Voyage au pays des fourmis
mercredi 28 mars 2007,
par dsne
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Voyage
au pays des fourmis
Des
êtres de petite taille vivent à nos pieds, sans que l’on
porte vraiment attention à elles. A nous de nous pencher et de
les observer avec respect pour leur grand travail accompli.
Pour
ma part, j’ai toujours été attiré par les
insectes sociaux, tels que les abeilles, bourdons, guêpes,
frelons et insectes en tous genres, et surtout les fourmis,
infatigables, travailleuses et prévoyantes. Certains pensent
que ces insectes sont nuisibles, les surprenant dans les placards à
sucre, ou sur les plantes dans les jardins. L’effet de masses
d’insectes grouillant au sol a toujours rebuté la nature
humaine.
Pourtant,
vue d’avion, nous avons le même aperçu sur notre
société, grouillante et, à défaut
polluante. Les fourmis existent depuis des millions d’années,
ayant cotoyé les dinosaures du Crétacé, et n’ont
pas ou peu changé de forme. Elles ont survécu aux
différents cataclysmes qui ont fait disparaître de
nombreuses espèces animales et végétales. Elles
survivront bien après nous !
Les
fourmis ont une relation indispensable à notre environnement
Elles
ont formé un pacte avec les végétaux, que nous
appelons plantes « myrmécophytes ». Souvent, le
jardinier n’apprécie guère les fourmis qui font
l’élevage des pucerons et autres suceurs de sève
(insectes secréteurs de liquide sucré dont les fourmis
sont friandes, appelé miellat). Et pourtant, ces petits
suceurs de sève, que l’on peut regarder d’une
autre façon, fixent les fourmis sur la plante qui protègent
leur bétail miniature, contre un danger bien plus grand : les
chenilles et autres mangeurs de feuilles, qui empêchent le bon
fonctionnement de la photosynthèse, indispensable à la
vie végétale.
Les
importantes découvertes faites par une ouvrière seront
vite repérées et signalées par un marquage au
sol de la présence de la future proie, dont une armée à
six pattes va s’occuper, grâce à la magie de la
communication chimique.
Les
ouvrières ne supportent pas une présence étrangère
aux abords du nid et sur la végétation qu’elles
exploitent. Sans peur et sans reproche, bien souvent avec une grande
agressivité, elles chassent et tuent des insectes bien plus
grands qu’elles.
Dans
le monde, on compte plus de 9 500 espèces, et de nouvelles
sont découvertes chaque année. On en compte 177 espèces
en France, appartenant à quatre groupes (sous-familles)
principaux, dont la détermination est l’affaire des
spécialistes. Voici les principaux caractères pour
reconnaître chaque groupe :
Les
Ponérines
Présence
d’un étranglement entre les deux premiers segments du
gastre. Vu de profil, le pétiole (partie reliant l’abdomen
au thorax) est arrondi, l’aiguillon est bien développé.
Les nymphes sont abritées dans un cocon. 7 espèces
en France.
Les
Myrmicines
Le
pétiole est formé de deux articles. L’abdomen
porte un aiguillon. Les nymphes sont nues. 106espèces en
France.
Les
Formicines
Le
pétiole porte une écaille dressée (en pointe).
Vu de dessus, le gastre montre cinq segments. Il n’y a pas
d’aiguillon, mais un orifice circulaire, bordé de soies,
qui sert à projeter le venin. Les nymphes sont abritées
dans un cocon. 55 espèces en France.
Les
Dolichodérines
Le
pétiole porte une écaille basse et inclinée. Vu
de dessus, le gastre montre quatre segments. Il n’y a pas
d’aiguillon, l’orifice postérieur a la forme d’une
fente. Les nymphes sont nues. 9 espèces en France.
Une
grande diversité
Certaines
fourmis sont cultivatrices, comme les Attas en Amazonie :
elles fabriquent un compost de feuilles pour cultiver un champignon
nourricier. Elles ont inventé l’agriculture bien avant
nous !
D’autres
espèces font de l’élevage, d’autres
pratiquent la guerre et l’esclavage des autres espèces.
Il y aussi des fourmis charpentières, qui creusent le bois,
des moissonneuses qui récoltent des graines, des fourmis
voleuses, s’emparant des larves des autres espèces pour
les dévorer, ou du butin récolté par un autre
colonie. Les fourmis tisserandes, avec la soie de leurs larves,
tissent des nids entre les feuilles des arbres. Il s’agit pour
la plupart d’espèces étrangères. Les
Deux-Sèvres possèdent une vingtaine d’espèces
indigènes, tout aussi passionnantes. Je vous invite à
venir observer leurs colonies à l’exposition des
richesses naturelles des Deux-Sèvres, de Vouillé, où
je serai présent les 21 et 22 octobre pour répondre à
vos questions.
David
Dyczkowski
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