Mais d’où vient le Galuchet ?


mercredi 28 mars 2007, par dsne

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Mais d’où vient le « Galuchet » ?

Le Chaleuil Dau Pays Niortais, via la presse écrite régionale, a lancé voilà quelques semaines déjà un appel aux érudits en vue de donner une explication plausible sur le mot de GALUCHET (ou GALUCHER), une zone humide niortaise, objet de nombreuses visites organisées tant par Deux-Sèvres Nature Environnement, le Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres ou le Parc Interrégional du Marais Poitevin.

Le Chaleuil Dau Pays Niortais s’intéresse également à ce site unique situé à quelques lieues de la Ferme Communale de Chey à Niort qui lui sert de siège social et de lieu d’expression. Grâce à ces articles de presse, le Chaleuil a reçu de très nombreuses réponses et nous jugeons utile aujourd’hui de vous restituer les résultats de cet appel.

Le nom GALUCHET pourrait venir de GALUCHAT

Arguments : Le cuir a connu une vogue épisodique de la fin du XIXème siècle jusqu’à nos jours. Toutes sortes de peaux ont été utilisées, aussi bien les écailleuses comme alligator, crocodile, requin, lézard, que les plus souples : petite raie , veau, serpent, poulet. La qualité du tannage fait la différence et traditionnellement, certaines villes en ont fait leur spécialité comme NIORT dans l’Ouest ou MILLAU. Suggestions : serait-il possible qu’un gantier ou un tanneur du secteur de Saint-Liguaire (commune aujourd’hui rattachée à Niort) se serait à l’époque spécialisé dans le traitement de peaux particulières ?

Le mot GALUCHAT : Monsieur GALLUCHAT, maître gainier du roi Louis XV, fut le premier à trouver l’art d’adoucir et de mettre en couleurs les peaux de roussettes et de requins. Au XIVème siècle, le GALUCHAT est une roussette commune, plus connu sous l’appellation de « chien de mer ». II sert alors à couvrir les poignées des dagues et des épées pour les tenir plus sûrement dans la main. Sa peau « aspre et rude » sert aussi aux menuisiers, artilleurs et charpentiers pour polir leurs bois et leurs ouvrages. II était utilisé comme une sorte de papier de verre.

Deux mots d’histoire : rappelons succinctement que Thomas Jean MAIN (né le 28 Mars 1745 fils d’un assez modeste chamoiseur niortais), véritable « héros local » ayant révolutionné la ganterie et la chamoiserie était allé « espionner » les Anglais (son but était d’arracher aux manufacturiers d’outre-manche le secret de la finition de leurs peaux chamoisées qui les rendaient fort difficiles à concurrencer). Il avait ramené à NIORT (dès 1765) certaines techniques qui allaient faire sa fortune et celle de la Ville. Rappelons, dans le même esprit que les Anglais, de longue date, avaient découvert le travail de la peau de poisson grâce à leurs comptoirs en Extrême-Orient, d’où ils ramenaient des peaux de raie écharnées par des Asiatiques, contrecollées sur un papier de riz, puis roulées.

Le nom GALUCHET pourrait venir de GALOCHES

Arguments : Dans certaines communes du Marais Poitevin on retrouve, dans le parler traditionnel le mot « GALUCHET ». Du côté de Courçon d’Aunis, le GALUCHET était l’endroit où l’on enlevait ses chaussures après le travail des champs. Du côté de Margot, La Ronde, il s’agissait d’un meuble rustique où l’on rangeait ses chaussures. Enfin vers La Croix des Marie c’était l’endroit où l’on se déchaussait. Dans tous les cas, l’expression GALUCHET correspondait à l’usage journalier des GALOCHES ! GALOCHES : un mot d’origine obscure qui définit une chaussure de cuir à semelle de bois que portaient les paysans poitevins. Suggestion : Le marais dit de GALUCHET était peutêtre un endroit qui était telle une tourbière... un endroit si boueux que l’on pouvait glisser et y laisser « ses GALOCHES ».

Version originale et intéressante :

UNE TECHNIQUE ANCESTRALE de PÊCHE que l’on retrouve encore de nos jours dans certaines régions du monde.

Arguments : Le mot semble avoir une consonance celte... d’où une traduction simplifiée possible « le ou les gaulois qui huchent ». HUCHER est un mot du parler traditionnel de Poitou. HUCHER était une méthode de communication rapide en usage dans la Gaule antique... une méthode qui, selon quelques érudits est reconnue pour avoir quelque peu surpris leurs ennemis romains. Eléments historiques : Les Celtes seraient arrivés près du Golfe du Poitou entre le VIème et le Ivème siècle avant Jésus Christ à une période charnière où le niveau marin s’élève sensiblement. Dès lors la « Vallée de GALUCHET » située à l’extrême est du Golfe du Poitou a été comblée progressivement par des sédiments venus de la mer et des rivières. La région a été exposée périodiquement aux crues fluviales et aux reflux des tempêtes océaniques... il est alors envisageable de penser qu’il y eut le développement de pêcheries importantes qui permettaient de subvenir aux besoins des populations avoisinantes .

GALUCHET lié étroitement aux pêcheries : Rappelons que les anciens savaient utiliser LE BRUIT pour rabattre le poisson vers des filets dormants. En « tapant sur l’eau » à l’aide de longs bâtons, nos ancêtres gaulois, très au fait des moeurs de la faune aquatique ont très probablement mis en place cette technique ancestrale de bruitage (simple et efficace au possible) pour guider le précieux poisson vers les nasses. Dans le même esprit, nos ancêtres utilisaient peutêtre en lieu et place de bâtons un instrument « le HUCHET » dont les sonorités vibratoires savamment dirigées pouvaient avoir une influence pour le poisson !

Une version intéressante!


Toujours autour du thème de la pêche

Arguments : des dizaines de noms spécifiques dérivent directement des activités liées aux zones humides, aux rivières, aux techniques de pêche. Quelques exemples : gache = aviron, gaschié = pâturage entouré de fossés, gascher = frapper l’eau avec la rame.

Le mot GALUCHET pourrait être lié à une pêcherie antique et peut-être plus probablement à un lieu où étaient implantées des RÉSERVES A POISSONS. Le GALUCHET a peut-être précédé le lieu-dit « vivarium » (devenu au cours des temps LE VIVIER en usage à la période romaine. Les Romains rappelons- le séjournaient dans l’ancien quartier dit de BESSAC).

BESSAC : le lieu n’avait pas été choisi par simple hasard. Les Romains pouvaient y trouver l’utile et l’agréable : ils y bénéficiaient, pour leurs bains, d’eau douce et pure et pouvaient y consommer des poissons de bonne qualité, le tout protégé par une boucle du fleuve.


Enfin la version qui remporte le plus de suffrages :

Le « LITTRE » tout comme les « Glossaires et histoires des Vieux Parlers Poitevins » rapprochent le terme « GALUCHE » du gaélique « gal » (caillou, petite pierre plate) En reprenant le mot « GAL-UCHET » on pourrait peut être traduire ce mot par « un tas de mauvais cailloux » ! Des mauvais cailloux de style « chirons » que l’on entassait sur les confins de circonscriptions, surtout lorsqu’on dérochait dans le but de planter des vignes, comme au lieu-dit proche « la Plante » (rappelons en outre que jadis les côteaux qui entouraient le site de Chey étaient couverts de vigne... production agricole qui a fait la richesse de la ville et de la région).

Remarques géologiques : Un coup d’oeil à la carte au 1/25000ème de l’Institut Géographique National permet de constater que le diverticule de GALUCHET est enserré entre six et huit mètres d’altitude, avec l’apparence d’avoir été une ancienne boucle de la Sèvre, qu’auraient remblayés les grèzes et que la main de l’homme a exploitée comme gravière. Compte tenu de ces diverses observations il peut, raisonnablement, être retenu LA THESE du « GASCHUEL » : les sites abandonnés y ont pris l’aspect des « laignes » boutonnaises, creux d’eau à végétation arborée dégradée, ronces et épines noires. Néanmoins on y a découvert que ces « gants » ont été livrés naguère à des pâturages, entourés de fossés et pourvus d’une « fousse à bouère » (trou d’eau pour laisser boire les animaux). C’est ce qui fait croire à certains que le toponyme a pu simplement avoir L’APPELLATION DE « GASCHIE » ou « GASCHUEIL », s’appliquant jadis à de tels pacages. Complément d’information : un érudit local précise dans son courrier : « En mettant en parallèle ici « terre pierreuse » qu’est une GALUCHE et en extrapolant les conclusions d’un certain Henri Gelin, j’en avais conclu, peut-être un peu trop naïvement, que sur la rive gauche de la Sèvre, LE MARAIS de GALUCHET, longtemps dénommé PRAIRIE de GALUCHET, avait un sous-sol fait de graviers et de sables, donc plutôt pierreux, d’où le toponyme de GALUCHET ».

Le Chaleuil dau Pays Niortais


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