L’exposition mycologique de Vouillé
jeudi 29 mars 2007,
par dsne
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L’exposition
mycologique de Vouillé
Pour
répondre à la sollicitation de Guy Fourré,
désireux de faire valoir ses droits à quelque retraite
anticipée, la Société Mycologique du Massif
d’Argenson avait donc accepté cette année de
prendre en charge l’exposition de champignons frais au sein de
la vitrine sur les Richesses Naturelles des Deux Sèvres
rituellement proposée par DSNE le 3ème
weekend d’octobre
en salle des fêtes de Vouillé. A grands renforts de
danses du ventre et autres incantations plus ou moins délirantes,
les prières conjuguées des membres de la docte secte
mycologique eurent pour heureux effet d’attirer les nuages en
assez grand nombre pour réveiller des mycéliums restés
en léthargie depuis plusieurs automnes. Du coup, près
de 250 espèces furent exposées, dûment
étiquetées, grâce aux récoltes
principalement effectuées dans les massifs forestiers de
Chizé, l’Hermitain, Le Fouilloux, Fontadam, Secondigny
ainsi que des apports non négligeables de l’île
d’Oléron, des bois de Bressuire ou de la forêt de
Mervent. Ce fut un grand moment d’osmose entre organisateurs,
récolteurs, déterminateurs et amateurs de tous niveaux.
Il y avait des champignons, la bonne humeur trahissait le plaisir de
chacun à montrer, démontrer, voire à en
remontrer, chacun apprenant de l’autre et tous au service d’un
public venu en grand nombre et souvent intéressé.
Certes il y avait eu, les semaines précédentes,
beaucoup de cèpes dans les bois, et des hordes de casseroleurs
trop souvent irrespectueux des milieux naturels sacrifiés à
la cause mycophagique et rarement avertis des confusions possibles à
éviter.
Il
y eut donc, très naturellement, un bon nombre
d’empoisonnements, dont certains très graves,
copieusement médiatisés, ce qui fit sans nul doute
monter d’un cran l’intérêt du public pour la
visite. Nos amis pharmaciens nous avaient prévenus, ils
étaient eux aussi fortement sollicités pour le contrôle
de paniers. Au rang des espèces intéressantes, citons
ces amanites blanches, difficiles à distinguer entre elles
pour qui ne sait quels caractères observer ou quelles
réactions macrochimiques utiliser : Amanita plalloïdes
variété alba, plusieurs exemplaires apportés
de Mervent. Amanita virosa et une troisième espèce
décrite en 2000 par Neuville et Poumarat, et récoltée
en forêt de secondigny depuis 3 ans : Amanita virosa variété
levipes. A ces trois espèces réputées
absolument mortelles pour l’homme, on peut ajouter la variété
blanche de l’amanite citrine, a priori inoffensive mais
tout aussi trompeuse si l’on ne prend soin de détecter
son odeur de pomme de terre crue. A noter que les sorties organisées
par la SMMA en octobre et novembre ont été
particulièrement bien suivies cette année et se sont
avérées d’une richesse inhabituelle. Les listes
de récoltes et le programme de nos activités sont à
découvrir sur le site :
http://smma.argenson.free.fr.
Michel
Hairaud
Le
point de vue du « retraité »
La
plupart des expositions mycologiques ont lieu aux mêmes dates,
vers la mi-octobre, qui est théoriquement le moment le plus
favorable pour avoir le plus grand nombre d’espèces. Et
depuis 15 ans j’étais
« coincé » par la nôtre le 3ème
dimanche d’octobre,
ce qui m’empêchait d’aller voir ce
que font ailleurs les collègues mycologues. Aussi, comme je
l’avais annoncé deux ans à l’avance, en
2006 j’ai abandonné la responsabilité de l’expo
de Vouillé pour aller en voir une autre dans un département
voisin... Ce que j’ai vu m’a plutôt réconforté,
a posteriori. Nous ne sommes pas ridicules, loin de là
! Déjà, dès l’entrée, la salle
polyvalente de Vouillé est infiniment plus sympathique qu’un
immense hall aux murs en béton. Et chez nous l’entrée
est gratuite, alors que chez les voisins il faut débourser
deux euros par personne ou davantage. Alors que la diversité
de nos présentations, avec la géologie, la botanique,
les insectes, est un « plus » par rapport aux expositions
ne comportant que des champignons. Sur le plan purement mycologique
le nombre d’espèces que nous parvenons à
identifier en deux jours est relativement modeste, d’autres
associations annoncent des chiffres très supérieurs.
Mais qui comprennent parfois 50 ou 100 champignons secs, les mêmes
ressortis chaque année des placards.
À
Vouillé nous avons toujours tenu à ne présenter
que des exemplaires frais, présents dans la nature au moment
de l’expo. Les amis qui m’ont remplacé ont su
renouveler la présentation avec des étiquettes plus
modernes. Là encore nous supportons aisément la
comparaison avec ce qui se fait ailleurs. En revenant du département
voisin, le dimanche soir, je suis quand même passé jeter
un coup d’oeil à Vouillé, et je tiens à
féliciter les animateurs de la Société
Mycologique du Massif d’Argenson qui ont parfaitement pris le
relais.
Guy
Fourré
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