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L’air, l’eau, la biodiversité : des ressources très spécifiques

Dans le processus de production/consommation

- Ce sont des biens dits libres : en théorie (en l’absence d’une réglementation), ils sont non limités, disponibles en quantité infinie. On les trouve en abondance (donc suffisamment par rapport aux besoins) et gratuitement. Ils ne font pas l’objet d’échanges marchands contrairement aux biens économiques créés par l’activité de production.

- Ils ne sont pas rares en théorie, mais dans la réalité, ils peuvent être pollués ou détruits, donc raréfiés par une utilisation lors du processus de production. Par contre, ce même processus de production gère la rareté d’autres biens : l’offre répond rapidement à la demande pour des biens économiques.

- A la différence des autres biens, ils ne sont pas produits (donc leurs coûts de production sont nuls) ; ils ont une offre fixe ; la production n’est pas déterminée par une demande comme pour les biens qui relèvent des mécanismes de marché et qui sont disponibles en quantité indéterminée.

- Ils ne s’épuisent pas à l’usage (pour l’air et l’eau), c’est-à-dire qu’ils peuvent supporter un grand nombre d’usages et ne s’épuisent pas dans le processus de production-consommation. Ce sont des ressources renouvelables à la différence d’autres matières premières.
La biodiversité d’un écosystème est par contre plus difficilement reproductible ; elle fait partie des biens qui se détruisent en se partageant. Elle existe dans son ensemble et la fragmentation des écosystèmes la détruit. Elle résulte d’une in"nie diversité de régulations qu’il est impossible de reproduire.

- La durée d’un bien de production quelconque peut être prévue. Quand le bien devient obsolète, il doit être remplacé. Par contre, pour que le bien naturel se « reproduise » (amélioration de sa qualité pour l’air ou l’eau, reconquête d’un milieu pour la biodiversité), il faut un certain temps qui ne peut être réduit.

- Ils impliquent une concurrence d’ordre économique (comme pour les autres biens) : l’emploi de l’eau par exemple se répartit entre eau potable, eau d’irrigation, eau industrielle… Par contre, ils impliquent aussi une concurrence d’ordre écologique : l’eau n’est pas accaparée uniquement par des emplois économiques mais aussi par des emplois écologiques liés à l’existence et au fonctionnement des écosystèmes.

- Ce sont des biens qui sont affectés par la somme d’actions individuelles. Au niveau collectif, personne n’a l’objectif de détruire l’équilibre des milieux, de modifier les climats… La préservation de ce type de biens relève donc d’une responsabilité partagée.

Dans l’analyse économique

Ce sont des biens publics purs :

- des biens dont la consommation par une personne ne diminue pas la consommation d’une autre personne (non rivalité) —> le fait de respirer ne prive pas les autres d’air.
On parle aussi de non divisibilité d’un bien.
- il n’est pas possible non plus d’empêcher une personne de consommer ce bien (non-exclusion) —> il n’est pas possible d’empêcher quelqu’un de respirer l’air.

ou des biens publics impurs :

- souvent des biens communs qui ne vérifient que la caractéristique de non-exclusion —> le caractère non exclusif de la ressource eau est largement accepté, mais il existe une rivalité dans son usage : la surexploitation d’une nappe par un acteur prive les autres de sa jouissance ; idem pour des rejets de polluants dans un cours d’eau.
La rivalité est fonction de la rareté relative du bien —> les conflits d’usage de l’eau n’existent vraiment qu’en période d’étiage (période pendant laquelle le cours d’eau est au plus bas, avec un débit faible).

contrairement aux autres biens (issus de la production) qui sont des biens privés (qui répondent aux critères inverses que sont la rivalité et l’exclusion).

Ce sont également des biens publics mondiaux ou globaux, des biens ayant les caractéristiques de non rivalité et de non exclusion non seulement entre individus mais aussi entre populations des différents pays ; des biens à enjeux environnementaux planétaires ; —> changement climatique, disparition de la biodiversité, pollution des océans.

Dans le domaine du droit

Ce sont des biens communs : des choses qui n’appartiennent à personne (ou à tous), qui ne sont susceptibles d’aucune appropriation mais dont chacun peut user à sa convenance (res communis) —> l’air, la mer.
Certains de ces biens n’appartiennent à personne mais sont néanmoins appropriables (res nullius)—> le gibier sauvage.

contrairement aux autres biens (issus de la production) qui font l’objet de propriété classique : droit de propriété exclusif et absolu d’utiliser, de jouir, de disposer et de transmettre des biens (res propria).

L’air, l’eau, la biodiversité sont des biens naturels qui n’appartiennent à personne mais qui conditionnent la vie de tous.

De part la spécificité de ces ressources, le problème est celui de trouver un juste équilibre entre le développement quantitatif (répondre aux besoins de l’Homme par la production et la consommation) et qualitatif (protection de l’environnement), car le bien-être de l’Homme est très dépendant des deux.

La nécessité sous-jacente à cet arbitrage est celle de concilier activités économiques et protection de la nature.

Théorie : L’économie du bien-être étudie les conditions dans lesquelles il est possible d’assurer le maximum de satisfaction aux individus qui composent la société.

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