Adrien Goursaud nous a quittés le 23 novembre 2005
mercredi 28 mars 2007,
par dsne
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Adrien
GOURSAUD nous a quittés le 23 novembre 2005.
Adrien
Goursaud était administrateur de DSNE depuis 2001. Il avait
rejoint les rangs des environnementalistes de l’association
après avoir découvert les graves menaces posées
par les méthodes habituelles de traitement des déchets
sur l’environnement et la santé des populations. Sa
formation de médecin (il était médecin
généraliste à la Peyratte) lui permettait en
effet d’appréhender dans toute son ampleur l’hypothèque
lourde pesant sur l’avenir de l’espèce humaine du
fait des risques environnementaux, qu’il s’agisse des
pollutions, des dangers chimiques ou radioactifs, de la dégradation
des ressources en eau, etc. Comme les autres médecins, il
assistait à l’augmentation du nombre de cas de cancers,
jusque là très rares, touchant préférentiellement
certaines populations ou professions, et il souhaitait voir apporter
des réponses précises à des interrogations
essentielles.
Il
était d’autant plus déterminé dans sa
démarche qu’il avait une vision globale de l’homme
dans son environnement. Elle découlait, naturellement, d’un
attachement aux arbres forgé par son enfance dans le Limousin.
Adrien pensait que pour l’espèce humaine, les arbres,
les bois et les forêts avaient tous une importance primordiale,
non pas d’un point de vue économique, mais comme source
d’équilibre physique et mental, d’harmonie, gage
de survie de l’homme. Il était devenu un grand
connaisseur des arbres remarquables, et un véritable
spécialiste des Sophoras comme nous avons pu le
constater à travers les articles qu’il a écrits
pour le bulletin de DSNE. Il
appréciait
particulièrement le Sophora du Japon (il avait un jour
effectué lui-même le décompte de tous les Sophora
japonica du secteur du Clou-Bouchet), mais il portait une
attention affective forte, que je partageais avec lui, au Sophora
toromiro de l’île de Pâques. Cet arbre
emblématique, maintenant disparu de son lieu d’origine,
l’avait amené à voir dans le destin de l’île
de Pâques, isolée au milieu du Pacifique, ce qu’il
pourrait advenir de notre seule et unique planète Terre,
isolée dans l’Univers. Il a consacré beaucoup de
temps et d’énergie à l’association «
Sauver les Galizières », de la Peyratte-la Ferrière,
qu’il a contribué à créer en août
2000, et à Deux-Sèvres Nature Environnement. Il a
multiplié les contacts avec les associations et les personnes
confrontées à des projets néfastes pour
l’environnement ou pour le cadre de vie : réunions en
Gâtine, dans le marais poitevin contre le projet
d’incinérateur, dans d’autres départements.
Nous avons participé ensemble aux assises des déchets
de la Baule en 2001 (le jour des attentats de New-York) puis en 2003
et à celles d’Agen en 2004. Malgré une activité
professionnelle extrêmement prenante (ses patients ne pourront
certainement pas oublier un médecin aussi disponible et aussi
attentif) il était passionné par les livres et passait
beaucoup de temps à se documenter. Il aimait faire partager
tout ce qu’il apprenait et découvrait, et il le faisait
souvent avec une énergie stimulante et communicative. Son
enthousiasme, sa curiosité intacte, sa capacité à
s’émerveiller devant un arbre vénérable
autant que devant une jeune pousse de Gingko biloba, ses coups
de coeur expressifs, sa capacité à s’insurger à
bon escient aussi, et sa pugnacité quand il savait qu’il
avait raison, nous ont marqués et vont nous manquer longtemps.
Philippe
Royer
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