Alerte : Pillage de trognes / Biodiversité en Poitou-Charentes
jeudi 29 mars 2007,
par dsne
SOMMAIRE
Alerte
: Pillage de trognes
(arbres
têtards)
Depuis
quelques années des entreprises prospectent à la
recherche de trognes de chêne et de frêne dans les
régions de France. Les opérations sont conduites
discrètement et promptement. Les trognes sont d’abord
repérées sur le terrain puis le contact est pris avec
le propriétaire à qui l’on propose une somme pour
ses vieux arbres. L’accord conclu, tout va très vite :
une équipe vient débiter les trognes en laissant sur
place les branches du houppier, puis les grumes sont stockées
le long d’une voie d’accès en dur pour être
chargées sur un camion équipé d’une grue.
En une semaine, l’affaire est rondement menée, comme ce
fut le cas à Ternay fin octobre 2006. Pourquoi ces
prélèvements, qui font penser à ceux opérés
sur les essences nobles des forêts tropicales ? Il semble qu’il
y ait un marché en plein essor, notamment vers l’étranger,
pour la loupe de luxe (tableaux de bord automobiles, mobilier de
prestige, marqueterie, tournage...).
Tout
ceci ne serait pas aussi dramatique si le patrimoine des trognes
était renouvelé et la descendance assurée, si
les trognes abritant des espèces rares ou protégées
(NDLR : pensez aux Rosalie des Alpes et autres Pique-prune...)
étaient épargnées car dans ce cas il s’agit
clairement d’opérations illégales, si ce pillage
ne concernait pas un patrimoine qui avait jusque là échappé
à l’arasement ou au remembrement.
Dominique
Mansion
Président
de la Maison Botanique/Centre européen des trognes
Arbre
& Paysage 32
10
avenue de la Marne, 32000 AUCH
tel.
05 62 60 12 69 ; Mail : contact@arbre-et-paysage32.com
Site
internet : http://www.maisonbotanique.com
Point
de vue complémentaire
En
même temps qu’il est sans doute nécessaire
d’éveiller une certaine vigilance, il ne faut pas
occulter le côté positif et inattendu de la «
valeur économique » de ces éléments du
Bocage ! Car pour espérer pérenniser au moins ce qu’il
reste de ces paysages, les renouveler, on ne peut laisser leurs
propriétaires ne voir ce patrimoine que comme une «
charge » à entretenir à perte... Ainsi certains
imagent ce principe de conservation par l’usage en proclamant :
« Pour garder des haies, brûlons-les! »
(redéployons l’intérêt du bois de feu).
Bois de feu, Bois Raméal Fragmenté (cf. p. 20), bois de
marqueterie, autant de leviers pour contribuer à faire
reconsidérer les haies si utiles d’un point de vue
biologique et paysager dans l’économie rurale. Une
éthique devrait donc être développée, et
transcrite dans la mise en oeuvre de ces chantiers.
Sylvain
Houlier
Biodiversité
en Poitou-Charentes
Pierre
GUY, Président de Poitou-Charentes Nature
Depuis
trois ans, les associations de protection de la nature et de
l’environnement organisent au festival de Ménigoute, une
conférence-débat : « État de la
Biodiversité en Poitou-Charentes », « Mise en
oeuvre de la directive cadre sur l’eau » et en 2006 «
La biodiversité ordinaire ».
C’est
un succès. Cette année, nous avons eu l’honneur
de recevoir Marie Legrand (vice-présidente du Conseil
Régional), Geneviève Gaillard, (députée
des Deux-Sèvres), Dominique Paquereau (conseiller général
des Deux-Sèvres) et Jean-Louis Frot (Vice-Président du
Conseil Général de Charente-Maritime) pour nous donner
leur vision politique de l’avenir de la biodiversité.
Vincent
ALBOUY sur la nature ordinaire, Alain PERSUY sur la biodiversité
en forêt et Miguel GAILLEDRAT sur la biodiversité
aquatique, ont su captiver l’auditoire et nous montrer comment
chacun, élu, citoyen, jardinier, participe à la
sauvegarde de cette biodiversité ordinaire, qui sera
peut-être, demain, la biodiversité extraordinaire de nos
petits-enfants en 2050. Une affiche va être éditée
et les conférences publiées. A l’an prochain
peut-être pour le changement climatique.
Poitou-Charentes Nature
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