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Introduction

En France, la contamination des eaux de surface et des eaux souterraines par les nitrates et les pesticides pose problème pour la production d’eau destinée à la consommation humaine, en particulier dans les régions agricoles.

En effet, si le secteur agricole est un responsable parmi d’autres de la détérioration de la qualité des eaux, sa responsabilité est particulièrement mise en relief quand il s’agit de ce type de pollution.

Le fait est que depuis le début des années soixante, un contexte d’agriculture intensive a conduit à utiliser divers produits d’origine industrielle ou agricole. Il s’agit principalement des fertilisants (engrais minéraux de commerce ou déjections animales) et des pesticides (herbicides, fongicides, insecticides…). Ils ont contribué à l’amélioration des rendements agricoles et ont permis d’importants progrès dans la maîtrise des ressources alimentaires. Mais leur utilisation mal raisonnée a entraîné des problèmes de pollution des sols et par voie de conséquence des milieux aquatiques.

Aujourd’hui, l’enjeu de réduire l’utilisation de ces produits dépasse la sphère agricole, en particulier pour les pesticides, car certaines de ces substances sont utilisées par les professionnels des collectivités territoriales (entretien de la voirie, des parcs…), par la SNCF pour l’entretien des voies ferrées, par les gestionnaires d’infrastructures routières et par les jardiniers amateurs.

Or, maintenir la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines est un enjeu dont chacun mesure l’importance pour la préservation de l’eau destinée à la consommation humaine*.
L’absorption de nitrates et de pesticides est en effet susceptible de présenter des risques sanitaires. Même si ceux-ci restent encore mal évalués, les doutes sont tels qu’ils justifient pleinement l’application du principe de précaution au travers des normes rigoureuses et des contrôles sévères. Enfin, si la ressource est dégradée, des actions palliatives et/ou curatives coûteuses sont nécessaires pour maintenir la qualité de l’eau distribuée au robinet. Ces coûts sont alors répercutés sur la facture d’eau du consommateur et le prix de l’eau ne cesse d’augmenter.

En Poitou-Charentes, la situation de la qualité de la ressource en eau vis-à-vis des nitrates et des pesticides est jugée préoccupante. Les nitrates et les pesticides sont présents dans l’eau destinée à la consommation humaine à des niveaux parfois supérieurs aux normes imposées par les directives européennes. Début 2008, la Cour de justice des Communautés européennes a d’ailleurs condamné la France pour violation des règles de qualité de l’eau potable polluée par les nitrates et les pesticides dans les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime, ouvrant la voie à des sanctions financières (contentieux levé en novembre 2009).

Qu’elle s’inscrive dans une politique globale de protection de l’environnement ou dans une politique de protection de l’eau destinée à la consommation humaine, la préservation de la qualité de l’eau est donc à l’origine de réglementations sans cesse renforcées.
A ces mesures réglementaires s’ajoutent des plans, des incitations économiques, des accords volontaires avec certains acteurs
afin de mettre en place des actions de protection, de prévention et de reconquête de la qualité de la ressource.

L’ensemble de ces mesures a pour objectif à la fois de lever les contraintes qui pèsent sur la production d’eau potable et d’assurer de manière pérenne la distribution d’une eau du robinet en permanence conforme aux directives de l’Union européenne.

*L’alimentation reste cependant la principale voie d’ingestion des nitrates et des pesticides qui sont beaucoup plus présents dans les denrées alimentaires : fruits, légumes, céréales, que dans l’eau de boisson.

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