Un nouveau président pour Deux-Sèvres nature environnement
mercredi 28 mars 2007,
par dsne
SOMMAIRE
Un
nouveau président pour Deux-Sèvres Nature Environnement
(Courrier
de l’Ouest du 12 mars 2006)
Jean-Michel
Minot vient de succéder à Catherine Tromas à la
tête de Deux-Sèvres Nature Environnement.
Un
nouveau départ pour ce presque septuagénaire dynamique,
passionné de géologie.
Jean-Michel
Minot :
«
Si on dit de moi que je suis un naturaliste, ça me plaît
»
Le
nouveau président
de Deux-Sèvres Nature Environnement estime que le combat pour
la défense de l’environnement n’est plus celui de
David contre Goliath.
La
voix est rauque, l’oeil vif, le geste nerveux. A presque 70 ans
- il les aura cette année - Jean-Michel Minot vient de
s’installer à la barre de Deux-Sèvres Nature
Environnement. Ce nouveau capitaine n’a rien d’inabordable.
Comme Catherine Tromas l’a fait avant lui pendant un septennat,
il compte sur son équipe pour maintenir le cap. Et entend bien
cultiver les relations nouées depuis des années avec
d’autres associations de défense de l’environnement.
Êtes-vous
Deux-Sévrien et quel a été votre parcours ?
«
Je suis un fils de paysan qui a passé son enfance à
Melle. Je suis aujourd’hui à la retraite mais j’ai
exercé, pendant quarante ans, la profession d’éducateur
spécialisé. Cela m’a amené à passer
par Paris, Toulouse, Marseille et Nantes. Et puis j’ai choisi
de me fixer, de construire ma maison en Deux-Sèvres. C’est
à Chavagné que j’ai trouvé mon bonheur,
une vieille grange. « Mais il me fallait, aussi, trouver un
emploi. Le hasard a voulu que je croise la route de l’ADAPEI.
Je suis alors devenu directeur de l’IME de Melle, poste que
j’ai occupé entre 1983 et 1996. C’était un
établissement dont les locaux étaient délabrés.
On a réussi à construire le dernier IME neuf de France
».
Si
on vous dit géologie, que répondez-vous ?
«
Passion, évidemment. II y a quelques années, je ne
connaissais rien à la géologie. Je suis un homme de
cueillettes. J’aime ramasser des champignons, des escargots,
des baies sauvages pour fabriquer des confitures. En retapant ma
maison, à Chavagné, je suis tombé, par hasard,
sur des fossiles. Ça m’a tout de suite plu. J’ai
commencé à en collectionner, en cherchant sur mon
secteur, à La Crèche. « Poussé par la
curiosité, je me suis rapproché de l’Association
pour la promotion de la géologie et de la paléontologie
(APGP) en Poitou- Charentes - Vendée, association dont je suis
actuellement vice-président. Une fois par semaine, un peu
moins l’hiver, je cailloute. Si on dit de moi que je suis un
naturaliste, ça me plaît ».
Vous
êtes même, dit-on, un spécialiste des brachiopodes
?
«
C’est vrai. Je travaille d’ailleurs sur un livre qui, je
l’espère, sortira en 2007. Il s’agit d’un
projet d’inventaire sur les brachiopodes du Jurassique du
Poitou. Ce petit patrimoine ancestral, qui dort sous nos pieds, me
passionne ».
Le
discours en faveur de l’environnement est-il un discours
radical ?
«
Notre discours n’est pas radical, il est têtu. Petit à
petit, les événements que nous vivons montrent que
cette ténacité s’avère payante. Les gens
sentent bien, aujourd’hui, que lorsque des fleurs ou des
animaux disparaissent, il y a danger. Depuis deux ans, tout le monde
a découvert que l’eau est une richesse. Mais il a fallu
que la crise soit particulièrement aiguë, et qu’un
préfet fasse enfin son travail, pour que les choses changent
».
Lorsque
les irriguants parlent de la sauvegarde de leur métier, vous
pouvez les comprendre ?
«
Bien sûr qu’on peut les comprendre. Mais le problème
n’est pas là. Avant même d’arroser du maïs,
on doit penser à faire boire une ville comme Niort. II faut
quand même rappeler qu’un grand tourniquet d’arrosage
qui fonctionne pendant une heure consomme 80 m3
d’eau. C’est à peu près la
consommation d’un ménage pendant une année ».
Quel
regard portez-vous sur un autre gros dossier, celui des déchets
?
«
C’est une question sur laquelle tout le monde s’est cassé
le nez. II va pourtant bien falloir traiter le sujet objectivement,
sans penser à servir les intérêts des uns ou des
autres. A Deux-Sèvres Nature Environnement, nous pensons qu’il
faut absolument limiter la production de déchets à la
source. II faut travailler, avec les entreprises, sur la question des
emballages. Personnellement, je considère que certains ne
comprennent que le portefeuille. Peut-être faudra-t-il un jour
que chacun paye en fonction des déchets qu’il fournit ».
Le
grand public s’intéresse-t-il vraiment au problème
des déchets ?
«
Je pense qu’il y a encore des gens réticents, qui ne
s’intéressent au problème que lorsqu’on
leur dit qu’un incinérateur va être implanté
à côté de chez eux ».
Comment
envisagez-vous votre rôle de président de Deux-Sèvres
Nature
Environnement ?
«
Depuis un an, Catherine Tromas avait clairement annoncé
qu’elle souhaitait passer le relais. Je savais, avant de lui
succéder, ce que la fonction implique. Pour moi, le plus
difficile est de représenter l’association à
l’extérieur sur des sujets politiques et polémiques.
Je souhaite donc être assisté d’autres
représentants '64e l’association lors de mes
interventions. Je suis particulièrement attaché à
la notion d’équipe. Il y a chez nous, dans chaque
domaine, des gens éminemment compétents. C’est la
somme de ces savoirs qui fait notre richesse ».
Deux-Sèvres
Nature Environnement est basée à Niort, dans les murs
de l’Hôtel de la vie associative. Aimeriez-vous changer
d’adresse ?
«
Déménager est, pour nous, une priorité. Nos
trois permanents se partagent actuellement deux petits bureaux. Ils
sont courageux et passionnés mais on ne peut pas continuer
éternellement comme ça. Ils ont droit de travailler
dans de meilleures conditions. Il faut que nous arrivions à
avoir de nouveaux locaux que nous pourrions, pourquoi pas, partager
avec le Groupe ornithologique des Deux-Sèvres ».
Propos
recueillis par Olivier CUAU, Extrait du Courrier de l’Ouest, 12
mars 2006.
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