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Quand la nature devient ressources

Par définition, la nature est ce qui, dans le monde physique, n’a pas été transformé par l’être humain.

La nature trouve sa place dans l’économique par les services qu’elle peut rendre.

Qualifier la nature de « ressources », c’est alors implicitement la faire entrer dans la sphère économique ; les ressources étant porteuses d’une utilité.
Une ressource naturelle est en effet une substance, une matière, du vivant … susceptible d’être utilisée pour les besoins de l’Homme.
Il peut s’agir d’une matière première d’origine minérale (l’eau, l’air) ou d’origine vivante (le bois).
Ce peut être de la matière organique fossile (le pétrole, le charbon, le gaz naturel).
Il peut s’agir d’une source d’énergie (énergie solaire, énergie éolienne).
Les surfaces de sol disponibles, la biodiversité sont aussi des ressources naturelles.

L’adjectif naturel fait de cette « ressource » quelque chose d’extérieur à la société qui entend l’utiliser. A partir du moment où l’Homme se l’approprie, le problème n’est donc pas celui de sa fourniture (comme pour les biens économiques) puisqu’elle préexiste à l’action humaine ; il est celui de sa conservation (ou de sa dégradation), dépendante de l’évolution des relations Homme-Nature.

Zoom sur les ressources AIR, EAU et BIODIVERSITÉ
Longtemps, l’économie a traité l’air, l’eau, la biodiversité, comme des ressources inépuisables et gratuites, utilisées lors du processus de production ou de consommation :
—> l’industriel qui utilise l’air ou l’eau pour déverser des polluants issus de son activité,
—> l’agriculteur qui supprime des haies et qui utilise des engrais et des pesticides pour une production plus intensive,
—> l’aménageur qui utilise l’espace pour la construction d’une route ou d’une voie de chemin de fer,
—> le consommateur qui utilise le sol comme décharge pour stocker ses déchets…

Du début de l’ère industrielle aux années après-guerre, leur « utilisation » lors des activités de production et de consommation a entraîné leur détérioration (pollution de l’air et de l’eau, perte de biodiversité) considérée comme une conséquence inévitable des activités économiques dans un objectif de croissance. Les services qu’elles offraient avaient la particularité d’être gratuits. Ils ont été « utilisés » de façon abusive alors que la capacité d’assimilation des polluants ou la capacité de résilience de la nature est limitée.

Aucune contrainte environnementale :

Forte pollution et destruction des ressources naturelles : la primauté de l’économie est substituée à celle de la nature.

Années 1960-1970 : Premiers mouvements environnementaux

La réglementation devient le principal outil des politiques de protection de l’environnement.

- La réglementation est la solution la plus efficace pour assurer un niveau élevé de protection de la nature : normes de qualité (concentration maximale autorisée d’un polluant par litre d’eau…), normes d’émissions (quantités maximales autorisées de rejets de SO2 dans l’atmosphère), normes de produits (teneurs en soufre maximale des combustibles). Son objectif est de fixer un niveau de pollution acceptable avec comme conséquence de ne laisser aucun choix au pollueur dans la mesure où ce dernier n’a pas d’autres possibilités que de s’y conformer.
Contraignante, elle est très coûteuse à respecter.

- De même, les lois ou directives portant directement sur la protection des espaces de nature ou des espèces restent la logique prépondérante dans l’approche de préservation et conservation (parcs nationaux).

Théorie : Chaque bien économique constitue un marché propre, c’est-à-dire qu’il existe une demande (des consommateurs) et une offre (des producteurs) pour ce bien, équilibrées par un prix :
► le marché du travail où les salariés échangent leur force de travail contre un salaire ;
► le marché des biens et services qui sont achetés à un certain prix (les ressources naturelles épuisables ou non renouvelables comme le pétrole, les métaux…en font parties). … ….
Pendant longtemps, les biens économiques se sont opposés en ce sens aux biens naturels tels que l’air, l’eau ou la biodiversité, qui ne s’échangeaient pas sur un marché : rejeter des polluants dans l’air, dans l’eau, détruire la faune et la fore se faisaient sans contrepartie monétaire. Les phénomènes de pollution ou de destruction résultaient donc d’une défaillance du marché. Il était alors nécessaire d’introduire une autorité extérieure aux agents, l’État, pour pallier aux insuffisances du marché (en tout premier lieu par la réglementation).

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