Les côtes du littoral charentais bordent l'Océan Atlantique sur une façade de 440 km comprenant les côtes de Charente-Maritime, celles des îles de Ré, d'Oléron, d'Aix et Madame (soit 6% du littoral français). La présence des îles, des estuaires et des détroits confère à cet espace un caractère tout à fait emblématique et unique : les pertuis. Du nord vers le sud, successivement, se rencontrent :
Ces pertuis sont caractérisés par une production naturelle très élevée. Le mélange réduit avec les eaux marines du large est mis en évidence par une salinité moins élevée. Ceci permet le maintien, dans ces eaux côtières, de la production naturelle ; cette particularité explique le développement depuis près de trois siècles de la conchyliculture.
Outre la conchyliculture, la zone intertidale est également très fréquentée par la pêche à pied. La frange littorale côtière est exploitée par la pêche, la plaisance et les activités nautiques. La zone du large est exploitée par la pêche hauturière.
Ces activités de mer doivent en outre cohabiter dans l'espace littoral terrestre avec les activités touristique, industrielle et agricole d'une part, avec l'urbanisation d'autre part. A proximité immédiate de la mer (moins de 500 m), 25,5 % du sol est artificialisé. (source : Observatoire du littoral, 2000).
Ces activités, au travers les multiples fonctions et utilisations de la ressource en eau sont à l'origine de conflits d'usage.
Les eaux littorales sont en effet soumises à des pollutions croissantes :
- pollutions liées à des apports de polluants des activités implantées sur la bordure côtière (rejets des stations d'épuration, des industries) ou liées plus en amont à des apports de polluants par les cours d'eau (rejets industriels et agricoles) ;
- pollutions liées à des apports d'origine maritime tels ceux du trafic marchand, de pêche ou de plaisance (dégazages, hydrocarbures des moteurs, peintures, rejets en mer de déchets de consommation,…) et tels ceux d'éventuels naufrages ou accidents (marée noires, pertes de fûts contenant des produits dangereux,…).
Ces activités humaines influencent les caractéristiques physiques, chimiques et biologiques des écosystèmes marins et la qualité des eaux du littoral est localement préoccupante. Une mauvaise qualité de l'eau est alors, par exemple, un facteur perturbateur des activités touristique et conchylicole.
Le mélange eaux marines/eaux continentales des pertuis est déterminé, en volume, par le régime des marées et des vents et le débit des cours d'eau. La conchyliculture est souvent affectée par la faiblesse des apports d'eau douce lors des étiages, fortement accentués par les prélèvements des agriculteurs pour l'irrigation.
Dans ces situations conflictuelles, la dimension économique est très présente puisque, pour ces activités, l'eau remplit à la fois les fonctions de " service final " et celles de facteur de production. En fait, le terme consacré des « conflits d'usage de l'eau » recouvre des conflits d'intérêt. Les conséquences en terme environnemental n'en sont pas moins présentes.
Des efforts ont donc été faits ; qui se sont manifestés par des recommandations puis des directives contraignantes visant à limiter les sources de pollution ou à mieux gérer la ressource en fonction de sa disponibilité : limitation de la pollution agricole (pesticides, nitrates), traitement plus poussé des eaux usées urbaines et des effluents industriels, …gestion des prélèvements d'eau en période estivale…
Mais cette gestion sectorielle des différentes activités s'est avérée insuffisante et depuis plusieurs années s'est imposé le principe d'un processus visant à assurer une gestion concertée, coordonnée, entre les divers secteurs. On parle de gestion intégrée des zones côtières (GIZC), dont l'objectif est la mise en place d'une politique permettant de remédier à la dégradation progressive du milieu marin, en concertation avec toutes les parties prenantes de la zone. PERNETA J.C. & ELDER D.L. l'ont décrite comme étant « le processus consistant à combiner tous les aspects humains, physiques et biologiques de la zone côtière dans un cadre de gestion unique ».
L'aménagement intégré des zones côtières est par ailleurs mentionné au chapitre 17 de l'Agenda 21 : il se veut prendre en compte tous les paramètres terrestres (urbanisation, agriculture, assainissement des eaux, industries, infrastructures...) et marins (pêche, déballastage, protection des écosystèmes marins...) pour protéger le littoral sans nuire aux activités économiques, imposer des réglementations sans nuire aux populations locales, élaborer des programmes d'aide pilotés au niveau local.
La gestion intégrée des zones côtières se prévaut en fait d'appliquer les principes du développement durable aux territoires littoraux (REY-VALETTE H . & ROUSSEL S.).
Lien avec une autre thématique du T.B.E.
Voir sur le T.B.E. les éléments de Contexte régional associés
Pour aller plus loin