L'eau, au contact des terrains qu'elle rencontre, se charge en divers éléments qui vont influer sur sa qualité. Certains de ces éléments sont présents naturellement dans le sol, et vont définir la qualité « naturelle » de l'eau brute. Ainsi l'eau à l'état naturel peut contenir :
D'autres éléments sont d'origine anthropique. La qualité des eaux continentales est dépendante d'un certain nombre de paramètres, dont la quantité en présence (concentration en éléments traces) va définir l'état de la qualité de l'eau.
La Directive Cadre sur l'Eau ( Directive 2000/60/CE du 23 octobre 2000 ) fixe, entre autres, un objectif de « bon état » des milieux aquatiques à l'horizon 2015, apprécié sur des critères écologiques, chimiques et quantitatifs, et correspondant à une qualité des milieux permettant la plus large panoplie d'usages possibles.
Texte en cours de réalisation.
Les rivières peuvent être décrites par une grande quantité de paramètres : la température de l'eau, la composition chimique, le débit, la flore et la faune des rives, de la rivière et de son fond par exemple. Dans une rivière en bon état, les valeurs de ces paramètres sont proches des conditions naturelles, qui dépendent de la géologie, du relief, du climat et donc de la région concernée.
Dans le but d'harmoniser les méthodes d'exploitation des analyses de l'eau, le Ministère de l'Environnement ( MEDD ) et les Agences de l'eau (Agence de l’Eau Adour-Garonne et Agence de l’Eau Loire-Bretagne ) ont mis en place la méthode SEQ (Système d'Evaluation de la Qualité).
Le SEQ Eau de surface indique des classes d'aptitude de l'eau selon certains usages tels le maintien des équilibres biologiques, la production d'eau potable, les loisirs et sports aquatiques, l'aquaculture, l'abreuvage des animaux et l'irrigation.
Le SEQ Eau n'évalue pas l'état des eaux tel que le définit la Directive Cadre sur l'Eau (écologique et chimique). Cependant il est utilisé dans l'attente de nouveaux outils d'évaluation.
Sur les cours d'eau, l'accent a longtemps été mis sur la surveillance de la qualité physico-chimique, pour mettre en évidence des pollutions.
La qualité des eaux superficielles est définie suivant son altération par :
Le bon état fonctionnel d'un cours d'eau n'est pas seulement caractérisé par ses paramètres physico-chimiques. Ainsi la qualité biologique est au centre des objectifs de la Directive Cadre sur l'Eau. En effet, les variétés d'espèces floristiques et faunistiques présentes dans le milieu, caractéristiques de la richesse spécifique d'un site, peuvent être utilisées comme indicateur de son bon fonctionnement.
Trois indices permettent de définir la qualité biologique des eaux superficielles :
Sigore - Réseau qualité RNB Adour Garonne
La rivière Vienne est de qualité moyenne pour les matières organiques et oxydables (MOOX) à l'entrée du département, de par l'impact de rejets industriels en amont. La Gartempe est plutôt de bonne qualité. En Deux-Sèvres, le Thouet est de qualité médiocre. La Sèvre Nantaise est de qualité moyenne, la Sèvre Niortaise est de bonne qualité.
Les eaux de la Charente et de ses affluents sont globalement de bonne qualité pour cette altération. Les exceptions concernent principalement les rivières des Eaux Claires (près d'Angoulême) et de la Légère (au sud des Deux-Sèvres). Pour cette dernière, la qualité médiocre est due à l'impact de rejets industriels. La Seudre, la Tude et la Lizonne sont de qualité moyenne pour les MOOX.
La Gartempe, la Vienne et le Clain sont de bonne qualité vis-à-vis des matières azotées et des matières phosphorées. Le Clain aval subit en 2002 l'impact de l'agglomération de Poitiers. Depuis, la réalisation d'une station d'épuration devrait permettre de régler ce problème. Le Thouet est de bonne qualité seulement vis-à-vis des matières azotées. La Sèvre Nantaise est de qualité moyenne pour l'ensemble. La Sèvre Niortaise est de bonne qualité en amont de l'agglomération de Niort.
Au sud de la région, la Seudre, la Tude et la Lizonne sont de bonne qualité pour les matières azotées et phosphorées. Les eaux de la Charente et de ses affluents sont globalement de bonne qualité pour ces deux altérations. Les exceptions concernent principalement les rivières des Eaux Claires et de la Légère (qualité mauvaise). Pour les matières phosphorées, les stations de Tonnay Charente, les Eaux Claires, le Pharon, la Seugne et la Boutonne en aval de la confluence avec la Légère sont de qualité moyenne.
Notons que l'ensemble du bassin de la Charente est classé en Zone sensible aux pollutions par l'azote et le phosphore en application de la directive de 1991 relative aux eaux usées urbaines ( Directive n°91/271/CEE du 21 mai 1991 ).
En 2002, la Charente et ses affluents, la Seudre, la Tude, la Lizonne, le Clain, la Vienne aval, le Thouet, la Sèvre Nantaise et la Sèvre Niortaise sont de qualité moyenne ou médiocre vis-à-vis des nitrates. Seules la Tardoire, la Gartempe et la Vienne avant sa confluence avec le Clain, sont de bonne qualité vis-à-vis des nitrates.
En 2002, concernant les produits phytosanitaires (pesticides), suite à des événements pluviométriques soutenus, des teneurs importantes et/ ou des déclassements en aptitude médiocre ou mauvaise ont été observés sur l'ensemble des cours d'eau de la région. La simazine, l'atrazine, le carbofuran et le diuron sont les principaux paramètres déclassant les cours d'eau.
Le contexte piscicole est une partie du réseau hydrographique dans laquelle une population de poissons fonctionne de façon autonome, en y réalisant les différente phases de son cycle vital. Le contexte est établi pour une espèce indicatrice, caractéristique d'un peuplement, et présentant une bonne éco-sensibilité. Sont retenues en fonction de ces critères :
Selon les possibilité de réalisation des fonctions vitales de l'espèce indicatrice, les fonctionnalités seront considérées comme :
En 2003 durant la période d'étiage, le Conseil Supérieur de la Pêche a observé des cours d'eau très dégradés avec des proliférations d'algues et de nombreuses mortalités piscicoles.
Le Système d'Evaluation de la Qualité (SEQ) Eau souterraine Dans le but d'harmoniser les méthodes d'exploitation des analyses de l'eau, le Ministère de l'Environnement ( MEDD ) et les Agences de l'eau (Agence de l’Eau Adour-Garonne et Agence de l’Eau Loire-Bretagne ) ont mis en place la méthode SEQ (Système d'Evaluation de la Qualité). Le SEQ Eau souterraine indique des classes d'aptitude de l'eau selon certains usages tels l'alimentation en eau potable et l'utilisation en agro-alimentaire, les industries hors agro-alimentaire, l'énergie (pompe à chaleur, climatisation), l'irrigation et l'abreuvage.
Les paramètres surveillés portent sur la qualité physico chimique, les nitrates, la bactériologie et sur les produits phytosanitaires. Ainsi les analyses portent sur des mesures in situ (pH, température, conductivité, alcalinité, oxygène dissous, potentiel d'oxydo-réduction), des analyses chimiques (principaux anions et cations, et métaux tels que l'argent, l'arsenic, le bore, le baryum, le nickel) et des micro-polluants organiques.
Issus de la dégradation de l'azote contenu dans les matières organiques, les nitrates sont naturellement présents mais en faible quantité dans les sols. Ils constituent à ce jour le paramètre indicateur d'une dégradation des ressources en eau (source : DRASS /DDASS).
La liste des substances recherchées est établie en fonction des pratiques des utilisateurs de produits phytosanitaires (agricoles ou non agricoles) et en fonction des possibilités analytiques des laboratoires. Ainsi, environ 70 substances actives sont recherchées à chaque prélèvement.
Les produits phytosanitaires proviennent des activités humaines, essentiellement du traitement des cultures, mais aussi le désherbage des routes, des voies ferrées, des jardins etc.
Les eaux situées à faible profondeur sont les plus vulnérables à la pollution bactériologique. Les contaminations par pollutions bactériennes sont généralement liées à l'environnement immédiat d'un captage, telle que la présence non-conforme de rejets d'eaux usées domestiques ou d'élevage.
Des paramètres « indésirables » sont présents naturellement dans certaines nappes profondes.
Ainsi, en Poitou-Charentes, le fluor est essentiellement présent dans les eaux de l'Infra-Toarcien, et en proportion moindre dans les sables du Cénomanien du nord de la Vienne, et dans les eaux de l'Oxfordien.
Le sélénium est principalement retrouvé dans les aquifères de la Vienne. Généralement, les fortes concentrations naturelles de sélénium se rencontrent dans les aquifères en relation avec les dépôts continentaux, fluviatiles, des altérites et des dépôts détritiques issus du démantèlement des massifs granitiques.
L'arsenic a été retrouvé en 2002 dans le sud de la Vienne.
D'une manière générale, en région Poitou-Charentes, depuis le début des années 1970, la dégradation de la qualité des eaux brutes souterraines est continue et régulière, due à une augmentation de la contamination par les nitrates notamment. La teneur en nitrates des eaux brutes souterraines croît en moyenne de 1 à 2 mg/l/an depuis vingt-cinq ans, principalement dans les nappes libres, avec de fortes variations selon les secteurs. En 2001, la teneur de 50mg/l (seuil de potabilité) est dépassée pour 25% de la ressource dans le département de la Vienne et de plus de 50 % dans les Deux-Sèvres. Le seuil des 100 mg/l est parfois atteint, entraînant la fermeture des captages d'alimentation en eau potable.
Les résultats du réseau patrimonial régional montrent que les concentrations en nitrates mesurées en 2002 sont relativement constantes dans l'année, quelque soit l'aquifère. Les teneurs les plus importantes sont relevées dans le Jurassique moyen et supérieur. Environ 20% des prélèvements du réseau régional présentent des teneurs supérieures à la norme de potabilité de 50 mg/l.
Les valeurs en 2002 sont faibles ou nulles en général dans les nappes captives. Localement des teneurs plus importantes peuvent être observées, vraisemblablement dues à des communications entre des nappes libres et des nappes captives (forages mal isolés, communication naturelle).
Les ouvrages qui captent les eaux de faible profondeur sont les plus vulnérables à la pollution bactériologique. Cependant, le nombre d'analyses bactériologiques non conformes sur les eaux brutes souterraines reste faible.
Une réelle pollution par les produits phytosanitaires persiste sur les eaux souterraines : actuellement les données disponibles permettent d'indiquer que plusieurs matières actives se trouvent dans les eaux, régulièrement ou occasionnellement, en fonction des conditions d'application et des caractéristiques hydrogéologiques. C'est le cas notamment des nappes du Jurassique, qui apparaissent comme les plus vulnérables.
En 2002, les produits phytosanitaires engendrant une dégradation de la qualité des eaux souterraines, notamment pour la consommation humaine, sont essentiellement l'atrazine et l'atrazine déséthyl qui sont rémanentes dans le sol et transférées vers les eaux souterraines toute l'année. D'autres substances comme le diuron, la simazine, l'isoproturon, … peuvent également provoquer une dégradation. (souce : GRAP)
Près de la moitié des points observés sur le réseau régional (45 sur 96) font l'objet d'un dépassement de seuil de potabilité (0,1µg/l/substance et/ou 0,5µ/l pour l'ensemble des substances) en 2001 et/ou 2002.
Les teneurs les plus élevées se répartissent essentiellement dans les départements de la Charente et de la Charente-Maritime et au Sud du département de la Vienne.
L'eau du robinet doit répondre à des critères de qualité stricts, qui avaient été définis par le Ministère de la Santé dans le Décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001 , en application de la Directive du Conseil de l'Union européenne n° 98/83/CE du 3 novembre 1998. Suite à l'abrogation de ce décret, ses dispositions sont désormais codifiées dans la partie réglementaire du Code de la Santé publique . Un double contrôle est effectué : par le service des eaux (surveillance), c'est-à-dire l'exploitant du service d'adduction d'eau, et par la DDASS (suivi sanitaire réglementaire).
La qualité bactériologique de l'eau distribuée s'est améliorée de manière considérable depuis 1986. En 2003, seul 2,70 % de la population a été approvisionné par une eau non-conforme.
En 2003, 2 % de la population (32 801 habitants) a reçu une eau contenant en moyenne plus de 50 mg/l de nitrates, et 11 % (180 407 habitants) une eau contenant plus de 40 mg/l de nitrates. Même si la situation s'est légèrement améliorée depuis 1998, elle reste préoccupante, car dépendante de la qualité des eaux brutes. Les limites de qualité des eaux brutes destinées à être utilisées pour la production d'eau potable sont :
En 2001, le pourcentage de population pouvant recevoir des eaux contenant plus de 50 mg/l en pointe de nitrates a diminué globalement de 39% depuis 1998. Cette baisse concerne plus particulièrement les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne. La situation a peu évolué depuis 2001.
En application du principe de précaution, la réglementation fixe des valeurs très basses de limite de qualité dans les eaux de distribution : 0,1µg/l par produit phytosanitaire, et 0,5 µg/l pour le total des substances mesurées. En raison de l'historique récent des données, la situation est difficile à apprécier. En 2003, un peu moins de 18% de la population (24% en 2001) a été concernée par des dépassements de limites de qualité principalement en triazines, métolachlore et chlortoluron. Deux interdictions de consommation ont dû être prononcées sur des unités de distribution, en Charente et en Deux-Sèvres.
La valeur limite pour la turbidité est de 2 NTU. En 2000, seuls 1,7% de la population desservie en Poitou-charentes l'a été par une turbidité supérieure à 2 NTU. En 2001, 3% des usagers ont consommé une eau non-conforme, en particulier en Charente-Maritime, où deux réseaux importants sont alimentés par un karst. En 2003, ce chiffre est de 0,8% : l'amélioration de la qualité par rapport à 2001 est sans doute liée aux conditions météorologiques favorables observées en 2003.
Le plomb présent dans l'eau du robinet provient des canalisations. Sa présence a été relevée sur certains réseaux publics à de faibles teneurs (limite en vigueur : 50 µg/l en 2003, 25 µg/l en 2004 puis 10 µg/l en 2014).
La dureté dépend de la nature géologique des sols traversés par l'eau. N'ayant pas d'incidence sur la santé, elle ne fait pas l'objet de normes. En Poitou-Charentes les eaux sont généralement de dureté moyenne ou dure (sols calcaires ou crayeux).
En 2003, moins de 1% de la population a été desservi par une eau dépassant la norme de 1 500 µg/l du fluor. Toute la population concernée se situe dans la Vienne. Ces dépassements sont dus à la mise en service de captages dans l'Infra Toarcien.
En 2001, aucun dépassement de la limite de qualité de 50 µg/l d'arsenic n'a été observé. En 2004, la limite de qualité passe à 10 µ/l.
En 2001, dans la Vienne et en Charente-Maritime, les teneurs moyennes de sélénium ont dépassé leur norme (10 µg/l).
Lien avec une autre thématique du T.B.E.
Pour aller plus loin