Le tigre des Insectes : Vespa crabro, dit le Frelon
jeudi 29 mars 2007,
par dsne
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Le
tigre des Insectes
Vespa
crabro, dit le Frelon
Sa
Majesté est crainte par tous à cause de sa taille, sa
couleur vive et son bourdonnement lourd. Et pourtant, quand vous
croisez une jeune reine au printemps ou alors une ouvrière en
train de se nourrir, si elles vous détectent, elles ne
demandent pas leur reste et fuient (vous n’avez jamais vu de
frelons tourner autour d’un pique-nique). Souvent, l’insecte
surpris vole de gauche à droite à plusieurs reprises :
ce n’est pas de l’agression, seulement de la curiosité
pour vous identifier avant de fuir. C’est une attitude que la
plupart des Hyménoptères pratiquent, étant
myopes : elles observent avec garde, puis disparaissent. Bien sûr,
le frelon a un dard fort cuisant, et il sait bien se défendre
s’il se trouve en danger.
À
proximité de leur nid, les gardiennes ne craignent personne et
sont redoutables. Un nid adulte peut atteindre 30 cm de diamètre,
60 cm de long avec un millier d’individus, voire plus. Pour
éviter une confrontation, vous devez respecter une frontière
de 5 à 6 mètres du nid. La piqûre est très
douloureuse mais pas plus dangereuse que celle de l’abeille ou
de la guêpe ; par contre, les personnes allergiques doivent
l’éviter à tout prix.
Une
espèce de guêpe, apparue au Carbonifère il y a
150 millions d’années, engendra plusieurs branches des
Hyménoptères : abeilles, fourmis, etc. Le frelon a
prospéré après la disparition des dinosaures,
dans la période où apparurent les Mammifères
géants. Les scientifiques supposent que leur taille, couleur
et bourdonnement étaient des moyens de dissuasion pour éviter
une bousculade du nid ou son piétinement. De nos jours, le
frelon a peu changé de forme et de comportement. Dans
certaines localités, il a disparu, après avoir résisté
à la compagnie de géants préhistoriques mais pas
à celle de l’Homme et de ses produits chimiques.
D’autres causes de disparition sont la destruction ou
l’altération des lieux de nidification, ou la
destruction directe des nids, avant l’émergence des
individus sexués qui assurent le maintien d’une
génération pour l’année suivante.
Dans
certains pays, comme en Allemagne, ils sont protégés.
Nous devrions suivre cet exemple, car il faut savoir que cet insecte
est un grand prédateur, et possède un rôle de
régulateur écologique important : il se nourrit surtout
de mouches (plus de cinq cents grammes de diptères par jour
pour une colonie) mais son menu peut aussi s’agrémenter
de ses cousines les guêpes, bien plus envahissantes, et éviter
ainsi leur prolifération. Il peut également s’attaquer
aux ennemis des cultures, comme les chenilles, les papillons diurnes
ou nocturnes (les frelons volent souvent la nuit), sauterelles,
criquets, etc. Il peut également être charognard.
Même les animaux qui paraissent horribles, détestables,
écoeurants, ou même inquiétants, ont leur place
et leur rôle sur notre planète. En rompant un maillon de
cette chaîne, on provoquera sans doute la prolifération
d’autres espèces nous portant plus sérieusement
préjudice... Alors sauvons les frelons !
David
Dyczkowski
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