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Evaluer la nature. Quels enjeux ?

Un enjeu de préservation …

Evaluer économiquement les actifs naturels est un des moyens de lutter contre leur dégradation :

—> en améliorant la prise de décision

Prendre en compte la valeur des fonctions et des services fournis par la nature améliore les prises de décisions dans les choix de politiques territoriales.

La valeur économique est ici souvent de nature instrumentale. Elle n’implique pas nécessairement une monétarisation.
L’objectif est, en permettant la saisie de la valeur de la nature en unité monétaire, de la comparer avec d’autres valeurs économiques et ainsi d’arbitrer de façon plus efficace les décisions à prendre (s’assurer que les bénéfices d’un projet sont supérieurs aux coûts sociaux qu’il engendre).

Dans le cas de l’étude de projet de construction d’une autoroute, c’est aller au-delà des valeurs strictement économiques (coûts d’investissement, coûts d’exploitation et de gestion, coûts des accidents/valeur des gains de temps des usagers, recettes de péage…) ou sociales (coûts des morts évités…) en soulignant les impacts sur les coûts attribués à la nature (dans le cas de disparition d’une forêt : perte de séquestration du CO2 ou de la régulation de la qualité de l’air, menaces sur certaines espèces végétales et animales, perte des plaisirs récréatifs -promenade, écotourisme-). On peut ainsi mieux estimer si la construction de l’autoroute provoque des avantages supérieurs à la perte des espaces naturels détruits (méthode coûts/avantages).

La valeur monétaire attachée aux espaces naturels peut aussi permettre aux gestionnaires d’espaces naturels d’argumenter le bien-fondé d’une politique de protection.

Au delà du choix d’un projet, il s’agit également de compenser ou d’indemniser à sa juste valeur la destruction d’un espace une fois les décisions prises.

—> en améliorant la prise en charge de préjudices commis

Connaître la valeur de la nature c’est aller plus loin que la simple dimension réparatrice dans la reconnaissance d’un préjudice écologique. C’est prendre en compte la valeur des ressources perdues.

Dans le cas du naufrage d’un pétrolier, c’est aller au-delà du calcul des coûts de nettoyage, des pertes de revenus des pêcheurs…en évaluant la perte de biodiversité, les atteintes au paysage maritime…

Evaluer le préjudice écologique permet d’aller au-delà du préjudice économique et permet d’engager le développement d’une logique de sanction. Sans prix, toute dégradation échappe à une logique punitive.
Il est alors possible d’introduire une réelle indemnisation (qui dépasse les frais de restauration et les pertes marchandes) par le biais de sanctions financières au titre des dommages aux écosystèmes par exemple. Ceci constitue un signal de nature à inciter celui ou ceux reconnus pénalement responsables à engager davantage de mesures de prévention.

—> en régulant et optimisant l’accès et l’utilisation aux ressources

En attribuant une valeur aux dommages infligés à la nature, il devient possible d’avoir une idée de la modification de sa qualité et des conséquences de cette modification, afin de faire payer sa détérioration.

En faisant payer pour son utilisation (forte pollution de l’air par une industrie, prélèvements d’eau importants pour irriguer les cultures…), on cherche alors à dissuader d’utiliser la ressource sans réserve ; à poursuivre les actions curatives, mais également à prévenir et inciter les industriels à modifier progressivement leur " process " et inciter les autres acteurs à adopter des comportements plus respectueux.

Dans le cas des rejets de CO2, c’est acheter des droits à polluer ou payer une éco-taxe. Dans le cas de prélèvements d’eau, c’est imposer des quotas et faire payer pour leur dépassement…

…pour le bien-être de l’Homme … pour sa survie ?

En continuant sur la voie de la destruction d’espaces de nature, de l’extinction des espèces, de la pollution de l’air et de l’eau, du réchauffement climatique…, la qualité de vie et les opportunités de développement des générations présentes et à venir se trouvent réduites. Le capital naturel disparaît à un rythme incompatible avec un développement durable.

Il en va peut-être de la survie de l’espèce humaine.
- le réchauffement climatique est à l’origine d’une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes comme les sécheresses, les ouragans ou les cyclones avec des dégâts humains importants. Il est également responsable d’une élévation du niveau moyen des océans et des populations pourraient à l’avenir être déplacées suite à la montée des eaux.
- le processus de disparition des espèces vivantes ne cesse de s’accélérer.
Pourtant, elles rendent la planète vivable par leur action sur la fertilisation des sols arables, la …fixation du carbone de l’atmosphère, la production de l’eau potable, la décomposition des déchets…Elles peuvent aussi fournir de nouveaux médicaments, des substituts au pétrole..

Théorie : Le développement durable se veut un processus de développement qui concilie l’écologique, l’économique et le social. C’est un développement, respectueux des ressources naturelles et des écosystèmes, qui garantit l’efficacité économique mais sans perdre de vue la lutte contre les inégalités, l’exclusion et la recherche de l’équité.

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