydrologique des cours d'eau est influencé par les précipitations, les échanges avec les nappes d'eau souterraine et les prélèvements.
Le régime des cours d'eau de Poitou-Charentes est de type pluvial, c'est-à-dire caractérisé par des hautes eaux hivernales et des basses eaux estivales.
Ainsi, la plupart des cours d'eau présente des crues de plaine, qui se traduisent par une montée des eaux progressive et une submersion prolongée. Cependant les rivières issues des massifs cristallins, notamment la Gartempe, le Thouet et l'Argenton, présentent un régime torrentiel aux crues soudaines.
Les étiages naturels peuvent être sévères pour les cours d'eau traversant les massifs anciens, du fait de l'absence de nappe souterraine. Les cours d'eau traversant les terrains sédimentaires bénéficient naturellement de l'apport des nappes, même en période d'étiage, qui leur assurent un écoulement permanent. Cependant il peut arriver que ces cours d'eau connaissent des étiages sévères, consécutifs à une faible recharge hivernale des nappes. Cette situation est aggravée par les prélèvements d'eau.
En période d'étiage, une inversion des flux peut se produire : les rivières et les marais viennent à se vidanger dans les nappes. Ces phénomènes peuvent également s'accompagner d'une remontée du biseau salé dans les zones littorales et d'une contamination des eaux douces par les eaux salines. Les assecs peuvent fragiliser les berges, les digues.
La DIREN Poitou-Charentes suit les variations de débit des cours d'eau sur le territoire régional.
En Poitou-Charentes, en 2003, le débit des rivières est souvent passé en dessous du débit de crise (DCR). Les débits les plus faibles enregistrés dix jours de suite (VCN10) sont très bas.
Lors des crues, le cours d'eau déborde de son lit mineur et envahit son lit majeur. Elles se produisent essentiellement en hiver, lorsque les sols, saturés en eau, ne permettent plus aux eaux de pluie de s'infiltrer, et que l'absorption par la végétation est limitée du fait de la faible activité photosynthétique.
Les caractéristiques des crues en Poitou-Charentes varient en fonction de la taille, de la morphologie, de la végétation, de la nature pédologique des sols et des formations géologiques des bassins versants. Le fleuve Charente, le Clain et la Sèvre Niortaise connaissent une montée des eaux très lente, une durée d'inondation se chiffrant en jours, voire en semaines, et une décrue progressive. A l'opposé, le Thouet et la Gartempe présentent des crues soudaines et de courte durée. La situation de la Vienne est intermédiaire et influencée par les barrages.
Les crues des cours d'eau ont pour conséquences les inondations, principal risque naturel auquel est soumise la région Poitou-Charentes.
En Poitou-Charentes, du fait de l'augmentation des prélèvements ces vingt dernières années, principalement par l'agriculture, les débits des cours d'eau l'été sont de plus en plus faibles, et ce pendant des périodes de plus en plus longues. Les assecs sont également liés aux divers épisodes climatiques. Alors que les assecs historiques semblent s'aggraver, des assecs nouveaux apparaissent sur certains bassins versants, mettant en péril la vie aquatique et limitant beaucoup les apports d'eau douce dans la zone littorale.
L'état des assecs est décrit par les brigades du Conseil Supérieur de la Pêche : écoulement perceptible, rupture d'écoulement et assèchement. Ces deux derniers dysfonctionnements représentent l'absence d'écoulement. Les assecs sont suivis depuis une dizaine d'année durant la période de juin à septembre, par des campagnes de reconnaissance de terrain.
Ainsi, de 1990 à 2003, le bassin de la Sèvre Niortaise présente de manière récurrente une absence d'écoulement, ainsi qu'à moindre échelle le bassin Charente – Dronne – Seudre. La fréquence d'écoulement de l'ensemble Argenton – Thouet – Dive du nord est moyenne, celle du bassin de la Vienne est la moins fréquente. Face à ce phénomène, le département de Charente-Maritime est le plus sensible, suivi des Deux-sèvres. Le département de Charente présente une récurrence moyenne, alors que la Vienne est le département où le phénomène d'absence d'écoulement est le moins fréquent.
En 2003, le déficit pluviométrique et les températures élevées ont entraîné de nombreux assecs sur les cours d'eau en Poitou-Charentes.
Etat des cours d'eau en juin 2003.
Etat des cours d'eau en juillet 2003.
Etat des cours d'eau en août 2003.
La recharge des nappes souterraines a essentiellement lieu en hiver, les précipitations de printemps et d'été étant pour la plus grande partie utilisées par le couvert végétal.
Les nappes libres (définition de nappe libre) se rechargent assez rapidement à chaque épisode pluvieux. Ainsi, les épisodes pluvieux et la remontée des niveaux sont détectables sur la courbe piézométrique. La réalimentation des nappes intervient juste après la saturation des sols en eau, par infiltration directe des eaux de pluies au niveau des zones d'affleurement.
La recharge d'un aquifère captif comme le Turonien et l'Infratoarcien est par contre beaucoup plus lente. Les épisodes pluvieux sont imperceptibles sur la courbe piézométrique.
Pour l'ensemble des aquifères de Poitou-Charentes, l'année 2003 a été caractérisée par une faible recharge par rapport à l'historique des mesures existantes de 1992 à 2002. Les nappes d'eau souterraine présentent dans leur grande majorité des taux de remplissage assez médiocre.
Les niveaux piézométriques moyens enregistrés en 2003 se sont avérés dans l'ensemble inférieurs à la moyenne interannuelle calculée sur la totalité des mesures antérieures (cf. graphe).
Enfin, le graphique ci-contre situe l'année 2003 par rapport aux quatre années antérieures (1999, 2000, 2001 et 2002) : les niveaux piézométriques moyens en 2003 ont été en majorité inférieurs aux niveaux moyens inter-annuels calculés sur l'ensemble des mesures.
De même le graphique ci-dessous compare les indices (taux de remplissage) des cinq dernières années. L'année 2003 se situe en année à faibles taux de remplissage des nappes, par rapport aux trois années antérieures 1999, 2000 et 2001. Par contre, la situation de l'année 2003 est très proche de celle observée en 2002.
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