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Quelques espèces en Deux-Sèvres

Urodèles

Salamandre tachetée, Salamandra salamandra


Salamandres tachetées

Très facilement reconnaissable à la couleur de son dos : taches jaune sur fond noir luisant ; elle a le corps trapu, d'aspect boudiné, et possède une queue cylindrique.
La période d'observation dans la région s'étale toute l'année avec un optimum qui semble se situer à l'automne et en février-mai, sous réserve d'un temps doux (minimum 10°C) et humide.
Son milieu de prédilection est surtout boisé (plutôt feuillus) ou bocager, traversé par de petits ruisseaux ou possédant des mares. Le jour, elle se cache sous des feuilles, ou des pierres. C'est une espèce essentiellement terrestre qui ne recherche l'eau simplement pour la ponte. Elle a la particularité d'être ovovivipare, c'est-à-dire que ses embryons ne dépendent que de leurs propres réserves vitellines.
Elle se nourrit d'invertébrés divers, surtout de vers de terre et de limaces.
Elle semble assez commune sur l'ensemble du département.


Triton marbré, Triturus marmoratus


Tritons marbrés (mâle à gauche, femelle à droite)

C'est un grand triton qui peut atteindre jusqu'à 17 cm de longueur ! Son ventre est gris noirâtre piqueté de blanc (aspect de ciel étoilé) ; son dos est marbré de vert tendre et de gris foncé-noir. Le mâle en période nuptiale arbore une crête dorsale, marquée de bandes jaunes et noires verticales. La femelle et le jeune présentent une ligne vertébrale orange.
Lorsqu'il est terrestre, il est nocturne et se cache le jour dans la mousse et les feuilles mortes. Sa phase aquatique est très courte : il gagne l'eau au début du printemps pour se reproduire et la quitte très tôt dès que l'eau se réchauffe. C'est une espèce de plaine vivant surtout dans les secteurs boisés. Il se reproduit dans les mares et les flaques d'eau bien ensoleillées et bien garnies de végétation aquatique. Il semble assez peu exigent quant à la qualité de l'eau.
Il se nourrit en phase terrestre de vers de terre, limaces et arthropodes et de divers invertébrés, et même de têtards et de larves en phase aquatique.
Il passe l'hiver dans des galeries de rongeurs sous la surface du sol, dans les troncs d'arbres à faible hauteur, dans des caves...
Il est assez commun sur tout le département.


Triton palmé, Triturus helveticus


Triton palmé

C'est le plus petit de nos tritons ; il ne dépasse guère 9 cm. Le mâle en période nuptiale se distingue des femelles par un dos brun-jaune marqué de sombre, un ventre jaune clair à points noirs et une gorge blanche. Il possède aussi des palmures complètes noires sur les pattes arrières et un filament noir d'environ un centimètre au bout de la queue.
Cette espèce est considérée comme ubiquiste : on le rencontre dans les mares, même profondes, dans les étangs et les ornières de chemins. L'adulte hiverne généralement à terre, à une distance inférieure à 150 mètres de sa zone de reproduction. L'activité débute avec la migration pré-nuptiale à partir de janvier et se termine avec une migration post-nuptiale fin juillet.
Il se nourrit de vers, de crustacés et d'insectes.
C'est sans nul doute le triton le plus commun sur le département.



Anoures

Rainette arboricole, Hyla arborea


Rainettes arboricoles

Elle peut aussi être appelée Rainette verte.
Sa peau est très fine et lisse, le plus souvent vert vif sur le dos, mais peut virer rapidement au brun foncé, gris... Son ventre est blanc granuleux. Cette espèce se distingue par la présence d'une bande noire et blanche qui va des narines à l'insertion des pattes arrières où elle se recourbe ver le haut. Cette rainette a aussi la particularité de posséder des doigts et des orteils munis de pelotes adhésives ce qui lui assure les capacités d'une bonne grimpeuse.
Cette rainette vit dans les arbres et saute de feuille en feuille pour capturer les insectes dont elle se nourrit. Elle est ainsi l'hôte typique des milieux bocagers dans lesquels elle recherche les mares abreuvoirs qu'elles soient ou non entourées de végétation. La période d'activité s'étend de mars à octobre environ.
Cette espèce est assez commune dans le département.


Rainettes arboricoles (amplexus)




Grenouille rousse, Rana temporaria


Grenouilles rousses

C'est une grenouille de taille moyenne (9 cm de long environ), aux pattes arrières relativement courtes, la peau d'apparence visqueuse et légèrement pustuleuse ; son ventre est jaune et son dos brun, roux ou grisâtre ; l'oeil et doré et possède une pupille horizontale. Son museau de profil est court, arrondi et busqué.
Surtout nocturne, elle est très active par temps de pluie. Elle vit en milieu terrestre toute l'année sauf en période de reproduction. En Deux-Sèvres, elle fréquente les boisements de taillis de chênes et de charmes, même de petite taille et se reproduit soit à l'intérieur des massifs boisés dans les zones inondées (ornières, ruisseaux non permanents, fossés), soit dans les prairies inondables à proximité de ces boisements.
Elle se nourrit de limaces, d'escargots, de vers de terre et de divers insectes.
Dans le département, elle est beaucoup moins fréquente que la grenouille agile (Rana dalmatina) mais de belles populations sont connues en Gâtine.


Grenouilles agiles




Crapaud commun, Bufo bufo


Crapauds communs

Il possède un corps très trapu, massif et court, une peau très verruqueuse, un dos brunâtre, jaunâtre ou roussâtre plus ou moins uniforme, un iris rouge cuivré et un vent gris clair souvent uni.
Il est nocturne et solitaire ; il se déplace en marchant ou par petits bonds. S'il se sent menacé, il se gonfle immédiatement et peut adopter une posture dissuasive : nez contre terre et pattes tendues.
Il apprécie particulièrement les milieux frais et boisés, mais peut être assez ubiquiste et se rencontrer un peu partout : bocages, cultures, jardins et même lieux incultes ; les sites de reproduction, auxquels il est très fidèle d'une année à l'autre, sont des plans d'eau permanents de grandes dimensions, souvent riches en poissons : étangs, bras morts, mares, ruisseaux, tourbières... En effet, il est l'un des rares Amphibiens de la région dont les oeufs et les têtards sont protégés des poissons par des sécrétions aux propriétés répulsives.
L'hibernation a lieu à terre.
Il se nourrit de petits invertébrés, essentiellement de vers de terre et de limaces.
Il est comme son nom l'indique très commun sur l'ensemble du département.


Sonneur à ventre jaune, Bombina variegata


Sonneurs à ventre jaune

C'est un petit crapaud d'aspect aplati ne dépassant pas les 5 cm. Il possède une pupille en forme de coeur. Son dos est gris brun terreux, assez pustuleux et légèrement épineux ; son ventre est jaune vif marbré de taches noirâtres ou bleuâtres. Lorsqu'il est inquiété, il se cambre en montrant le dessous de ses mains et de ses pieds, parfois même, il se retourne dans cette position et montre son ventre.
C'est une espèce qui est presque toujours dans l'eau. Il peut hiberner dans la vase des mares. Son habitat aquatique est souvent d'origine humaine : secteurs riches en poches d'eau si possible de très faible surface (ornières) et bien exposés ; ils sont aussi caractérisés par leur pauvreté en autres espèces d'Amphibiens et par l'absence de poissons. Il se nourrit d'insectes tombés à l'eau.
L'activité débute fin avril ou en mai et prend fin vers la mi-août au plus tard. Il ne subsiste qu'une seule station de cette espèce en Deux-Sèvres sur un terrain militaire. Elle est d'ailleurs en nette régression sur l'ensemble de son aire de répartition européenne.


Alyte accoucheur, Alytes obstretricans


Alytes accoucheurs

Ce petit crapaud de moins de 5 cm généralement possède un corps trapu, assez pustuleux gris ou brun terreux ; ses pattes arrières sont courtes et épaisses ; le ventre est blanchâtre granuleux. Son oeil est doré ou gris argenté et la pupille est un losange vertical.
Cette espèce est essentiellement terrestre. Il possède une reproduction originale parmi les Amphibiens : l'accouplement a lieu à terre : le mâle saisit la femelle par la taille et l'aide à pondre ses oeufs en introduisant ses orteils dans son cloaque. Il va ensuite s'entourer les pattes arrières de la ponte qu'il gardera ainsi jusqu'à l'éclosion. Il y a deux pontes par saison. Il passe ses journées sous des pierres ou dans des trous de rongeurs. C'est une espèce pionnière car il occupe des sites bien ensoleillés sur des sols légers et colonise rapidement de nouveaux habitats aquatiques dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. C'est aussi une espèce anthropophile, ainsi on le rencontre fréquemment dans les parcs, jardins, bâtiments, cimetières, accotements routiers...
Il se nourrit de divers invertébrés : insectes, gastéropodes, arachnides, vers...
Il est relativement bien représenté sur le département.


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