L'agriculture est très présente en Poitou-Charentes où les Surface Agricole Utilisée (SAU) occupent 1,8 millions d'hectares, soit 69% de la surface régionale, contre un peu plus de la moitié en moyenne en France.
Depuis sa sédentarisation, l'Homme répond à ses besoins en façonnant le milieu par le biais de l'élevage et de l'agriculture qui se sont modernisés au fil du temps. Cependant, dès le milieu du XXème siècle, la mécanisation et l'utilisation de produits chimiques ont conduit à une intensification des pratiques agricoles, provoquant une modification en profondeur du sol.
Dans le but de simplifier les conditions d'exploitation et d'améliorer la production et l'utilisation de l'espace, l'application de la loi du 9 mars 1941 sur le Remembrement agricole a conduit à la modification du parcellaire en favorisant la réduction du morcellement par un regroupement des terres. Ainsi, depuis les années 50, la taille moyenne des exploitations a plus que doublé en France.
De plus, en réponse au développement de la monoculture spécialisée favorisée par la Politique Agricole Commune (PAC), mise en place en 1962, la composition de la SAU nationale a connu une évolution radicale durant ces trente dernières années.
De part le poids économique de son secteur agricole, le Poitou-Charentes est une des régions de France les plus marquées par le regroupement des exploitations : entre 1988 et 2000, le nombre d'exploitation a décru de 37% et la surface moyenne est passée de 32 à 50 ha (Agreste, Recensements agricoles).
En 2005, la surface moyenne des exploitations professionnelles s'élève à 86 hectares (Source Agreste,2006).
Le Poitou-Charentes est également une région très marquée par la mécanisation et par le développement de la monoculture spécialisée aux dépens de la Polyculture : jusqu'en 1988, la région se distinguait par une forte présence des exploitations mixtes (Polyculture et Polyculture-élevage) alors qu'en 2000, près des deux tiers des exploitations appartiennent à un système de production unique (Agreste, Recensements agricoles).
Entre 2000 et 2005, plus d'une exploitation de Polyculture ou Polyculture élevage, ou mixte sur 5 ont disparu (Source : Agreste,2006).
Le secteur agricole le plus développé est celui des Grandes cultures : la surface cultivée en céréales (principalement blé et maïs grain) et oléo-Protéagineux couvre plus de la moitié de la SAU régionale en 2003.
En 2005, les Grandes cultures couvrent près de 40 000 hectares. (Source : Agreste,2006).
On constate donc, que même si entre les recensements de 1970 et 2000, la surface totale des exploitations agricoles est restée quasiment inchangée en Poitou-Charentes, la composition de la SAU régionale a varié.
Les surfaces destinées aux fourrages ont diminué de plus de la moitié en 30 ans ; elles regroupent la Surface Toujours en Herbe (STH) incluant les prairies naturelles (dont alluviales), les prairies artificielles et temporaires, et les cultures fourragères (luzerne, trèfle, etc.).
Dans le secteur agricole, les surfaces cultivées en blé tendre augmentent de 4 % en 2005 pour atteindre 399 000 ha (Source : Institut National de la Statistique et des Études Économiques, Poitou-Charentes, 2005).
Autre culture ayant connu une expansion toute particulière ces dernières années : le melon. En 2002 la production régionale s'étend sur près de 4 500 ha et correspond à 24% de la production nationale.
Au cours de la campagne légumière 2004-2005 près du tiers de la superficie française en melon est située en Poitou-Charentes. 77 000 tonnes sont produites en Poitou-Charentes. 77 000 tonnes sont produites en Poitou- Charentes dont 80 % entre les Deux-Sèvres et la Vienne.
| France métropolitaine | Charente Maritime | Deux-Sèvres | Vienne | Ensemble des 3 départements % de la France | |
| nombre d’exploitation | 3680 | 110 | 22 | 44 | 5 % |
| superficie (ha) | 12 655 | 725 | 2160 | 1210 | 32 % % |
| production totale (en tonne) | 260 000 | 14 270 | 40 770 | 21 650 | 29 % |
| % de la production vendue | 93 % | 91 % | 85 % | 97 % | 28 % |
(Source : AGRESTE-Enquête légumes 2005).
L'élevage hors-sol, principalement de gros bétail, s'est également développé dans la région avec recours aux plantes fourragères et aux aliments composés, et remplacement de l'herbe par le maïs dans les rations animales.
En de nombreux endroits, l'agriculture intensive a remplacé les pratiques pastorales ancestrales avec l'abandon du fauchage, la prolongation du pâturage, le retournement fréquent des prairies pour la mise en culture intensive : dans l'ancien système de Polyculture élevage, les déjections des animaux, mélangées à la paille et fermentées fournissaient, sous forme de fumier, l'essentiel de la fertilisation. La diversité des cultures et les assolements, où la luzerne jouait un rôle important, contribuait à maintenir la fertilité des sols. Aujourd'hui la spécialisation entraîne le retour fréquent de la même culture sur le même sol.
Le souci d'accroissement de la productivité a également conduit à l'utilisation de produits chimiques tels :
D'après les mesures effectuées par le CITEPA, les activités agricoles sont les principaux émetteurs d'ammoniac (NH3) dans l'air.
Elles sont aussi les principales sources de nitrates (NO3), de produits phytosanitaires et de fertilisant présents dans l'eau.
Les végétaux ont besoin d'eau pour leur croissance et leur reproduction. Ces apports en eau peuvent être naturels (eaux de pluie, de ruissellement, inondations, etc.) ou artificiels, c'est-à-dire amenés volontairement par l'homme pour palier l'insuffisance des apports naturels : on parle alors d'irrigation.
Les besoins en eau varient suivant les espèces et le stade de développement. Les besoins en irrigation dépendent principalement des facteurs environnementaux (climat, relief, pédologie), du choix des cultures plus ou moins adaptées au climat local, et du rendement visé.
En Poitou-Charentes, les besoins en eau d'irrigation d'une culture peuvent être de l'ordre de 800 m3/ha/an pour des prairies à 2 500 m3/ha/an pour du maïs. Cela représente environ entre 7 et 21 fois plus que la consommation annuelle d'une famille de 4 personnes, estimée en moyenne, au niveau national, à 120 m3/an/famille.
Si l'on étudie l'évolution des prélèvements d'eaux au cours de ces vingt dernières années en Poitou-Charentes, on constate qu'ils ont nettement augmenté, principalement pour l'agriculture. Ainsi on a pu constater que les débits des cours d'eau l'été sont de plus en plus faibles, et ce, pendant des périodes de plus en plus longues, et que les assecs historiques s'aggravent tandis que des assecs nouveaux apparaissent sur certains bassins versants.
Les marais littoraux ont été façonnés à partir du XIIième siècle par l'activité salicole, puis ils ont été valorisés pour la production d'huîtres, de moules et de Poissons.
Depuis les années 80, l'activité salicole redémarre par endroit avec 80 sauniers sur l'Ile de Ré qui valorisent plus de 350 ha de marais (FMA, 2004). L'activité s'organise au sein d'une coopérative qui promeut la qualité de la production et le respect de l'environnement. Quelques Salines fonctionnent à nouveau sur Oléron, en Seudre et sur l'île d'Aix.
L'ostréiculture utilise plus de 2200 ha de Claires pour l'affinage, le stockage, le verdissement, la pousse en Claires et le prégrossissement. Les démarches qualité mises en œuvre sous l'impulsion de la Section Régionale Conchylicole (SRC) de Poitou-Charentes, conduisent à la restauration et l'utilisation de Claires de marais. Environ 800 entreprises ostréicoles de Poitou-Charentes pratiquent l'affinage des huîtres en marais. Une trentaine pratique également en marais l'élevage extensif de crevettes impériales (FMA, 2004).La Charente-Maritime dénombre également plus de 200 exploitations d'élevage de moules (Agreste, premier recensement Conchylicole, 2001).
Les coquillages sont inféodés à l'eau de mer et se nourrissent en filtrant les minéraux et le phytoPlancton qui y sont présents. Ces besoins nutritifs imposent des critères de qualité pour l'eau des zones Conchylicoles. La conchyliculture dépend ainsi de la qualité des eaux douces d'origines continentales (dont les eaux usées) et des eaux pluviales qui arrivent dans le milieu. L'activité Conchylicole est également liée aux quantités d'eau douce parvenant au littoral : ces eaux vont influer sur les paramètres physiques du milieu (salinité, température, etc.) qui sont des éléments déterminants pour le développement et la reproduction des coquillages, et pour la qualité sanitaires des produits.
Même si Poitou-Charentes est une région peu industrialisée, certains secteurs sont bien représentés : les industries agroalimentaires (IAA) représentent 33 % de l'industrie de la région. La métallurgie et la transformation des métaux possèdent le plus grand nombre d'établissements. Historiquement, les industries du bois et du papier marquent aussi le paysage industriel régional.
Sur le plan de l'occupation de l'espace, les installations industrielles et les infrastructures associées sont comptabilisés dans les espaces artificialisés.
La nature et la quantité de substances produites par les activités industrielles et rejetées dans le milieu varient en fonction du type d'industrie. Certaines substances résiduelles sont émises dans l'air, alors que d'autres se retrouvent dans les milieux aquatiques et marins via les eaux usées industrielles. En effet, même si les principaux établissements industriels se sont dotés de stations d'épuration spécifiques, une part importante des rejets correspond à des rejets directs dans le milieu. Certains composés peuvent également transiter dans les sols, par retombée des molécules présentes dans l'atmosphère entraînées par la pluie.
D'après le CITEPA, les activités industrielles arrivent en seconde position en terme d'émissions dans l'air de SO2, mais aussi de COVNM principalement occasionnées par les imprimeries et les industries du Cognac.
Les eaux usées des industries peuvent contenir des matières organiques, azotées ou phosphorées, des produits toxiques, des solvants, des métaux lourds, des micropolluants organiques et des hydrocarbures.
Les industries à l'origine des rejets les plus importants entrent dans le cadre législatif des Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE). Les seuils de rejet imposés aux industriels sont alors fixés par un arrêté préfectoral d'autorisation d'exploiter qui définit les prescriptions réglementaires à respecter afin de satisfaire aux objectifs de gestion équilibrée de la ressource et de préservation des milieux aquatiques.
Les industries à l'origine des rejets les plus importants dans les eaux résiduaires (cadmium, plomb, mercure, cuivre, zinc et Azote) sont les industries de chimie, les IAA, la papeterie, la fabrication de piles et accumulateurs, etc.)
Les industries engendrent également des Déchets industriels banals (DIB ) et Déchets industriels spéciaux (DIS). D'après l' ADEME (2002) et la DRIRE (2001), la production de ces déchets n'a cessé d'augmenter en Poitou-Charentes ces dernières années. Les industries constituent ainsi la principale source de production de ces déchets toxiques pouvant contenir du mercure, de l'ammoniac, du plomb, du cadmium, des solvants, des métaux lourds, des COV, etc.).
Le traitement des déchets aboutit à leur transformation sous une forme moins nocive. Mais dans certains cas, le produit transformé ou l'activité de transformation peut aussi engendrer des rejets de produits chimiques : fumées d'incinération, rejets liquides issus de la transformation des déchets, etc.
Notons qu'il existe une catégorie particulière de DIS : les déchets radioactifs. En effet, certaines industries utilisent des matières radioactives et constituent des producteurs de déchets radioactifs qui vont devoir être stockés ou enfouis. En Poitou-Charentes, la décharge du Port de la Pallice est le principal lieu de stockage de ces déchets.
Les rejets liquides radioactifs de Civaux contiennent des gaz de fission dissous (xénon, krypton, iode), des produits de fission solides (césium, lanthane, strontium) et des produits d'activation (cobalt, manganèse, antimoine).
En Poitou-Charentes, les zones artificialisées (revêtues ou non : bâtiments, parkings, routes, jardin d'agrément, chantiers, décharges, cimetières, etc.) occupent environ 10% de la surface régionale.
Globalement, le Poitou-Charentes compte assez peu d'autoroutes (3% du réseau national) mais présente un maillage important de routes et de chemins de fer (INSEE, 2002-2003). La région est également dotée de trois zones portuaires et de cinq aéroports.
Le transport et la distribution de l'électricité nécessitent également d'importantes infrastructures du type lignes Haute Tension (HT) et lignes Très Haute Tension (THT).
Le réseau hydrographique picto-charentais, qui couvre environ 17 000 km, a été largement aménagé au cours des siècles pour différents usages : barrages, canalisation, endiguement, etc., et ouvrages hydroélectriques et nucléaires (les cours d'eau sont utilisés comme vecteur de chaleur ou pour le refroidissement).
Le territoire du Poitou-Charentes s'avère donc sensiblement morcelé par les infrastructures linéaires de transport, les réseaux d'assainissement et de drainage, et les divers ouvrages.
Le Poitou-Charentes est une région où 39% des habitants vivent dans un espace à dominante rurale (contre 18 % en France). Cependant, la Population des unités urbaines croît aux dépens de celle des communes rurales : l'espace rural a perdu une part importante de sa Population entre 1960 et 1990, et actuellement, les régions dites "rurales isolées" continuent de perdre de la Population au profit des communes rurales sous influence urbaine, principalement autour des aires urbaines de Poitiers et La Rochelle. Les périphéries de ces deux dernières se sont donc développées et recueillent la plus forte évolution annuelle de Population.
De plus, depuis 1990, on assiste à une expansion importante de la façade maritime due à l'attraction touristique exercée par le littoral charentais.
Le développement des périphéries engendre la multiplication des aménagements périurbains : équipements de type industriel, développement des voies de communication, des infrastructures, des services de proximité et de loisir, etc.
Parallèlement au développement de l'urbanisation, le trafic global a augmenté et le parc automobile régional s'est accru de plus de 30% entre 1997 et 2001 pour les voitures, et les cars et autobus. Par voie de conséquence, on constate une hausse constante de la consommation d'énergie depuis 1990 ; la majeure partie de la consommation du « résidentiel-tertiaire » et des transports concerne des énergies fossiles non renouvelables : pétrole, gaz et charbon.
En Poitou-Charentes, le transport terrestre de marchandises se fait principalement par le mode routier (ORT, 2003) et augmente aussi constamment depuis 1994 (DAEI/SES/SITRAM, 2001).
Le trafic lié au transport de matières dangereuses au niveau régional est aussi en expansion, intensifiant ainsi le risque induit aux transports de ces dernières. Concernant le transport terrestre, les flux de matières dangereuses sont particulièrement importants au droit des agglomérations du Poitou-Charentes : la diminution des zones de stockage (principalement de carburants) est à l'origine de transports plus conséquents.
Notons que, d'après les calculs du CITEPA, 70% du CO émis dans l'air en Poitou-Charentes proviennent des transports routiers.
Au premier janvier 2007, Poitou-Charentes compte plus 1 722 000 habitants sur son territoire. La région bénéficie aujourd'hui d'un solde migratoire positif et fait partie des principales régions attractives françaises, principalement de part son littoral touristique et très peuplé.
Au même titre que les activités industriels et agricoles, la Population, par sa consommation et ses activités domestiques quotidiennes, constitue un producteur de déchets, d'eaux usées, de rejets atmosphériques, etc.
Ce que l'on appelle « déchets ménagers » regroupent les Ordures ménagères (OM) et les Encombrants. La tendance à la hausse de la production nationale de déchets ménagers se confirme en Poitou-Charentes : entre 1998 et 2000, une augmentation de 12% de la quantité de déchets ménagers a pu être enregistrée en région (Observatoire Régional des Déchets, 2001),
En 2006, le tonnage total de déchets ménagers et assimilés entrant sur les installations de la région est évalué à 1 526 305 tonnes soit une augmentation de 4.4 % par rapport à 2005 (Observatoire Régional des Déchets, 2006) engendrant une hausse des émissions liées aux traitements (tel le SO2 dans l'air).
Au niveau des activités quotidiennes, les transports et le chauffage des logements sont les premières sources d'émissions dans l'atmosphère de gaz à effet de serre et de substances toxiques (tels le CO et de le SO2). Les déplacements de particuliers du type « domicile - lieu de travail » sont les plus nombreux et sont en constante hausse au niveau du nombre de véhicules, mais aussi sur la longueur des trajets.
Les pratiques quotidiennes concernent également la ressource en eau : d'un point de vue quantitatif, l'eau destinée à l'usage domestique en Poitou-Charentes est principalement prélevée dans les nappes d'eau souterraines. Sur le plan qualitatif, l'utilisation domestique de l'eau génère des eaux usées, essentiellement porteuses de pollution organique (matières en suspension, matières organiques, matières azotées, phosphore, germes, etc.).
Outre les prélèvements en eau occasionnés par les arrosages, l'entretien des jardins particuliers peut occasionner, lors de traitements par des phytosanitaires ou de l'utilisation d'engrais, des diffusions de produits chimiques dans les sols et les eaux où ils se retrouvent en quantité non négligeable.
Le littoral charentais est très peuplé : la densité de Population de la Charente-Maritime, avec 81 hab/km2 dépasse largement celle des 3 autres département (57 hab/km2). L'attrait de la côte et des îles en est une des raisons.
C'est aussi une zone très touristique, et la Charente-Maritime est l'un des 5 départements français les plus fréquentés au cours de la période estivale : certaines communes voient leur Population multiplier par dix à cette saison.
Plus largement dans la région, les sports de pleine nature sont de plus en plus pratiqués, et de nombreux sites sont aménagés pour la randonnée, l'escalade, le canoë-kayak (sur la Charente, la Gartempe), la voile ou l'aviron (sur la côte), la baignade, etc.
Globalement, la surfréquentation de certains sites pousse à l'adaptation des ressources aux besoins, par exemple en développant l'urbanisation ou en augmentant les productions journalières d'eau potable.
Voir sur le T.B.E. les éléments de Contexte régional associés
Lien avec une autre thématique du T.B.E.