Région Poitou-Charentes
     
 

Patrimoine naturel

Généralités

Date de dernière mise à jour : 31/03/2010

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
Page de garde du Thème Patrimoine naturel de l'Environnement en Poitou-Charentes
Ouvrage de 251 pages
au format A4
disponible en version papier ou PDF.

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La thématique Patrimoine Naturel du Tableau de Bord de l'Environnement vise à présenter les milieux et la biodiversité en Poitou-Charentes selon le modèle « Pressions – Etat – Réponses » de l'OCDE.

La notion de patrimoine naturel désigne l'ensemble des richesses floristiques, faunistiques et paysagères d'un territoire.
Ce patrimoine est issu de millions d'années d'évolution. En effet, la vie est apparue sur terre il y a 3,8 milliards d'années. Elle présente une grande diversité. Environ 1,8 millions d'espèces sont actuellement inventoriées et une vingtaine d'espèces nouvelles sont décrites chaque année. Les estimations de la biodiversité vont de 3 à 30 millions d'espèces.
D'après les chercheurs, les espèces ont une durée de vie moyenne de 1 à 10 millions d'années. La création et l'extinction d'espèces sont considérées comme des phénomènes naturels qui assurent le renouvellement et la continuité de la vie. Cependant des actions d'origine anthropique, tels la destruction et la fragmentation des habitats, les prélèvements excessifs et l'introduction d'espèces allochtones, ont provoqué une augmentation du taux d'extinction qui ne permet plus le renouvellement des espèces et qui provoque une baisse de la biodiversité. Actuellement, on estime que le taux d'extinction des espèces est 1 000 à 10 000 fois supérieur à ce qu'il serait naturellement (IUCN, 2003).

La biodiversité constitue une richesse. Elle fournit la matière première de nos aliments, de nos habillements, de nos médicaments…Elle nous approvisionne en combustibles. Elle assure en permanence la protection des sols, la lutte contre l'érosion, l'épuration des eaux. Elle permet la pollinisation et la dispersion des graines… sans oublier son rôle culturel (esthétique, divertissement) et son rôle dans le maintien de l'hétérogénéité et de la qualité des paysages, qui témoignent d'un patrimoine.

On distingue deux types de biodiversité : la biodiversité « remarquable » et la biodiversité « ordinaire ».
On qualifie la biodiversité de « remarquable » quand elle correspond à des entités (des espèces, des habitats…) que la société a identifié comme ayant une valeur intrinsèque fondée sur la répartition et les spécificités écologiques de ces habitats ou espèces.
La notion de biodiversité remarquable n'est pas purement biologique : elle combine des critères écologiques (la rareté ou un rôle fonctionnel déterminant s'il s'agit d'espèces), sociologiques (le caractère patrimonial), économique (la prédominance de la valeur de non-usage), juridique (des aires bénéficiant d'un statut de protection, des espèces inscrites sur une liste officielle…). (Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes, avril 2009).
Et on qualifie la biodiversité d'« ordinaire » (ou commune) lorsqu'elle correspond à des entités (espèces ou habitats) qui n'ont pas de valeur intrinsèque mais qui, par leur abondance et par leurs multiples interactions, contribuent au fonctionnement des écosystèmes et à la production des services qu'y trouvent nos sociétés. (Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes, avril 2009).
Les espaces dits « ordinaires » sont des espaces qui n'abritent pas - a priori- d'espèces rares ou menacées.

Les mesures de gestion et de conservation concernent majoritairement les espèces et les milieux jugés remarquables. La valeur patrimoniale des milieux est déterminée localement par le recensement des espèces floristiques et faunistiques présentes considérées comme patrimoniales. Ces espèces sont souvent des vertébrés emblématiques. En effet, alors que ces derniers ne représentent que 1/100ème de la biodiversité animale en France, ils comptabilisent à eux seuls 60 % des espèces présentant un statut de protection ou de conservation (Ministère de l'Environnement, 1995). Ces disproportions entre vertébrés et invertébrés ne témoignent pas d'un meilleur état de santé des communautés d'invertébrés, mais plutôt de l'étendue de notre ignorance à leur égard.
C'est entre autre pour cela que la préservation de la biodiversité ne doit pas être seulement associée aux espèces rares, patrimoniales mais aussi à la biodiversité commune, censée être abondante et largement répartie, qui elle aussi subit les conséquences des pressions exercées.

De plus, la biodiversité ordinaire conditionne la survie des espèces patrimoniales. Par exemple l'Azuré des mouillères (Maculinea alcon) est un petit papillon de jour protégé et en fort déclin en France. Ce papillon pond ses œufs sur la gentiane pneumonanthe. La chenille est nourrie par des fourmis qui sont indispensables à son cycle vital.
Conserver la biodiversité, c'est garantir le fonctionnement équilibré des écosystèmes. Chaque espèce s'inscrit dans un ensemble et a un rôle à jouer. La disparition d'espèces ne peut qu'entraîner une simplification des écosystèmes, qui les fragilise ; car l'érosion de la biodiversité amène à un point de rupture par rapport à la capacité de résilience des milieux, c'est-à-dire leur capacité de s'adapter, de se reconstituer.
Les pollinisateurs tels que les abeilles voient leurs populations chuter. Le taux de mortalité des abeilles est élevé et devient inquiétant. Les nombreux produits chimiques utilisés, les parasites (notamment le varroa), la monoculture, le frelon asiatique sont autant de facteurs qui réduisent les populations d'abeilles. Pourtant 80 % des espèces végétales dépendent directement de la pollinisation par les insectes.

Aujourd'hui, au vu de l'érosion de la biodiversité, un dispositif de suivi de l'état de santé de la nature ordinaire à travers des groupes indicateurs de biodiversité (oiseaux, papillons, chauve-souris, et bientôt plantes et amphibiens), a été mis en place : le réseau Vigie Nature. Il est coordonné au niveau national et déployé au niveau régional. Il s'appuie sur les réseaux naturalistes volontaires et auquel le grand public peut participer comme c'est le cas pour l'Observatoire des Papillons de Jardins.

Les oiseaux communs, que nous avions l'habitude d'observer il y a quelques années sont également en régression. Comme le montre le programme de Suivi Temporel des oiseaux Communs coordonné par le Museum National d’Histoire Naturelle, les espèces communes se raréfient : en quinze ans, les populations d'oiseaux communs ont chuté de 10 % sur la période 1989-2004. Les effectifs des espèces septentrionales ont chuté de 20 %, ceux des espèces des milieux agricoles et des milieux forestiers ont respectivement reculé de 27 % et 18 %, alors que la tendance est stable pour les oiseaux généralistes et ceux des milieux bâtis. (L'environnement en France – Synthèse de l'IFEN. La biodiversité. Edition 2006.). Citons l'exemple des effectifs de l'hirondelle de fenêtre, qui ont chuté de 42 % de 1989 à 2008. Cet oiseau joue pourtant un rôle important dans l'équilibre des chaînes alimentaires et la régulation des populations d'insectes (Museum National d’Histoire Naturelle, 2002).

La région Poitou-Charentes est caractérisée par un patrimoine naturel d'une grande richesse et d'une grande diversité. Ceci est dû en grande partie à la multiplicité des habitats qui composent cette région. Poitou-Charentes rassemble une grande partie des contrastes qui dessinent la France : terres chaudes et froides, bocages et champs ouverts, terres d'élevage et terres de culture, côtes et arrière pays, îles et continent, vallées et plateaux… Ces différents espaces sont sources d'habitats pour une faune et une flore très diversifiées.

Cependant, ce patrimoine est aujourd'hui menacé par le développement des activités humaines qu'elles soient d'origines agricole, industrielle, aquacole, domestique, touristique ou liées à l'urbanisation et aux infrastructures. La préservation de la diversité des espèces vivantes représente un des grands enjeux environnementaux pour l'avenir. Dans cette perspective, plusieurs conférences et sommets internationaux ont été organisés pour promouvoir dans tous les pays un développement durable et respectueux de l'environnement. Et plusieurs mesures réglementaires ont été mises en place afin de protéger et gérer ce patrimoine naturel.

Ce document est découpé selon le modèle « Etat – Pressions – Réponses ».
La partie « Etat » présente dans un premier temps les différents milieux rencontrés à l'échelle de la région Poitou-Charentes. Dans un deuxième et troisième temps, elle s'intéresse de plus près à la flore et faune régionale. Une description générale est d'abord réalisée pour chacune des espèces puis ces espèces sont présentées en lien avec le contexte régional picto-charentais.
La partie « Pressions » traite des différents acteurs et des actions pouvant avoir un impact sur le patrimoine naturel en Poitou-Charentes. En effet, les usagers de la nature sont de plus en plus nombreux : agriculteurs, aquaculteurs, pêcheurs, chasseurs, forestiers, promoteurs, amateurs de sports et loisirs de nature, etc., et les milieux n'ont pas toujours la capacité de répondre à la demande. Le manque d'espace et de ressources biologiques (espèces) ou physiques (eau, sol, etc.) peut engendrer des concurrences et des conflits d'usages et d'intérêts parfois exacerbés. Au-delà de son enjeu environnemental, la gestion des milieux et des espèces a donc une portée sociale et politique forte et ne peut se faire qu'avec la collaboration et la coordination entre les usagers.
Enfin, la partie « Réponses » s'attache à fournir différentes clés permettant de suivre l'évolution de la biodiversité et de mieux gérer les différents problèmes pouvant affecter le patrimoine naturel. Dans un premier temps, sont décrits les différents inventaires mis en place à l'échelle nationale puis à l'échelle régionale. Et dans un deuxième temps, les moyens utilisés pour préserver et gérer les milieux et les espèces associées sont présentés (tels que les conventions internationales type Ramsar, Ospar ou Bern, les engagements européens ou les protections réglementaires françaises relatives aux espaces et aux espèces…).

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