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Eaux continentales

Etat - Aspects qualitatifs des eaux continentales.

Date de dernière mise à jour : 15/05/2007

Nota : les réseaux de mesures permettant de définir l'état des eaux continentales sont présentés dans la partie Réponses, en tant qu'outils de connaissance

L'eau, au contact des terrains qu'elle rencontre, se charge en divers éléments qui vont influer sur sa qualité. Certains de ces éléments sont présents naturellement dans le sol, et vont définir la qualité « naturelle » de l'eau brute. Ainsi l'eau à l'état naturel peut contenir :

  • des matières organiques,
  • des matières dissoutes provenant des terrains traversés (calcium, magnésium, sodium, potassium, bicarbonates, sulfates, chlorures, métaux lourds, …),
  • des particules en suspension.

D'autres éléments sont d'origine anthropique. La qualité des eaux continentales est dépendante d'un certain nombre de paramètres, dont la quantité en présence (concentration en éléments traces) va définir l'état de la qualité de l'eau.

La Directive Cadre sur l'Eau ( Directive 2000/60/CE du 23 octobre 2000 ) fixe, entre autres, un objectif de « bon état » des milieux aquatiques à l'horizon 2015, apprécié sur des critères écologiques, chimiques et quantitatifs, et correspondant à une qualité des milieux permettant la plus large panoplie d'usages possibles.

Etat des eaux superficielles

Les rivières peuvent être décrites par une grande quantité de paramètres : la température de l'eau, la composition chimique, le débit, la flore et la faune des rives, de la rivière et de son fond par exemple. Dans une rivière en bon état, les valeurs de ces paramètres sont proches des conditions naturelles, qui dépendent de la géologie, du relief, du climat et donc de la région concernée.

Le Système d’Evaluation de la Qualité (SEQ) Eau de surface

Dans le but d'harmoniser les méthodes d'exploitation des analyses de l'eau, le Ministère de l'Environnement ( MEDD ) et les Agences de l'eau (Agence de l’Eau Adour-Garonne et Agence de l’Eau Loire-Bretagne ) ont mis en place la méthode SEQ (Système d'Evaluation de la Qualité).

Le SEQ Eau de surface indique des classes d'aptitude de l'eau selon certains usages tels le maintien des équilibres biologiques, la production d'eau potable, les loisirs et sports aquatiques, l'aquaculture, l'abreuvage des animaux et l'irrigation.

Le SEQ Eau n'évalue pas l'état des eaux tel que le définit la Directive Cadre sur l'Eau (écologique et chimique). Cependant il est utilisé dans l'attente de nouveaux outils d'évaluation.

Les paramètres surveillés

Les paramètres physico-chimiques

Sur les cours d'eau, l'accent a longtemps été mis sur la surveillance de la qualité physico-chimique, pour mettre en évidence des pollutions.

La qualité des eaux superficielles est définie suivant son altération par :

  • les matières organiques et oxydables, qui proviennent des rejets domestiques et industriels et qui consomment l'oxygène des rivières,
  • les matières azotées (hors nitrates), qui proviennent des rejets domestiques et industriels,
  • les nitrates, provenant principalement des élevages et de l'agriculture,
  • les matières phosphorées, issues principalement des rejets domestiques mais aussi de certains élevages ou industries,

Les paramètres biologiques

Le bon état fonctionnel d'un cours d'eau n'est pas seulement caractérisé par ses paramètres physico-chimiques. Ainsi la qualité biologique est au centre des objectifs de la Directive Cadre sur l'Eau. En effet, les variétés d'espèces floristiques et faunistiques présentes dans le milieu, caractéristiques de la richesse spécifique d'un site, peuvent être utilisées comme indicateur de son bon fonctionnement.

Trois Indices permettent de définir la qualité biologique des eaux superficielles :

  • L'Indice Biologique Global Normalisé (IBGN). Il est basé sur la combinaison de deux types d'indicateurs : l'abondance des taxons polluosensibles et la diversité du peuplement d'invertébrés.
  • L'Indice Biologique Diatomées (IBD). Il est calculé à partir des peuplements d'algues microscopiques sensibles aux conditions environnementales.
  • L'Indice Poissons – Rivières (IPR). Il est établi à partir des peuplements piscicoles, en raison de la capacité qu'ils ont à intégrer la variabilité de leur environnement. La valeur de cet Indice est déterminée suivant la richesse spécifique (nombre d'espèces présentes), la densité et les caractéristiques écologiques des différentes espèces qui composent le peuplement (régime alimentaire, sensibilité, etc.).

La situation

Sigore - Réseau qualité RNB Adour Garonne

Les paramètres physico-chimiques

Tableau d'évolution de la qualité des eaux superficielles, de 1999 à 2005 en Poitou-Charentes (Réseau National de Bassin)

Evolution de la qualité des cours de Poitou-Charentes de 1999 à 2005
Evolution de la qualité des cours de Poitou-Charentes de 1999 à 2005
Concernant les matières organiques et oxydables :

En 2005, la majorité des stations de la région montrent une qualité bonne (Charente et ses affluents amont, Clain), ou moyenne (Vienne, Thouet, Sèvre Nantaise). La Seugne et le Né (affluents de la Charente) et la Seudre sont de qualité médiocre. Seules quelques stations sont de qualité mauvaise : elles se situent sur de très petits cours d'eau dont la Légère et les Eaux Claires (impacts industriels) et sur la Sèvre Niortaise, à l'aval de Niort et à l'embouchure.

Qualité des cours d’eau de Poitou-Charentes en 2005. Altération matières organiques et oxydables.
Qualité des cours d'eau de Poitou-Charentes en 2005. Altération matières organiques et oxydables.
Concernant les matières phosphorées et les matières azotées :

La grande majorité des stations est de bonne qualité pour ces altérations en 2005. Quelques stations indiquent une qualité mauvaise, en particulier la Sèvre Niortaise à l'aval de Niort, la Légère (affluent amont de la Boutonne) et les Eaux Claire (bassin de la Charente).

Qualité des cours d’eau de Poitou-Charentes en 2005. Altération matières phosphorées
Qualité des cours d'eau de Poitou-Charentes en 2005. Altération matières phosphorées
Qualité des cours d’eau de Poitou-Charentes en 2005. Altération matières azotées
Qualité des cours d'eau de Poitou-Charentes en 2005. Altération matières azotées
Concernant les nitrates :

En 2005, de nombreuses rivières de Poitou-Charentes sont de qualité médiocre. Seules quelques stations sont en classe « bonne », elles se situent à l'est de la région (Charente amont, axe Vienne jusque Chatellerault).

Qualité des cours d’eau de Poitou-Charentes en 2005. Altération Nitrates
Qualité des cours d'eau de Poitou-Charentes en 2005. Altération Nitrates
Concernant les produits phytosanitaires :

Les éléments d'analyse présentés ci-après sont extraits du rapport du GRAP, relatif aux résultats de la recherche de produits phytosanitaires dans les eaux superficielles de la région effectués de 1999 à 2005.

L'année 2005 confirme la dégradation des eaux superficielles par les produits phytosanitaires dans la région Poitou-Charentes. Bien que les conditions hydrologiques et climatiques en 2005 n'aient pas été favorables aux transferts des molécules vers les rivières et les nappes (pluviométrie très déficitaire), la diversité des molécules retrouvée dans les eaux superficielles reste importante : 41 molécules différentes ont été mises en évidence en 2005. Tous les cours d'eau suivis en région Poitou-Charentes présentent une contamination à des degrés divers. Sur la période 1999-2005 et sur l'ensemble des 46 stations suivies par le GRAP, 84 substances actives ou métabolites ont été quantifiés au moins une fois. La moitié d'entre elles a été retrouvée ponctuellement. Les transferts les plus importants (quantité et diversité des substances) sont observés à la suite des premières pluies suivant les traitements. A l'échelle régionale, on note une évolution significative de la qualité de l'eau depuis 2004. Elle est liée à 2 facteurs qui sont les aspects réglementaires (européens et français) et vraisemblablement les conditions hydrologiques. Depuis l'interdiction d'utilisation des triazines, elles sont détectées moins souvent. D'autres substances récemment interdites tendent également à disparaître : tébutane, oxadixyl. Le glyphosate et son métabolite (l'AMPA) sont détectés très fréquemment dans la majorité des cours d'eau et à toute époque de l'année. Le glyphosate, herbicide de plus en plus utilisé, reste à ce jour le plus vendu en région comparé aux autres substances actives, il est autorisé pour de nombreux usages agricoles et non agricoles. Utilisé à toute époque de l'année, il est de ce fait mis en évidence à l'occasion des différentes campagnes. Les substances utilisées pour le désherbage des cultures pérennes et des zones non agricoles, diuron et aminotriazole, sont retrouvés régulièrement. Le diuron est détecté sur de nombreux cours d'eau et pas uniquement ceux traversant des zones viticoles. Bien que cet herbicide soit essentiellement utilisé par les viticulteurs, le désherbage des zones non agricoles est à l'origine de transferts importants vers les eaux. Une enquête menée auprès d'environ 50 viticulteurs montre que le désherbage des parcelles viticoles est essentiellement réalisé avec le glyphosate. Ces dernières années, le diuron et la therbuthylazine ont été progressivment délaissés au profit du glyphosate. Des herbicides utilisés pour le désherbage du maïs (metolachlore, alachlore, diméthénamide, bentazone, acétochlore) sont rerouvés sur une majorité des cours d'eau au moment de leurs applications au printemps et disparaissent le reste de l'année Les substances actives de type sulfonylurées et tricétones utilisées pour le désherbage du maïs en post levée sont recherchées et ne sont pas retrouvées dans les eaux, leur dose maximale autorisée est faible. Malgré l'augmentation des ventes d'isoproturon et de chlortoluron, ces deux urées substituées utilisées pour le désherbage des céréales d'hiver ont été très peu détectées en 2004 et 2005 par rapport aux années précédentes. Ceci est vraisemblablement lié à l'absence de précipitations significatives en fin d'année.

Phytosanitaires dans les eaux superficielles de 1999 à 2005 (document GRAP)
Phytosanitaires dans les eaux superficielles de 1999 à 2005 (document GRAP)

L'analyse des résultats des six dernières années révèle des différences de qualité de l'eau en fonction des cours d'eau. La pression en produits phytosanitaires joue évidemment un rôle prépondérant (corrélation entre l'assolement sur le bassin amont de la Vienne et la qualité des eaux à Limoges et à Valdivienne) mais il apparaît également que les transferts de substances actives sont fortement influencés par la nature des sols et du sous-sol. Les rivières s'écoulant sur des formations peu perméables (Sèvre Nantaise, Thouet et Argenton sur socle ; Dive du Nord sur formations calcaires marneuses ; Ozon, cours amont du Né et de la Seugne sur recouvrements éocènes sablo-argileux) sont globalement plus dégradées que des cours d'eau comme le Clain, la Boutonne ou l'Aume. La Charente en amont d'Angoulême est moins dégradée que sur la partie aval et sur ses affluents (Antenne, Né, Seugne) s'écoulant à travers le vignoble de Cognac. La diversité des molécules retrouvées y est plus importante. Ceci est partiellement lié à la détection récurrente des triazines appliquées sur les parcelles viticoles (simazine, terbuthylazine et produits de dégradation).

Les paramètres biologiques

Le contexte piscicole est une partie du réseau hydrographique dans laquelle une population de poissons fonctionne de façon autonome, en y réalisant les différente phases de son cycle vital. Le contexte est établi pour une espèce indicatrice, caractéristique d'un peuplement, et présentant une bonne éco-sensibilité. Sont retenues en fonction de ces critères :

  • la truite fario pour le domaine salmonicole,
  • le brochet pour le domaine cyprinicole,
  • l'ombre ou les cyprinidés d'eaux vives pour le domaine intermédiaire.

Selon les possibilité de réalisation des fonctions vitales de l'espèce indicatrice, les fonctionnalités seront considérées comme :

  • conformes : le milieu autorise toutes les fonctions vitales,
  • perturbées : au moins une des fonctions vitales est perturbée,
  • dégradées : au moins une des fonctions est impossible, et sans apport extérieur l'espèce disparaît.

Les nombreux assecs et ruptures d'écoulements observés par le Conseil Supérieur de la Pêche au cours de ces 4 dernières, de 2003 à 2006, d'étaige sévère, ont pour conséquence une dégradation des cours d'eau avec un développement des phénomènes d'eutrophisation (phénomènes visibles par la prolifération significative d'algues et de plantes aquatiques) et de nombreuses mortalités piscicoles.

L’état des contextes piscicoles de Poitou-Charentes en 2003
L'état des contextes piscicoles de Poitou-Charentes en 2003

Etat des eaux souterraines

Le Système d'Evaluation de la Qualité (SEQ) Eau souterraine Dans le but d'harmoniser les méthodes d'exploitation des analyses de l'eau, le Ministère de l'Environnement ( MEDD ) et les Agences de l'eau (Agence de l’Eau Adour-Garonne et Agence de l’Eau Loire-Bretagne ) ont mis en place la méthode SEQ (Système d'Evaluation de la Qualité). Le SEQ Eau souterraine indique des classes d'aptitude de l'eau selon certains usages tels l'alimentation en eau potable et l'utilisation en agro-alimentaire, les industries hors agro-alimentaire, l'énergie (pompe à chaleur, climatisation), l'irrigation et l'abreuvage.

Les paramètres surveillés

Les paramètres surveillés portent sur la qualité physico chimique, les nitrates, la bactériologie et sur les produits phytosanitaires. Ainsi les analyses portent sur des mesures in situ (pH, température, conductivité, alcalinité, oxygène dissous, potentiel d'oxydo-réduction), des analyses chimiques (principaux anions et cations, et métaux tels que l'argent, l'arsenic, le bore, le baryum, le nickel) et des micro-Polluants organiques.

Les nitrates

Issus de la dégradation de l'Azote contenu dans les matières organiques, les nitrates sont naturellement présents mais en faible quantité dans les sols. Ils constituent à ce jour le paramètre indicateur d'une dégradation des ressources en eau (source : DRASS /DDASS).

Les produits phytosanitaires

La liste des substances recherchées est établie en fonction des pratiques des utilisateurs de produits phytosanitaires (agricoles ou non agricoles) et en fonction des possibilités analytiques des laboratoires. Ainsi, environ 70 substances actives sont recherchées à chaque prélèvement.

Les produits phytosanitaires proviennent des activités humaines, essentiellement du traitement des cultures, mais aussi le désherbage des routes, des voies ferrées, des jardins etc.

La bactériologie

Les eaux situées à faible profondeur sont les plus vulnérables à la pollution bactériologique. Les contaminations par pollutions bactériennes sont généralement liées à l'environnement immédiat d'un captage, telle que la présence non-conforme de rejets d'eaux usées domestiques ou d'élevage.

La situation

La qualité « naturelle » des eaux souterraines

Des paramètres « indésirables » sont présents naturellement dans certaines nappes profondes.

Ainsi, en Poitou-Charentes, le fluor est essentiellement présent dans les eaux de l'Infra-toarcien, et en proportion moindre dans les sables du Cénomanien du nord de la Vienne, et dans les eaux de l'Oxfordien.

Le sélénium est principalement retrouvé dans les aquifères de la Vienne. Généralement, les fortes concentrations naturelles de sélénium se rencontrent dans les aquifères en relation avec les dépôts continentaux, fluviatiles, des altérites et des dépôts Détritiques issus du démantèlement des massifs granitiques.

L'arsenic a été retrouvé en 2002 dans le sud de la Vienne.

La qualité de l'eau liée aux pollutions

D'une manière générale, en région Poitou-Charentes, depuis le début des années 1970, la dégradation de la qualité des eaux brutes souterraines est continue et régulière, due à une augmentation de la contamination par les nitrates notamment. Un réseau régional de suivi de la qualité des eaux souterraines a été mis en place depuis 2001. Les résultats de ce réseau ne permettent pas d'observer une évolution significative du taux de contamination par les nitrates sur ces 5 dernières années. Après une hausse généralisée des teneurs en nitrates sur la période 1980-1998, la tendance semble être à un ralentissement de la contamination des eaux souterraines. L'état est néanmoins globalement préoccupant en Poitou-Charentes, la plupart des aquifères étant affectés par des contaminations anthropiques avec souvent des teneurs mesurées supérieures aux normes de potabilité.

Evolution des teneurs en nitrates 2001-2005 dans les eaux souterraines de Poitou-Charentes (carte BRGM)
Evolution des teneurs en nitrates 2001-2005 dans les eaux souterraines de Poitou-Charentes (carte BRGM)

Le réseau régional a vocation à suivre globalement l'état des ressources en Eau souterraine de Poitou-Charentes. Parallèlement, des analyses sont réalisées sur les captages dédiés à la production d'eau potable. Dans ce cadre, les captages fermés, notamment pour cause de pollutions excessives, ne sont plus suivis après leur abandon. Depuis 15 ans, 33 ouvrages en Charente, près de 100 en Charente-Maritime, 21 en Deux-Sèvres et 30 en Vienne, ont dû être abandonnés pour des problèmes de qualité. Dans certains départements les eaux souterraines chargées en nitrates représentent une part importante du volume total produit. Parmi les captages destinés à l'alimentation en potable, dont la majorité concerne les eaux souterraines (98 % des ouvrages correspondant à 78% du volume produit), 13% capte une eau dont la concentration maximum en nitrates dépassent 50mg/l. D'une manière générale, si les teneurs en nitrates dans les nappes semblent s'être stabilisées, ce phénomène peut s'expliquer par l'absence de pluviométrie significative depuis 3 ans.

Teneurs maximales en nitrates dans les eaux brutes en 2005 en Poitou-Charentes :

(pourcentage exprimé en nombre d'ouvrages) Source : DRASS – DASS Poitou-Charentes.

Charente Charente-Maritime Deux-Sèvres Vienne Poitou-Charentes
% % % % Nombre de captages %
0 < NO3 = 25 mg/l 51 41 36 52 156 47
25 < NO3 = 40 mg/l 30 21 28 26 94 26
40 < NO3 = 50 mg/l 11 16 20 9 49 14
50 < NO3 = 100 mg/l 8 16 15 13 46 13

Les ouvrages qui captent les eaux de faible profondeur sont les plus vulnérables à la pollution bactériologique. Cependant, le nombre d'analyses bactériologiques non conformes sur les eaux brutes souterraines reste faible.

Une réelle pollution par les produits phytosanitaires persiste sur les eaux souterraines : Depuis le début du réseau en 2001, les tendances pluriannuelles sont plutôt marquées par une stabilité. La contamination reste majoritairement liée à la présence de triazines. La diminution des détections des triazines observées en 2004 ne se poursuit pas en 2005, excepté pour l'atrazine. De plus, les résultats 2005 confirment certaines disparités entre nappes :

  • Les nappes libres du crétacé supérieur en Charentes restent les plus contaminées. La dégradation est liée à la présence de l'atrazine et de l'atrazine déséthyl (produit de dégradation de l'atrazine), mais aussi à celles de désherbants utilisés sur la vigne (simazine, diuron, terbuthylazine et leurs produits de dégradation). D'autres molécules sont aussi retrouvées, plus localement et de manière temporaire, au moment des applications, sur les points les plus vulnérables.
  • Le Jurassique moyen ou Dogger est, dans une moindre mesure, contaminé par l'atrazine et l'atrazine déséthyl, et par des herbicides utilisés sur céréales d'hiver (isoproturon, chlortoluron).
  • Les nappes du Jurassique supérieur sont quant à elles peu dégradées et les nappes captives sont préservées (sauf si communication avec les eaux superficielles) ;
  • Le diuron est présent dans les nappes situées à l'aplomb des zones viticoles ou à l'aplomb de zones urbaines.
Evolution des teneurs en phytosanitaires 2001-2005 dans les eaux souterraines de Poitou-Charentes (carte BRGM)
Evolution des teneurs en phytosanitaires 2001-2005 dans les eaux souterraines de Poitou-Charentes (carte BRGM)

Etat des eaux distribuées

L'eau du robinet doit répondre à des critères de qualité stricts, qui avaient été définis par le Ministère de la Santé dans le Décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001 , en application de la Directive du Conseil de l'Union européenne n° 98/83/CE du 3 novembre 1998. Suite à l'abrogation de ce décret, ses dispositions sont désormais codifiées dans la partie réglementaire du Code de la Santé publique . Un double contrôle est effectué : par le service des eaux (surveillance), c'est-à-dire l'exploitant du service d'adduction d'eau, et par la DDASS (suivi sanitaire réglementaire).

La qualité bactériologique de l'eau distribuée s'est améliorée de manière considérable depuis 1986.

Evolution 1986 – 2005 de la qualité bactériologique de l'eau distribuée en Poitou-Charentes :

(en % de population desservie,* 10 < R = 33). Source : DRASS-DDASS Poitou-Charentes.

Qualité de l’eau satisfaisante Contamination bactériologique
R = 0 R < = 10 10 < R = 30 30 < R
1986 52,20 % 31,80 % 14,60 % 1,40 %
1998 65,00 % 32,20 % 2,70 % 0,10 %
2000 72,00 % 25,50 % 2,50 % 0 %
2001 76,10 % 21,20 % 2,70 % 0 %
2003 89,30 % 9,70% 1,00 % 0 %
2005 87,80 % 12,00 % 0,2 %*

En 2005, 1 % de la population (16 803 habitants) a reçu une eau contenant en moyenne plus de 50 mg/l de nitrates, et 4,4 % (72 417 habitants) une eau contenant plus de 40 mg/l de nitrates. Même si la situation s'est légèrement améliorée depuis 1998, elle reste préoccupante, car dépendante de la qualité des eaux brutes. Les limites de qualité des eaux brutes destinées à être utilisées pour la production d'eau potable sont :

  • 50 mg/l de nitrates pour les eaux superficielles,
  • 100 mg/l de nitrates pour les eaux souterraines.
  • Au-delà, une eau brute ne peut être utilisée pour l'eau potable.

En 2001, le pourcentage de population pouvant recevoir des eaux contenant plus de 50 mg/l en pointe de nitrates a diminué globalement de 39% depuis 1998. Cette baisse concerne plus particulièrement les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne. La situation a peu évolué depuis 2001 ; elle exige néanmoins une vigilance constante dans le suivi des ressources utilisées et dans la gestion des dispositifs de correction adoptés pour répondre aux exigences de qualité (source : DRASS 2006).

Evolution 1986 – 2005 de la teneur moyenne annuelle en nitrates sur l'eau distribuée en Poitou-Charentes (en % de population desservie). Source : DRASS-DDASS Poitou-Charentes.

0 < NO3 = 25 (mg/l) 25 < NO3 = 40 (mg/l) 40 < NO3 = 50 (mg/l) 50 < NO3 (mg/l)
1986 42,20 % 35,40 % 14,00 % 8,40 %
1998 45,70 % 38,60 % 12,40 % 3,30 %
2000 47,20 % 37,10 % 11,60 % 4,10 %
2001 50,50 % 39,20 % 7,60 % 2,70 %
2003 50,70 % 38,30% 9,00 % 2,00 %
2005 65,20 % 30,40 % 3,40 % 1,00 %

En application du principe de précaution, la réglementation fixe des valeurs très basses de limite de qualité dans les eaux de distribution : 0,1µg/l par produit phytosanitaire, et 0,5 µg/l pour le total des substances mesurées. En raison de l'historique récent des données, la situation est difficile à apprécier. En 2005, un peu moins de 12% de la population (24% en 2001 et 18% en 2003) a été concernée par des dépassements de limites de qualité principalement en triazines, métolachlore et chlortoluron. Contrairement à l'année 2003, il n'y a pas eu en 2004 et 2005 de classement B2 conduisant à l'interdiction de consommation.

La valeur limite pour la turbidité est de 2 NFU. De plus, depuis le 25 décembre 2003, pour les eaux d'origine superficielles ou karstiques, la valeur de 1 NFU doit être respectée en sortie de traitement. Aucune unité de distribution ne délivre en 2005 une eau dont la turbidité moyenne est supérieure à 2 NFU (plus de 3 % en 2001 et 0,8 % en 2003). Une amélioration de la qualité est observée depuis 2003. Le pourcentage de population alimentée par une eau de turbidité inférieure à 0,5 NFU est en hausse : 60% en 2001, 82% en 2003, 85% en 2004 et 94 en 2005. Ce plhénomène est sans doute lié aux faibles pluviométries observées depuis 3 ans. (Source : DRASS 2006).

Le plomb présent dans l'eau du robinet provient des canalisations. Sa présence a été relevée sur certains réseaux publics à de faibles teneurs (limite en vigueur : 50 µg/l en 2003, 25 µg/l en 2004 puis 10 µg/l en 2014).

La dureté dépend de la nature géologique des sols traversés par l'eau. N'ayant pas d'incidence sur la santé, elle ne fait pas l'objet de normes. En Poitou-Charentes les eaux sont généralement de dureté moyenne ou dure (sols calcaires ou crayeux).

En 2005, seul 0,2% de la population a été desservi par une eau dépassant la norme de 1 500 µg/l du fluor. Toute la population concernée se situe dans la Vienne. Ces dépassements sont dus à la mise en service de captages dans l'Infra toarcien.

En 2001, aucun dépassement de la limite de qualité de 50 µg/l d'arsenic n'a été observé. En 2004, la limite de qualité passe à 10 µ/l.

En 2001, dans la Vienne et en Charente-Maritime, les teneurs moyennes de sélénium ont dépassé leur norme (10 µg/l).

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