Conseil Départemental de la Chasse et de la Faune Sauvage


jeudi 16 mars 2006, par dsne

Conseil Départemental de la Chasse et de la Faune Sauvage

Il s'est réuni le 18 novembre, sous la présidence du Préfet, et les trois points suivants ont été examinés :

1- Schéma départemental de gestion cynégétique :

Voulu par la loi Voynet du 26/07/2000, et en conformité avec la loi développement des territoires ruraux du 23/02/05, il est élaboré par la Fédération départementale des chasseurs, et tourne autour des trois axes suivants :
-connaissance de la faune sauvage et de ses habitats
-formation, éducation, communication
-intégration de la chasse dans la société.
Ce schéma, dans les grandes lignes ne fait qu'officialiser les activités de la Fédération des chasseurs.

2- Compte-rendu de la lutte collective obligatoire contre les ragondins et rats musqués :

Cette lutte est organisée par la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles.

Un point très positif ; il n'y a plus depuis 2005 de lutte chimique (empoisonnements aux anticoagulants). Seule la lutte par piégeage est pratiquée, de ce fait il n'y a plus de cadavres à se décomposer dans le milieu naturel, et le nombre exact d'animaux est recensé : 13375 ragondins et 2852 rats musqués d'octobre 2004 à septembre 2005. Rappelons que la limitation a minima, voire l'éradication de ces espèces introduites accidentellement est souhaitée.

3- Classement des espèces « nuisibles »

Il existe une liste nationale d'espèces potentiellement nuisibles, dans laquelle le Préfet peut puiser pour signer l'arrêté après consultation du CDCFS. Le sujet est assez peu conflictuel pour le chien viverrin (vient d'Asie et n'existe pas en Deux-Sèvres pour l'instant), la fouine, le ragondin, le rat musqué, le raton laveur (quelques spécimens introduits en forêt de Chizé par les forces de l'OTAN juste après la 2e guerre mondiale), le renard et le vison d'Amérique pour les mammifères. Le putois par contre nous pose problème. Pour les oiseaux, la pie bavarde nous cause aussi des soucis, contrairement aux corbeaux freux, corneilles noires et étourneaux sansonnets dont la demande de régulation est recevable, en raison de l'impact sur les productions agricoles. Les deux Corvidés, notamment, arrachent les plants des cultures de printemps parfois sur 20 à 30 mètres, en recherchant (vainement) des insectes afin de nourrir leurs nichées. La lutte chimique actuelle visant à éradiquer l'entomofaune du sol, on comprend que les oiseaux soient contraints d'arracher de plus en plus de pieds.

Concernant le putois :

Nous avons un avis divergent des chasseurs, qui affirment que le putois est un danger pour le lapin de garenne, qui en plus est régulièrement sujet à maladies. Depuis de nombreuses années, nous demandons que le putois ne figure plus dans la liste, donc que son piégeage ne soit plus possible car :

-Les données de l'écologie montrent que la notion de « nuisible » ne devrait s'appliquer qu'aux espèces végétariennes, et non aux prédateurs dont les effectifs de populations se calent sur les populations de proies. Ce n'est pas l'importance de la population de prédateurs qui règule la population de proies, mais le contraire. Si tel n'était pas le cas, il y a bien longtemps que l'espèce lapin de garenne aurait disparu.
-Le régime alimentaire du putois est constitué de 70 à 90% de micro-mammifères. Les lapins prédatés par le putois sont donc les animaux chétifs ou malades. Le maintien en bonne santé des populations de lapins passe donc par la conservation du putois. De plus il est un agent de la protection des cultures par ses abondantes prédations de campagnols.
- Enfin, la confusion avec le Vison d'Europe, espèce menacée, est possible. Daniel Guérineau, directeur de Zoodyssée, organisateur d'un stage à l'intention des piégeurs du Marais Poitevin, signale que sur 23 stagiaires piégeurs, aucun au départ n'a su distinguer les deux espèces...

Le véritable problème de la raréfaction du lapin de garenne réside dans la disparition de son habitat : Les arrachages massifs des haies et le remplacement des prairies attenantes par les cultures sur de grandes surfaces, le font disparaître de la Gâtine et du Bocage où il abondait autrefois.

A défaut d'un retrait total du putois, et pour garder le contact avec les chasseurs qui agissent pour le lapin, nous demandons au Préfet de n'en autoriser le piégeage que dans un rayon de 500 mètres autour des garennes artificielles de lapins. Espérons que notre action portera ses fruits, nous avons bien obtenu dans le passé le retrait de la martre et de la belette.

Concernant la pie bavarde :

Selon les données du Muséum d'Histoire Naturelle, les effectifs ont chuté de 59% entre 1989 et 2001, avec depuis une certaine stabilisation. Nous sommes peu sensibilisés à cette baisse, car la pie a tendance à être plus abondante autour des habitations où elle trouve des arbres hauts pour nicher et des petits passereaux à prédater. Par contre en zones de cultures, avec la disparition des haies et la généralisation de cultures pratiquement sans parasites, elle se porte mal.

On ne peut pas être d'accord avec la profession agricole au CDCFS qui dit : Laissons les pies en ville, ce qui assurera la pérennité de l'espèce, et tant mieux si elle disparaît des zones agricoles, car elle perce les bâches d'ensilage et les bottes de foin enrubannées que nous stockons de plus en plus dans les champs, faute de place auprès des bâtiments d'élevage.

On ne peut pas être d'accord avec le principe même de la disparition d'une espèce pour mettre en place une nouvelle technologie. C'est la technologie qui doit s'adapter à la biodiversité, et c'est heureusement le principe qui prévaut de plus en plus dans la société. Les mesures compensatoires aux grands équipements (autoroutes, éoliennes...) sont faites pour corriger les atteintes à l'environnement.

Deux Sèvres Nature Environnement et le Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres demandent donc que la pie ne figure plus dans la liste des « nuisibles ».

Et concernant le blaireau....

Il a actuellement le statut d'espèce gibier, donc chassable. La profession agricole demande au Préfet de remonter la demande au Ministère de l'Environnement, pour classer le blaireau en espèce nuisible, car il provoque parfois des perturbations sur les ruches, et il est difficile à atteindre au fond de ses terriers, blessant souvent les chiens de déterrage.

Nous ne disposons pas de données sur les effectifs de blaireaux en Deux Sèvres. Le problème ne nous semble pas majeur. Merci aux adhérents de DSNE qui disposeraient de données de nous éclairer sur cette question.

Christian GEAY,
Administrateur de DSNE,
Représentant titulaire en CDCFS.

Deux-Sèvres Nature Environnement 34 - 2 Décembre 2005

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