Logo Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
     
Accueil du site > Tout savoir sur > Chiffres clefs > L’eau en quelques chiffres

L’eau en quelques chiffres

Les cours d’eau et les plans d’eau

La région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes comptabilise près de 74 000 km de cours d’eau, dont 12 000 km pour les principaux cours d’eau, et environ 62 000 km pour le réseau hydrographique secondaire (calculs réalisés à partir de la BD Carthage).

Elle se caractérise par un réseau hydrographique dense, particulièrement ramifié sur les zones de socle des massifs Armoricain (au Nord-Ouest), Central (à l’Ouest) et Pyrénéen (au Sud), où les terrains imperméables rencontrés favorisent l’écoulement de surface par rapport à l’infiltration.

Sur l’ancienne région du Limousin, le réseau hydrographique est parcellé de très nombreux plans d’eau (plus de 16 000 d’une surface supérieure à 1000 m2), étangs (près de 26 000), et lacs (naturels et artificiels), dont notamment Vassivière ou Bort-les-Orgues.

De nombreux marais littoraux sont présents de part et d’autre de l’estuaire de la Gironde, tandis que le littoral aquitain est caractérisé par la présence d’étangs d’arrière-dune typiques (Carcans-Hourtin, Lacanau, Cazaux-Sanguinet, etc.).

Cinq fleuves principaux s’écoulent sur le territoire avant de se jeter dans l’Océan Atlantique :
- l’Adour au sud,
- la Garonne qui conflue avec la Dordogne pour former l’estuaire de la Gironde,
- la Charente,
- la Sèvre Niortaise, qui se jette dans la baie de l’Aiguillon après avoir sillonné le marais Poitevin.

D’autres cours d’eau, comme la Vienne ou le Thouet, s’écoulent au Nord de la région et viennent ensuite alimenter la Loire.

Le régime des cours d’eau est essentiellement de type pluvial océanique, caractérisé par des hautes eaux hivernales et des basses eaux estivales.
Cependant les rivières issues des massifs, peuvent présenter un régime torrentiel aux crues soudaines.

Les principaux aquifères d’Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes

Définition : Un aquifère désigne la roche réservoir ainsi que l’eau qu’elle renferme. L’aquifère est une formation perméable qui permet l’écoulement d’une nappe d’eau souterraine et le captage d’une quantité d’eau appréciable (exploitable).

A l’instar des cours d’eau, la région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes présente d’abondantes ressources en eaux souterraines, réparties à différentes profondeurs et au sein d’aquifères principalement libres pour les nappes de surface ou de sub-surface et généralement captis ou semi-captifs pour les nappes profondes (variant d’une dizaine à une centaine de mètres). Les ressources en eau souterraine liées aux aquifères à nappe libre sont importantes, mais le plus souvent à faible profondeur, ce qui les rend vulnérables aux aléas climatiques et aux pollutions.

>> Comprendre ce que sont les eaux souterraines

Seule la partie Est de la région, correspondant au secteur Limousin, est dépourvue de véritables nappes profondes (à l’exception du Causse corrézien), la géologie de ce secteur étant essentiellement granitique.

Au centre et au Nord, les aquifères captifs sont contenus dans les formations karstifiées du Crétacé et du Jurassique. Les calcaires, grès et sables crétacés et les calcaires jurassiques renferment des eaux de bonne qualité, utilisées majoritairement pour l’eau potable puis pour l’agriculture et l’industrie.

Plus au Sud, de la côte à la pointe Ouest du Lot-et-Garonne, se distinguent des formations sablo-graveleuses. Ce sont des aquifères majoritairement libres qui se composent des alluvions des fleuves et des dépôts du sable des Landes, accompagnant des cours d’eau comme la Garonne ou l’Adour. _ Les prélèvements de cette ressource sont essentiellement destinés à l’agriculture. D’une manière générale, la plupart des nappes sont libres sur les bordures du bassin aquitain et captives en son centre.

A noter que certains aquifères ont une importance stratégique pour l’alimentation en eau potable. C’est notamment le cas de l’InfraToarcien, système aquifère captif, à la frontière entre les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime ; du Turonien, nappe libre au nord du seuil du Poitou et nappe captive fortement productive dans le sud des Charentes, le nord de la Gironde et en Dordogne ; ou encore des nappes profondes de Gironde (Crétacé, Eocène, Oligocène, Miocène).

Les grands bassins versants

Chaque bassin versant est unique de par sa taille, sa forme, son orientation, la densité de son réseau hydrographique, le relief, la nature du sol, l’occupation du sol (cultures, haies, forêts, plans d’eau…), son climat, mais également l’urbanisation et les activités humaines.

La France est découpée en 6 grands bassins versants ou bassins hydrographiques. La région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes est concernée par 2 d’entre eux sur lesquels sept principaux bassins versants sont distingués à l’échelle du territoire :
- Bassin versant Loire-Bretagne :

  • le bassin de la Sèvre Niortaise
  • le bassin de la Loire (sous-bassins : Vienne, Thouet, Sèvre Nantaise, …)

- Bassin versant Adour-Garonne :

  • le bassin de la Charente
  • le bassin des fleuves côtiers (sous-bassins : Seudre, Leyre, Nivelle, …)
  • le bassin de la Dordogne (sous-bassins : Dronne, Isle, Vézère, …)
  • le bassin de la Garonne (sous-bassins : Dropt, Lot …)
  • le bassin de l’Adour (sous-bassins : Douze, Midouze, Luys et Gaves, ….)

Sur son chemin, le cours d’eau collecte ainsi l’eau provenant de tous les points du bassin versant : l’eau de ses affluents, l’eau de pluie, la fonte des glaciers, l’eau d’origine souterraine. L’eau du cours d’eau est donc chargée de toute l’histoire des pentes qu’elle a parcourues.
L’état de la ressource en aval, est donc conditionné par l’aménagement du territoire et l’utilisation de l’eau pour les activités humaines en amont, et sur l’ensemble du bassin versant. Celles-ci ayant un impact sur le bassin versant : sur la quantité d’eau, sur sa qualité ou sur le fonctionnement du bassin.

>> Qu’est-ce qu’un bassin versant ?

Prélèvements en eau et Zones de Répartition des Eaux

Les prélèvements en eau

Des prélèvements dans les eaux de surface et les eaux souterraines sont effectués pour satisfaire les besoins :
- alimentation en eau potable,
- activités agricoles,
- activités industrielles
- production d’énergie.
Ils sont donc très dépendants du tissu économique.

Les volumes d’eau prélevés en 2014
en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes
(dans les eaux continentales - en millions de m3)
Les différents usages de l’eau Eaux de surface Eaux souterraines TOTAL
Alimentation en eau potable 102,7 21% 388,5 79% 491,2
Usage industriel 133,5 75% 44,5 25 % 178
Usage agricole 136,5 30% 315,4 70 % 451,9
Production d’énergie 105 100% 0 0% 105
Tous usages 477,7 39% 748,3 61% 1226
Tous usages hors énergie 372,7 33% 748,3 67% 1121
Sources des données : Agences de l’Eau Loire-Bretagne et Adour-Garonne, EDF, SOeS. Traitement ORE

- Dans la région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes, les prélèvements en eau, tous usages confondus, s’élèvent à 1,2 milliards de m3 (hors centrale nucléaire de production d’électricité de Blayais qui prélève dans les eaux saumâtres) en 2014.

  • Répartition des prélèvements par usage en 2014 et évolution en ALPCAvec 491,2 millions de m3 prélevés, la part des volumes idéntifiés pour les besoins en eau potable se monte à 40 %. Ces volumes se sont stabilisés autour des 500 millions de m3, malgré une augmentation de la population.
  • Les prélèvements agricoles, estimés à 451,9 millions de m3, représentent 37 % des volumes prélevés. Ils sont très dépendants des situations pluviométriques, plus ou moins favorables. Contrairement à l’ensemble de la France, les volumes d’eau prélevés le sont principalement dans les eaux souterraines. L’irrigation y satisfait près de 70 % de ses besoins (environ 35 % pour la France).
  • Le secteur industriel prélève des quantités d’eau plus faibles : 178 millions de m3 (14,5 % du volume total). Les prélèvements se sont sensiblement réduits. Il s’agit également d’un secteur qui, comme la production d’énergie, ne consomme pas d’importants volumes d’eau.
  • Les eaux prélevées pour la production d’énergie (refroidissement de la centrale nucléaire de Civaux) se montent à 105 millions de m3 (8,5 % du volume prélevé). Les quantités prélevées d’année en année sont stables.

Evolution des prélèvements par origine en ALPC

- Les prélèvements, majoritairement effectués dans les eaux de surface il y a encore une dizaine d’années, le sont aujourd’hui dans les eaux souterraines à hauteur de 61 %. Cette évolution s’ explique par des problèmes de qualité des eaux de surface.

- La tendance des prélèvements est à la baisse mais des problèmes persistent en période estivale sur certaines parties du territoire. La coïncidence des étiages (période de plus basse eau des rivières et des nappes) avec l’importance des besoins en eau (irrigation agricole et usages domestiques en particulier) peuvent susciter des problèmes structurels (déficit chronique de la quantité d’eau).

En conséquence, la gestion de la ressource n’est pas équilibrée puisque la gestion des prélèvements ne garantit pas le respect de la faune et de la flore aquatique et est à l’origine de conflits d’usage.

Les Zones de Répartition des Eaux

Définition : Une zone de répartition des eaux (ZRE) se caractérise par une insuffisance, autre qu’exceptionnelle, des ressources par rapport aux besoins. Un classement en ZRE est destiné à permettre une meilleure maîtrise de la demande en eau, afin d’assurer au mieux la préservation des écosystèmes aquatiques et la conciliation des usages économiques de l’eau. Une ZRE se caractérise donc par l’application de règles plus contraignantes (limitation de nouvelles autorisations, abaissement des seuils de prélèvements…).

JPEG - 254.1 ko
Carte Prélèvements et zone de répartition des eaux en ALPC en 2014

Une très grande partie du territoire est classée en Zone de Répartition des Eaux.

Cela témoigne des difficultés récurrentes rencontrées en région. Ces zones correspondent en effet à des bassins, sous-bassins ou fractions de sous- bassins hydrographiques ou du système aquifère, dans lesquels l’importance de la sollicitation quantitative de la ressource entraîne un déséquilibre entre ressources et besoins en eau et, par suite, des conflits d’usage engageant une collectivité d’intérêts et rendant nécessaires des mesures permanentes de répartition des prélèvements.

Malgré leur classement en ZRE depuis 2003, certains de ces bassins connaissent encore des déficits chroniques.

> Plus d’infos dans le Zoom "Les prélèvements en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes"- Juin 2016.

Les zones vulnérables à la pollution par les nitrates d’origine agricole d’Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes

Définition : Les zones vulnérables sont définies par la Directive Européenne n°91-676 qui a pour objectif de réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole.
Une zone vulnérable est une partie du territoire où la pollution des eaux par le rejet direct ou indirect de nitrates d’origine agricole ou d’autres composés azotés susceptibles de se transformer en nitrates, menace à court terme la qualité des milieux aquatiques et plus particulièrement l’alimentation en eau potable.

Sont désignées comme zones vulnérables, les zones où : les eaux douces superficielles et souterraines, notamment celles destinées à l’alimentation en eau potable, ont ou risquent d’avoir une teneur en nitrates supérieure à 50 mg/L, les eaux des estuaires, les eaux côtières ou marines et les eaux douces superficielles qui ont subi ou montrent une tendance à l’eutrophisation susceptible d’être combattue de manière efficace par une réduction des apports en azote.

Dans ces zones, des pratiques agricoles particulières sont imposées dans chaque département concerné via un programme d’actions, qui arrête les prescriptions que doivent respecter l’ensemble des agriculteurs de la zone vulnérable correspondante. Ils sont construits en concertation avec tous les acteurs concernés, sur la base d’un diagnostic local. Ils visent à corriger les pratiques les plus génératrices de pollution. Les zones vulnérables sont réexaminées tous les 4 ans.

Près de 38 000 km2 sont classés en zones vulnérables, soit 45% de la superficie du territoire de la Région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes (255 955 km2 en France, soit 46% de la superficie du territoire métropolitain). Le Nord, et principalement l’ancienne Poitou-Charentes, est particulièrement concerné. La partie Sud de la région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes, située sur le bassin Adour-Garonne, est également concernée, de manière plus éparse.
A noter que l’Est de la région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes n’a que très peu de zones vulnérables. Les perturbations rencontrées sur ce territoire sont plutôt liées à la présence de nombreux barrages et étangs (induisant des modifications hydrologiques ou morphologiques pouvant altérer la qualité des milieux aquatiques), à l’eutrophisation des plans d’eau, à des pollutions industrielles ponctuelles, etc.

Illustration Sigore Carte des zones vulnérables Région Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes

A noter qu’au 1er janvier 2016, la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes est la première région agricole française et européenne pour la valeur de sa production agricole. En termes de Surface Agricole Utile (SAU), elle est également en tête à l’échelle française avec ses 4,2 millions d’hectares de SAU et se place au 3ème rang à l’échelle européenne.

Source : DRAAF, 2015
Aide à la navigation | Plan du site | Crédits | Archives | Politique d’accessibilité de l’ORE | Mentions légales | Cadenas fermé