Objectif planète durable : élections 2007
mardi 17 juillet 2007,
par dsne
Objectif
Planète Durable : élections 2007
A
l’heure où cet article est rédigé, le
premier tour des élections législatives n’a pas
encore eu lieu. France Nature Environnement a lancé une grande
campagne de sensibilisation des candidats aux élections, en
leur faisant parvenir un manifeste contenant des objectifs et des
propositions, par notre intermédiaire ainsi que les
associations Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres, APIEEE et
Coordination pour la Défense du Marais Poitevin en fonction
des circonscriptions.
En
voici un résumé.
«
La maison brûle et nous regardons ailleurs... », tel
était le cri lancé par le Président de la
République au Sommet mondial du développement durable
en 2002 à Johannesburg. La situation actuelle appelle des
politiques publiques volontaires et cohérentes au niveau
national, mais aussi des initiatives sans précédent,
loin des raisonnements habituels et des clivages politiques.
Nombre
de réponses fondamentales sont à notre portée.
Elles sont souvent ignorées des responsables politiques. Elles
ont longtemps été considérées avec
arrogance par nombre de décideurs et toujours combattues par
les intérêts établis et ceux qui n’acceptent
pas de se remettre en cause.
Rien
de sérieux ne se fera sans une véritable révolution
des mentalités et un engagement majeur de chacun.
Ce
texte s’adresse en premier lieu à tous les candidats qui
souhaitent oeuvrer pour une action publique véritablement
écologique.
Les
Objectifs :
-
Consommer moins de ressources et produire moins de rejets.
-
Préserver le patrimoine naturel et stopper le gaspillage de
l’espace.
-
Pour une nouvelle gouvernance, mettre le citoyen au coeur des
décisions. Depuis les années 70, un profond mouvement
social a déclenché de nombreuses avancées.
-
Se donner les moyens d’une action publique véritablement
écologique aux niveaux national et international.
Les
Propositions
1-
Action publique : Accorder des moyens à la hauteur des enjeux
Evaluation des politiques
Mettre
au minimum la France au niveau de nos voisins européens (de
richesse économique comparable) quant aux moyens :
-
d’une évaluation indépendante et crédible
de l’état de l’environnement ;
-
d’une mesure des incidences des politiques et décisions.
Commencer
notamment par rétablir l’IFEN (Institut français
de l’environnement) comme établissement public autonome
doté d’un grand plan de développement sur cinq
ans, axé sur la capacité d’expertise
environnementale.
Santé
Evaluer
les impacts environnementaux et sanitaires des activités
économiques (produits chimiques, transports,
nanotechnologies…) par l’engagement d’un grand
programme scientifique et technologique sur dix ans.
Associations
Réaffirmer
le rôle essentiel des associations de protection de la nature
et de l’environnement (intérêt général
et public déjà reconnu par les lois françaises)
au travers d’une charte engageant l’Etat et ces
dernières, et le traduire concrètement par :
-
une augmentation significative de la ligne budgétaire dédiée
à la vie associative ;
-
la création d’un Plan Environnement Emplois doté
d’un fonds de 10 millions d’euros par an permettant le
soutien à l’emploi au sein des associations agréées
de protection de la nature et de l’environnement.
Education
Soutenir
financièrement l’éducation à
l’environnement dans les établissements scolaires et
péri-scolaires dès la rentrée 2007-2008.
Urbanisme
Rendre
compatibles tous les documents d’urbanisme et d’aménagement
avec les Agendas 21 locaux lorsqu’ils ont été
établis ; rendre opposable aux tiers les Plans d’aménagement
et de développement durable (PADD) prévus par la loi ;
réduire de 60 000 à 30 000 hectares par an la
consommation d’espace par l’urbanisation d’ici
2015.
Démocratie
locale
Faire
vivre la décentralisation en renforçant les outils de
la démocratie locale, notamment en doublant les crédits
des Chambres régionales des comptes d’ici 2010.
International
Prendre
une initiative en 2008 au niveau des Nations- Unies pour promouvoir
un système international de gestion de la haute mer financé
par des redevances d’usage (péage pour les transports
maritimes…), comme décrit par le projet de France
Nature Environnement « Sauvons les mers ».
2-
Energie et Climat : Réduire drastiquement les émissions
de gaz à effet de serre, condition première d’un
développement durable
Climat
Mettre
en oeuvre un véritable Plan Climat, en donnant la priorité
à une réduction de la consommation d’énergie
de 15% d’ici 2015 (rappel de l’objectif européen :
20% en 2020) et au développement d’énergies
renouvelables et soutenables. Ce plan climat devra permettre de
réduire, de manière significative, les émissions
en CO2, des secteurs du
bâtiment et du transport.
Politique
de l’énergie
Organiser
avant fin 2008 une conférence de citoyens sur la politique de
l’énergie précédant un vrai débat
national au Parlement, largement médiatisé, d’une
durée minimale de deux mois, alimenté par cette
conférence et des auditions publiques équilibrées
faisant une bonne place aux associations, comme au Parlement européen
; décider, en attendant, d’un moratoire sur l’EPR.
Transports
Consacrer
dès 2008 les deux tiers des crédits publics de
transports au fret non routier et aux transports en commun, et mettre
en place une éco-redevance sur le transport de marchandises
par route, basée sur l’application de la directive
européenne « eurovignette ».
3-
Agriculture : Promouvoir une agriculture durable
Politique
agricole commune (PAC)
Procéder,
d’ici 2008, à une juste redistribution nationale des
aides de la PAC sur des critères d’environnement et de
qualité et encourager concrètement l’agriculture
biologique.
Pesticides
Taxer
les pesticides de manière dissuasive dès 2008,
conjointement à la refonte de l’application de la PAC.
Ressource
en eau
Préserver
cette ressource en mettant un terme aux aides à l’irrigation
par aspersion ou autres techniques massives.
OGM
: Donner aux citoyens la possibilité de s’exprimer sur
la liberté de choix alimentaire en organisant un référendum
sur l’expérimentation en plein champ et la mise en
culture des OGM.
Mettre
un terme à la violation du droit européen par une loi
garante de la biodiversité, des filières de production
agricole, de la sécurité sanitaire, de l’application
du principe de responsabilité et du droit à
l’information.
4-
Biodiversité : Stopper son érosion
Milieux
Mettre
en place dès 2008 un réseau écologique
européen/national/régional cohérent et
fonctionnel, qui s’appuie sur des inventaires actualisés
du patrimoine naturel, développe une politique ambitieuse de
création et de gestion d’aires protégées
et labellisées, et prévoit leurs liaisons écologiques
opposables en matière d’aménagement pour
renforcer la diversité biologique et la capacité à
absorber le choc climatique.
Mers
Exiger
une assurance obligatoire, comme aux USA, qui couvre aussi bien les
dommages éventuels que les coûts de restauration du
milieu, pour tous les acteurs maritimes opérant dans les eaux
françaises et européennes d’ici 2009.
Espèces
Instaurer
un régime de protection générale de plein droit
pour l’ensemble des vertébrés indigènes
(interdiction de destruction, perturbation intentionnelle, transport,
capture, mutilation, détention, utilisation de tout ou partie,
dégradation des habitats) dès 2008. Un système
par liste limitative fixera les prélèvements possibles
par la chasse, la pêche et les actions de régulation en
cas de dommages avérés ou de problèmes
sanitaires.
Brevetabilité
du vivant
Interdire
la brevetabilité du vivant dans les deux ans et porter le
dossier au niveau européen ; engager dès 2007 une
réelle politique de conservation du patrimoine génétique.
5-
Economie : Donner la priorité aux produits durables
Fiscalité
incitative
Moduler
les taxes et impôts sur les produits et appareils de grande
consommation en fonction de leur durabilité et de leur
consommation énergétique ; réduire la TVA à
5,5% sur la main d’oeuvre de réparation et facturer le
service de collecte des déchets en fonction des quantités
générées dès le budget 2008 ; promouvoir
la proposition de l’Europe à l’OMC (Organisation
Mondiale du Commerce) d’une taxe carbone.
Eco-économie
Créer
des incitations fortes pour stimuler l’offre et la demande de
produits et de services durables (écoconception, promotion des
circuits courts, normes sur la longévité des produits,
financements éthiques et écologiques...).
Des
chantiers pour s’engager
«
Des chantiers écologiques prioritaires, pour offrir aux
candidats la possibilité de s’engager concrètement
en faveur de la protection de l’environnement »
Impliqué
depuis plus de trente ans sur tout le territoire national, le
mouvement français de protection de la nature et de
l’environnement, fédéré par France Nature
Environnement, a choisi d’illustrer la pertinence et le
bien-fondé de ses propositions en désignant les «
chantiers écologiques prioritaires » pour la France.
A
l’occasion des échéances électorales,
France Nature Environnement et l’ensemble de ses associations
membres appelleront chaque candidat aux élections
présidentielles et législatives à s’exprimer
sur les propositions qu’il entend retenir pour répondre
aux enjeux soulevés par ces dossiers. Ces « chantiers
prioritaires » serviront d’indicateurs de mise en oeuvre
des engagements pris par les candidats élus.
Liste
des chantiers définis en Poitou-Charentes :
-
L’avenir du plus grand estuaire d’Europe : l’estuaire
de la Gironde et le projet de réserve naturelle de la baie de
Bonne Anse (17),
-
Ligne à Grande Vitesse Tours-Bordeaux,
-
Marais Poitevin : Une zone humide laboratoire du développement
durable ?
-
Halte aux réservoirs d’eau pour l’irrigation
agricole.
Pour
consulter la totalité des articles, notamment les objectifs et
les détails des chantiers prioritaires, rendez vous sur
Internet :
www.fne.asso.fr/elections2007
Des
exemplaires de la brochure envoyée aux candidats sont
également disponibles au local de l’association.
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