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Introduction

Dans ce dossier, l’ORE présente des théories et des instruments économiques aidant à la compréhension du sujet. Leur connaissance permet de mieux appréhender les questions en débat et de prendre part aux choix de société.

Les années 1960 marquent le début d’une prise de conscience écologique : les ressources naturelles comme l’air, l’eau, la biodiversité sont menacées. Du fait de l’action de l’Homme, elles sont de plus en plus polluées, ou de plus en plus rares.

La théorie économique néoclassique l’explique par le fait que leur véritable valeur sociale, mesurée par les multiples services qu’elles peuvent rendre (ressources productives, biens de consommation, espaces récréatifs, intérêts esthétiques ou scientifiques…), n’est que rarement reflétée dans les prises de décisions de production, de consommation ou d’aménagement, prédisposant à leur détérioration. Les dommages infligés concernent la nature (détérioration de la qualité d’un milieu, disparition d’un habitat, épuisement d’une ressource, disparition d’une espèce…), mais ils concernent aussi directement les individus (atteinte à la santé, à la qualité de vie…).

En appui de la réglementation, des instruments basés sur le principe pollueurpayeur sont mis en place : indemnisation, compensation, écotaxe, quotas transférables. Ils sont censés traduire la valeur sociale de la nature en valeur monétaire, en une unité de mesure ayant la dimension de prix, afin de l’intégrer dans toutes les décisions privées ou publiques dans le but de responsabiliser les acteurs économiques qui y portent atteinte.

Aujourd’hui, la gravité des problèmes environnementaux(réchauffement climatique, stress hydrique, pollution des eaux continentales et marines, érosion de la biodiversité) et la nécessité de parvenir à les résoudre pour le bien-être et la survie de l’Homme font que ces instruments économiques prennent de plus en plus de place dans les débats et les décisions qui entourent les politiques de préservation de la nature.
On parle de prix sur des tonnes de CO2 rejetées dans l’air, sur des tonnes de pesticides utilisées et susceptibles de dégrader la qualité des sols et de l’eau, sur des unités de biodiversité …

Cela reste cependant une vision très économique de la notion de préservation. C’est accepter l’idée que la nature n’est perçue qu’à travers l’intérêt que lui portent les individus. C’est pourquoi la monétarisation de la nature se heurte à une opposition forte de certains qui considèrent sa valeur comme une fin en soi audelà de son utilité, pour qui le bien-être de l’Homme n’est pas l’unique raison de la protéger et pour qui il n’est donc pas toujours possible d’y mettre un prix.

A la préconisation économique des uns se superposent des considérations d’acceptabilité et d’équité des autres. Parler de prix de la nature fait donc débat.

Et s’il s’agissait moins de choisir entre deux approches que de saisir l’opportunité de repenser un mode de développement basé sur un nouveau rapport Homme/Nature ?

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